‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 93 sur 104 · JULES RENAULT · texte numérisé non relu

JULES RENAULT

ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE

Les nombreux ganglions qui accompagnent la trachée et les bronches ont été rangés par M. Baréty!: 1° en deux groupes prétrachéo-bronchiques, droit et gauche, situés chacun dans l'angle obtus que fait la trachée avec les bronches droite et gauche ; 2 en un groupe inter-trachéo-bronchique occupant l’angle compris entre ces deux bronches ; 3° en ganglions inter-bronchiques situés aux angles de division des bronches de premier, deuxième, troisième et quatrième ordres. Ces divers groupes se continuent entre eux et avec les ganglions cervicaux et sus-claviculaires, œsophagiens, rétro-sternoclaviculaires droit et gauche et mammaires internes : aussi est-il fréquent de voir les altérations des uns retentir sur les autres.

Historique.— Au siècle dernier on avait constaté la tuberculisation des ganglions bronchiques et Lalouette, en 1780, avait déjà signalé les accidents qu’elle peut produire chez les enfants; mais sa connaissance exacte date de ce siècle : Leblond (1824), Becker (1826), Rilliet et Barthez l’étudièrent chez les enfants, Marchal (de Calvi), (1850) et Daga (1866) chez l’adulte, Liouville (1869) chez les vieillards. Gueneau de Mussy, dans ses cliniques, et M. Baréty élargirent le sujet et décrivirent. l’un sous le nom d’adénopathie bronchique, l’autre

1. BARÉTY, De l’adénopathie trachéo-bronchique (Thèse de Paris, 1874).

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sous celui d’adénopathie trachéo-bronchique, « toutes les modifications pathologiques des ganglions des bronches et de la partie intrathoracique de la trachée ».

Variétés. — Ces modifications, assez nombreuses, n’ont pas toutes la même fréquence et surtout la même importance. Elles sont aussi de nature très diverse.

1° CANCER DES GANGLIONS. — La dégénérescence cancéreuse, primitive ou secondaire, des ganglions trachéo-bronchiques constitue limmense majorité des tumeurs du médiastin et a été étudiée au chapitre précédent.

2° HYPERTROPHIE GANGLIONNAIRE. -— Dans l’adénie et la leucocythémie les ganglions thoraciques peuvent être intéressés comme ceux des autres régions et, s'ils atteignent un certain volume, ajouter aux signes de ces affections les symptômes résultant de la compression des organes du médiastin.

3° ANTHRACOSE. — Dans les pneumonokonioses, l’infiltration de charbon et de silice dans les ganglions entraîne leur inflammation. Cet état a été décrit sous les noms de mélanose, anthracosis, hypertrophie mélanique (Woillez), sclérose anthracosique (Liouville). Très fréquente chez l’adulte et le vieillard, l’anthracose est le plus souvent latente, mais quelquefois elle amène la compression des organes du médiastin ; dans certains cas le ganglion adhère à la trachée, à une bronche, à l’æœsophage, et par la rétraction de l’adhérence entraîne la muqueuse de ces conduits, constituant ainsi un diverticule de traction! qui peut s'ouvrir dans le ganglion ramolli et consécutivement dans un organe voisin : les plus graves conséquences peuvent résulter de cette communication de deux organes du médiastin.

4° ENGORGEMENT, INFLAMMATION, GANGRÈNE. — Presque toujours les inflammations des bronches et du poumon retentissent sur les ganglions dans lesquels elles déterminent une inflammation plus ou moins intense, qui arrive rarement à la suppuration; on a même signalé quelques cas de gangrène des ganglions consécutive à une gangrène du poumon. Mais ces inflammations des ganglions, faciles à constater anatomiquement, n’ont pas d’existence clinique (Gadet de Gassicourt ?).

9° TUBERCULOSE. — De toutes les altérations des ganglions trachéobronchiques, la plus fréquente et la plus importante est certainement la tuberculose, tantôt sous la dépendance de la tuberculose pulmonaire, tantôt isolée ou prédominante et constituant alors la phtisie bronchique.

ie . ETERNOD, Rech. sur les affect. chron. des ganglions tracheo-bronchiques, Genève,

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