‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 64 sur 104 · TS · texte numérisé non relu

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n'existe encore qu’à l’état d’ébauche. Il n’en est pas moins vrai qu’une voie nouvelle s’ouvre peut-être de ce côté à la thérapeutique.

Certains agents antiseptiques, pénétrant dans les voies respiratoires par inhalation, ont donné parfois de bons résultats. Outre le sublimé, l’acide phénique, l’iodoforme, on à employé des essences; des substances balsamiques et aromatiques telles que l’eucalyptol, la créosote, le thymol. L’ozone, le chlore ont été essayés, ainsi que bien d’autres corps ; mais tous ces moyens ne sont qu’accessoires.

L’acide sulfureux, l’acide fluorhydrique ont été successivement recommandés en inhalations. L’usage de ces substances à amené de notables améliorations ; on a vu, sous leur influence, diminuer les sueurs, la toux et l’expectoration, reparaître le sommeil et l'appétit, s’accroître le poids du corps; mais la disparition des bacilles dans les crachats n’a pas été constatée, et en somme ces inhalations semblent n’agir qu'en diminuant les phénomènes bronchitiques qui accompagnent la phtisie pulmonaire, sans modifier le processus tuberculeux lui-même.

C’est aussi par un effet local que semblent agir certaines substances médicamenteuses douées de propriétés antiseptiques et qui, introduites dans l’organisme par diverses voies, s’éliminent par le poumon. Parmi ces moyens se rangent les lavements gazeux d’acide sulfhydrique et d’acide carbonique, qui produisent parfois une amélioration des phénomènes respiratoires. C’est par ce mécanisme qu’agissent le camphre, le menthol, diverses essences volatiles et notamment l’eucalyptol, administrés soit par la voie stomacale, soit en injections hypodermiques. L’iodoforme., en pilules et en injections sous-cutanées dans l’huile ou la vaseline liquide, a semblé calmer les douleurs de certains phtisiques.

L'une des plus employées et des plus efficaces, parmi les substances qui paraissent agir à titre d’antiseptiques pulmonaires, est la créosote de goudron de bois. Elle a souvent produit des améliorations sérieuses; elle diminue surtout la purulence et la fétidité de l’expectoration et stimule sans doute la digestion. On l’administre sous diverses formes : en capsules, en pilules, dans l’huile de foie de morue, en glycérolé, dans du vin, des élixirs. Mais elle peut fatiguer les voies digestives et c’est pourquoi on a conseillé de l’employer en inhalations ou en injections sous-cutanées. M. Tapret a eu l’idée, pour obtenir l’absorption d’une quantité plus grande, de faire des inhala tions sous pression, dans une cloche à air comprimé.

Il faut savoir toutefois que de trop hautes doses de ce médicament doivent être évitées, car on les a accusées de produire, alors même que l'introduction a lieu en dehors de la voie stomacale, des troubles digestifs et surtout des phénomènes irritatifs, des conges-

tions pulmonaires, des hémoptysies, des poussées nouvelles de tuberculose. La fièvre, qualifiée parfois de réaction salutaire, qui en résulte, est toujours nuisible et comparable dans 5ses effets à celle que déterminait, au grand détriment des phtisiques, la tuberculine de Koch. En général, la dose quotidienne de 30 à 60 centigrammes serait suffisante (Daremberg).

Un des éléments constituants de la crésote, le gaïacol, a été beaucoup vanté dans ces derniers temps. Il s'emploie en pilules et en injections sous-cutanées!.

Une autre catégorie de médicaments comprend ceux qui, sans posséder des qualités antiseptiques, semblent modifier heureusement l’évolution de la tuberculose en exerçant une action salutaire. sur l’état général, c’est-à-dire, dans le langage des doctrines nouvelles, en fortifiant le terrain.

L'un des plus vantés parmi les médicaments de cet ordre est l’arsenic; il produit ordinairement d’heureux effets, en réveillant l’appétit et en excitant la nutrition par l’intermédiaire du système nerveux trophique. L’arsenic est en général très bien supporté par les malades etn’a guère qu’une seule contre-indication : c’est la diarrhée (Dujardin-Beaumetz) et les troubles digestifs. Il convient particulière ment aux malades dont les lésions sont limitées et en voie de réparation naturelle, et qui n’ont point de fièvre ni de poussées congestives, mais dont l’appétit et la nutrition languissent (Daremberg).

4. M. Burlureaux (du Val-de-Grâce) a érigé en méthode le traitement par les injections sous-cutanées d’haile créosotée. Pour éviter les accidents locaux, il faut que la créosote soit pure (distillée à une assez basse température) et que l’huile végétale soit d ment stérilisée. M. Busiureaux se sert d’un appareil à pression qui porte le nom de Burlureaux-Guerder, et qui permet de régler la rapidité du débit.

L'huile créosotée est au quinzièñe, c’est-à-dire :

Créosote ….....,....... 1 gramme.

Huile d’olive.......... 15 grammes.

La quantité d'huile que l’on peut injecter est très variable. Il faut toujours commencer par féler la susceptibilité du malade; pour cela, il faut débuter par de très faibles doses (5 grammes). En effet, il se produit quelquefois des phénomènes d’intolérance, se traduisant par du malaise, du refroidissement senti par le malade et constaté au thermomètre, des sueurs froides, une tendance syncopale ; si l'on insistait, on aurait du collapsus. L’intolérance est très rare, mais il faut être prévenu de la possibilité de la chose; elle s’observe toujours surtout chez des phtisiques dont l’état général est très mauvais.

Lorsque la créosote est tolérée, on en augmente progressivement et sans accident. la dose jusqu’à 200 ou 250 grammes d’huile ; le malade peut ainsi absorber 15 grammes. de créosote en vingt-quatre heures. é

L’injection doit toujours être faite lentement (20 grammes d’huile créosotée doivent: pénétrer sous la peau par heure). Cette lenteur, qui est un des inconvénients du traitement, est indispensable pour éviter les accidents douloureux. Cette méthode, qui a, donné d'excellents résultats, agit à la fois par la créosote et par l’huile, qui contribue à la suralimentation du malade.

On peut administrer de 4 à 10 milligrammes d’acide arsénieux par jour, en allant progressivement pour éprouver la sensibilité du malade au médicament, qui est assez variable, et en ayant soin d’interrompre souvent la médication pour éviter l’accumulation toxique.

On peut user de l’arsenic sous toutes les formes : granules de Dioscoride , liqueur de Pearson?, de Fowler*, de Boudin #.

Les eaux minérales arsenicales donnent parfois de bons résultats. Celle de la Bourboule ® est recommandée aux phtisiques scrofuleux. Celle du Mont-Dore paraît convenir aux phtisiques arthritiques dont les lésions sont au début. Elle est bien moins minéralisée que la précédente; mais on ne doit pas oublier que les bons effets de ces cures thermales sont dus, pour une grande part, à l’air, à l’altitude, aux inhalations de vapeur chaude.

Le sel marin, que quelques auteurs allaient jusqu’à considérer comme un spécifique de la tuberculose, excite l’appétit et répare les pertes résultant de son élimination urinaire, qui est toujours abondante dans la phtisie. L’une des plus vantées parmi les eaux salées est celle de Soden, près de Francfort-sur-le-Mein.

Les phosphates sont des éléments très utiles dans le traitement des phtisiques; ce sont des adjuvants puissants de l’alimentation, car ils remplacent les sels similaires éliminés par les urines et les crachats (Daremberg). On a proposé d'innombrables formules pour

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