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Trailé de chirurgie de Dur et RECLUS

TUMEURS DU MÉDIASTIN 529

tionnels où la tumeur transmet à l’oreille les bruits du cœur, ou bien est suffisamment vasculaire pour être le siège de pulsations sans souffle ni expansion. D’ailleurs, tandis que les anévrysmes ont une grande tendance à user les parois thoraciques et à venir faire saillie au dehors, le cancer du médiastin et les ganglions dégénérés forment simplement un léger soulèvement de la première pièce sternale, des articulations sterno-claviculaires quelquefois, et des premiers espaces inter-cartilagineux sur une étendue de deux outrois travers de doigt, points au niveau desquels la pression est un peu douloureuse: les cas sont tout à fait exceptionnels où un cancer du médiastin s’est fait jour dans un espace intercostal.

L'absence de voussure sternale nette, d'aspect violacé et d’amincissement de la peau distinguera les tumeurs du médiastin des tumeurs du sternum.

La dysphagie s’observe rarement dans le cancer du médiastin, elle est la règle dans le cancer de l’œsophage; par contre, la compression des vaisseaux est exceptionnelle dans ce dernier, la règle dans le premier; le cathétérisme de l’æsophage lèvera d’ailleurs tous les doutes.

La tuberculose des ganglions bronchiques s’en distingue par l’âge du sujet, la coïncidence ordinaire de tuberculose pulmonaire, l’évolution générale.

L’adénie et la leucocythémie seront reconnues à l’existence de tumeurs ganglionnaires au cou, aux aines, aux aisselles, à l’hypertrophie de la rate ou du foie, à l’anémie, à la faiblesse du malade et à l'examen du sang dans le cas de leucocythémie.

Il suffit de penser enfin à la possibilité de tumeurs, d’abcès, etc., pénétrant secondairement dans le médiastin, pour trouver leur origine.

Pronostic. — Le pronostic est fatal, à plus ou moins brève échéance : il n’est pas sans intérêt cependant, pour avoir des présomptions sur la durée probable de la maladie, de faire approximativement le diagnostic du siège : une tumeur du médiastin antérieur, caractérisée par une matité étendue, des signes de compression vasculaire, sans compression trachéale ou nerveuse, évolue plus lentement ; une tumeur située primitivement dans le médiastin postérieur avec dyspnée, respiration sifflante, cornage, accès de suffocation, spasme de l’æsophage, etc., sans troubles de circulation, amène la mort plus rapidement. Dans tous les cas, que la tumeur se soit développée primitivement dans le médiastin postérieur ou qu’elle y arrive secondairement, l’apparition des signes de compression des bronches et des nerfs est d’un pronostic funeste et annonce la mort prochaine.

On devra rechercher aussi avec soin et en tenir grand compte, pour porter son pronostic, de l’existence d’un épanchement pleural dont la quantité est souvent difficile à évaluer, de l’envahissement cancéreux de la plèvre ou du poumon, de l’atélectasie ou de l’æœdème pulmonaire, de la présence d’un épanchement péricardique, de la généralisation de la tumeur enfin dans les ganglions du cou, des aines, des aisselles ou dans le foie, les reins, etc.

Traitement. — On ne saurait tenter de faire un traitement curatif ; on doit essayer simplement, sans espérer toujours y parvenir

facilement, de calmer les douleurs, la dyspnée et les accès de suffo—

tion (voir l’Adénopathie).

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