G.DAGRON (Thèse de Paris
LITHIASE SEPTIQUE 419
après laparatomie), de Kirmisson et Rochard ! (71 morts sur 104 cas).
On voit, par cet exposé, quelle riche série d'accidents locaux peut engendrer la lithiase biliaire septique. L'étude des accidents généraux infectieux cholélithiasiques sera courte à faire, après celle des accidents locaux, dont ils ne constituent que le développement et le plus souvent la terminaison logique.
B. ACCIDENTS GÉNÉRAUX. — Les accidents généraux de la cholélithiase septique se résument dans le motsepticémie : ils représentent l’ensemble des formes anatomiques et cliniques de l’infection sanguine d’origine biliaire. Ces accidents ont leur source première dans l'infection biliaire, d’abord locale, appelée et entretenue par la. lithiase; et, depuis ce premier point de départ jusqu’à la septicopyémie, qui en représente le terme le plus grave, il est facile de voir l'unité et la progression de cette grande série morbide, dont nous venons d'étudier, sous le nom d'accidents locaux, les étapes suc- Cessives.
Le plus remarquable et le plus important de ces accidents généraux est la fièvre biliaire, étudiée à propos des angiocholites calculeuses, et sur laquelle je ne reviens pas. Aux accès rares et très espacés, aux formes nerveuses et éphémères de cette fièvre, correspondent ces septicémies d’une heure, ces infections sanguines momentanées, bénignes, des angiocholites calculeuses superficielles. Aux types rémittents etintermittents, aux accès fréquents et prolongés de cette fièvre correspondent les septicémies graves, avec localisations suppurées multiples et lointaines, qui témoignent de la dissémination de l'infection et de la virulence des germes.
Les lésions à distance, parmi lesquelles on peut ranger les abcès du poumon, les pleurésies et péritonites purulentes, déjà étudiées, intéressent particulièrement les séreuses et surtout l’endocarde. Comme l'infection, partie des voies calculeuses suppurées, aborde l'organisme par la voie des veines sus-hépatiques, c’est la séreuse endocardique qui, se trouvant la première sur le chemin des bactéries pathogènes, reçoit leurs premières atteintes; ainsi s’explique la fréquence relative de l’endocardite ulcéro-végétante, au cours des infections biliaires calculeuses. Cette endocardite, étudiée par MM. Jaccoud?, Netter et Martha ?, Aubert ‘, est gauche ou plus rarement droite (Rondot) : les lésions antérieures des valvules sont une cause d'appel
1. KiIRMISSON et RocHARD, De l’occlusion intestinale par calculs biliaires et de son traitement (Arch. gén. de méd., fév.-mars 1892).
2, JAccouD, Cliniques de Lariboisiere, 1873.