ASTHME D'ÉTÉ
Quelquefois la maladie se borne à peu près aux symptômes oculaires (Giffo !), mais d’autres fois elle s’étend à l'appareil pulmonaire, ce qui lui vaut alors le nom de forme oculo-naso-thoracique.
Cette forme débute comme la précédente; mais, quand le coryza existe depuis une quinzaine de jours, il s’y ajoute une dyspnée de type asthmatique. Ce symptôme, qui manque en général aux premières attaques, n’est d’abord qu’une légère oppression survenant le soir, celle-ci s’accentue les jours suivants pour prendre parfois l’aspect de l’asthme le mieux caractérisé; dyspnée expiratoire, expectoration spéciale, rémission matutinale, tout s’y trouve. Tandis que le coryza est surtout marqué le jour, la dyspnée se montre le soir et la nuit et ne laisse dans le jour qu’une certaine facilité d’essoufflement et un peu de toux. Au bout de quelques jours ou de quelques semaines, la dyspnée disparaît ; le coryza, qui avait été rejeté au second plan, lui survit quelques jours.
L’asthme d’été, quand il est intense, s’accompagne de légers troubles digestifs. Les urines sont peu abondantes et contiennent de l’indican ; il se fait une assez forte élimination d’urates au début de l’attaque annuelle et dans les semaines qui la précèdent (Leflaive).
On voit parfois la maladie se montrer aux mois de septembre et d'octobre, ce qui lui a valu alors le nom d’asthme d'automne.
L’asthme d’été, que son retour périodique et sa durée rendent facile à diagnostiquer, n’est pas grave pour la vie; il ne donne lieu à aucune complication, mais il est rebelle à la thérapeutique et récidive chaque année avec une régularité désespérante. L’âge en atténue d'ordinaire les atteintes.
L’asthme d’été est environ trois fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme ; sa première apparition, souvent difficile à préciser, se fait en général dans la seconde enfance ou l'adolescence, toujours avant quarante ans. La maladie est fréquemment héréditaire; apanage des familles arthritiques et surtout goutteuses, on ne la rencontre guère que dans les classes riches ou aisées. Elle s’observe dans tous les pays, mais, dit-on, avec une fréquence plus grande dans la race anglo-saxonne.
A l’exemple de Hack, bon nombre de médecins affirment que les lésions nasales, l’hyperesthésie de la membrane pituitaire y prédisposent (Nattier) ou même peuvent en être la seule cause. Parmi les causes qui passent pour déterminer l’éclosion de la maladie, et dont, il faut l'avouer, aucune n’est à l’abri de sérieuses objections, il faut citer : {° l’action des pollens sur la muqueuse nasale, théorie la plus ancienne et peut-être la plus répandue (Gordon, Marsh, Morell-
1. Girr0, Considérat. sur la fièvre de foin (Thèse de Paris, 1879).
Mackenzie, etc.); 2° l’action de microbes cantonnés dans les fosses nasales (Helmholtz); 8 l’action des premières chaleurs (Bostock), de la lumière solaire ou d’influences météorologiques encore mal connues (Dechambre).
C’est évidemment aux causes prédisposantes que la thérapeutique peut le plus aisément s’adresser. On a obtenu de sérieuses améliorations en combattant l'influence arthritique par lhydrothérapie, l'exercice corporel et l’usage d’eaux alcalines ou arsenicales comme Vichy ou le Mont-Dore. Si l’on constate quelque lésion nasale, on peut tenter de la détruire ; on a conseillé de modifier la sensibilité des fosses nasales par des cautérisations ou des badigeonnages avec une solution de cocaïne, moyens dont il ne faudrait user qu’avec prudence, car ils ne sont pas absolument inoffensifs.
Les malades doivent éviter le soleil, les poussières et les causes d’exaspération de la maladie. Les symptômes thoraciques seront combattus de la même façon que dans l'asthme ordinaire.
E. LEFLAIVE.
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