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EXAMEN MICROSCOPIQUE

Nous avons reporté à cette place la recherche du sang et du pus dans l’urine, parce que la constatation de leurs éléments figurés au microscope constitue une preuve directe et irréfragable de leur présence.

SANG. — La couleur de l'urine est toujours modifiée quand elle contient du sang en certaine abondance. Une teinte légèrement enfumée, puis faiblement verdâtre, une coloration à peine rosée, une nuance rose, rose vermeil, brun rougeûtre, rouge noir, enfin la présence de caillots : tels sont les changements qui surviennent dans l’aspect d’une urine qui se charge d’une quantité de plus en plus grande de sang. Il va sans dire que cette urine sanglante est albumineuse.

La coloration de l’urine n’est jamais qu’une présomption plus ou

moins forte en faveur de la présence du sang : celle-ci est démontrée par l’examen microscopique. On laisse reposer l’urine, on en prélève le dépôt qu’on examine simplement, sans aucune préparation, sur une lame recouverte d’une lamelle. Les globules rouges se reconnaissent aisément. [ls sont éparpillés sous le champ du microscope, rarement accumulés, hormis le cas de caillots par suite d’hémorrhagie abondante. Parfois ils sont rangés en file et reproduisent la forme d’un cylindre. Ils apparaissent presque normaux, s’ils ont été récemment mélangés à l’urine ou bien crénelés ou bien sous les multiples aspects qu’ils revêtent quand ils se déforment. Ils conservent assez longtemps leur coloration jaunâtre propre; au bout d’un certain temps, ils se décolorent par suite de la diffusion de leur hémoglobine.

Il faut, pour qu’il y ait du sang dans l’urine, hématurie vraie, que l'existence des globules soit reconnue. Ceci a une importance capitale, car il arrive que des urines contiennent la matière colorante du sang seule, sans éléments figurés ou à peu près. En tout cas, ceux-ci sont hors de proportion avec l'intensité de la coloration urinaire. Il y à alors hémoglobinurie.

On peut encore déceler la présence du sang au moyen de l'analyse spectrale qui se fait aujourd’hui très commodément (voir le paragraphe consacré à l'Urobiline). Dans ce cas, le spectre solaire entre les raies D et E de Frauenhofer est obscurci par les deux raies classiques de l’oxyhémoglobine, que l’on peut à volonté et par simple addition de quelques gouttes de sulfhydrate d’ammoniaque dans l'urine transformer en hémoglobine réduite. Les deux raies

précédentes se réunissent alors en une seule bande qui est déplacée vers le rouge et commence à la raie D du sodium.

Pus. — L’urine purulente est généralement trouble, et ne tarde pas à laisser déposer une masse jaunâtre, ou verdâtre, plus ou moins crémeuse, que son aspect seul identifie avec le pus. Mais souvent ce caractère n’est pas assez tranché. On recourt alors à une réaction très démonstrative. On place le fond de l'urine suspecte dans un verre, et dans un second verre quelques centimètres cubes d’ammoniaque; puis on verse alternativement les liquides en les mélangeant d’un verre dans l’autre. Au bout de quelques instants, on voit la fluidité de l’urine se modifier, sa cohésion augmenter partiellement, des grumeaux se former et le liquide se prendre en masse sirupeuse.

Le microscope montre également dans ces cas un nombre considérable de leucocytes.

Dans certains suppurations uréthrales, le pus urinaire est très peu abondant et offre la particularité suivante: l’urine qui vient d’être émise porte en suspension des filaments blanchâtres qui tombent rapidement au fond du vase. Ces filaments examinés au microscope sont presque uniquement formés de leucocytes agglutinés. Leur présence signifie uréthrite. [Is tiennent à ce que le jet d’urine, lors de la miction, chasse les gouttelettes du pus rassemblé dans le canal. Toutefois, il ne faut pas prendre tous les filaments indistinctement pour un signe de blennorrhée. En effet, il arrive souvent que dans un canal parfaitement sain, l’urine entraîne au passage quelques traces de liquide prostatique ou de sperme et produise des filaments analogues comme aspect, mais tout différents comme nature à l’examen microscopique. Dans ces derniers cas, ils présentent une sorte de substance grenue, vaguement fibrillaire, où adhèrent des cellules épithéliales et quelquefois des spermatozoïdes.

CELLULES ÉPITHÉLIALES. — L’urine contient très souvent, autant dire toujours, des cellules épithéliales qui dans leur ensemble forment un nuage qu’on qualifie, par une habitude erronée, de dépôt muqueux, de mucus. Ces cellules résultent de la desquamation des épithéliums normaux des voies urinaires. Ce sont le plus souvent des cellules isolées ou de véritables lambeaux d’épithélium uréthral ou vésical. Elles ont l’aspect de cellules pavimenteuses, larges et nucléées, plates ou enroulées en cornet ; de cellules allongées de formes très variables, provenant de l’épithélium métatypique de la vessie; de cellules régulièrement arrondies que les classiques qualifient indistinctement de cellules des bassinets. Tous ces éléments sont normaux.

Il n’en est pas de même des cellules épithéliales provenant de masses cancéreuses qui siégeraient sur les voies urinaires. La constatation des grosses cellules du cancer prend une importance très grande dans certains cas. Les livres disent que la distinction entre les cellules normales et pathologiques est aisée. Cette différenciation comporte cependant de sérieuses difficultés ; il faut faire des examens répétés et attendre pour être affirmatif la concomitance d’une hématurie suffisante et l'émission de blocages compacts, formés par des cellules 188 lomérées, véritables fragments issus des surfaces ulcérées.

L’épithélium rénal peut lui-même à l’état pathologiquese retrouver dans l’urine. Il affecte alors des groupements spéciaux qu’on désigne sous le nom de cylindres épithéliaux.

CYLiNDRES. — Décrits par Henle en 1842, ces éléments représentent les moules de substances qui ont séjourné dans les divers canaux du rein et qui en ont pris la forme tubulée. Ils sont constitués, soit par des produits de sécrétion plus ou moins concrétés, soit par des précipitations cristallines, soit par des globules sanguins, soit enfin par les épithéliums mêmes des tubes urinifères, nets même par des bactéries.

Pour les examiner, onlaisse déposer l’urine dans un vase allongé et on prélève le dépôt. On peut encore filtrer l’urine et recueillir pour l’examen le dépôt resté sur le filtre. La méthode la plus rapide est la centrifugation : malheureusement les appareils destinés à cet effet sont encore coûteux.

Le dépôt est observé soit à l’état brut, soit après avoir traité l'urine par quelques gouttes d’une solution faible d'acide osmique qui fixe les éléments, soit après coloration avec une couleur d’aniline, l’éosine de préférence et l’orangé Poirier n° 4, produit analogue. La solution iodo-iodurée est aussi un bon réactif courant.

Parmi les nombreux éléments qui sont disséminés dans la préparation, on voit dans les cas de néphrite des figures qui représentent des cylindres pleins plus ou moins complets, souvent fragmentés, souvent entortillés et flexueux. Leur signification dérive de leur nature ; suivant celle-ci on les a classés en diverses catégories :

l° Cylindres épithéliaux. — Ce sont les plus importants et les plus significatifs. Ils sont constitués par les cellules mêmes des tubes urinifères, qui se sont détachées en masse. Ils se composent de belles cellules épithéliales nucléées, contiguës ou séparées par des intervalles comblés par une substance grenue. Leur présence coïncide toujours avec l’albuminurie. Ils sont le résultat d’une inflammation aiguë du rein (néphrite scarlatineuse, cantharidienne, etc.).

> Cylindres granuleux. — Leur aspect est grenu. Ils affectent souvent des formes irrégulières ou se terminent par une extrémité arrondie plus mince. Les uns sont uniformément granulés ; sur beaucoup d’entre eux, on trouve des noyaux cellulaires ou des leucocytes ou des vestiges de cellules. Ils sont formés par des transformations de cellules épithéliales; ils contiennent souvent des granulations graisseuses nombreuses. Ils s’observent dans la néphrite aiguë, mais très couramment aussi dans les néphrites chroniques ou dans les congestions passagères du rein. Il ne faut pas les confondre avec les agglomérations bactériennes qui souvent affectent la même disposition.

. 3° Cylindres hyalins. — Leur forme est moins fixe, moins caractéristique que celle des autres cylindres. Ils sont souvent effilés, amincis, presque incolores, renfermant peu de particules opaques, ne donnant pas grand relief sous le microscope. Leurs contours sont mal délimités, sauf parfois par une ligne granuleuse. Ils contiennent quelquefois des corps figurés, noyaux ou conglomérations, qui par leur ordonnance spéciale en série rectiligne ou flexueuse font reconnaître le cylindre à peine visible. On les trouve en général dans les néphrites chroniques.

4 Cylindres cireux ou colloides. — Ils ont un aspect tout particulier. Très réfringents, présentant des cassures brusques, des encoches, des flexuosités, des courbes de torsion, ils se fragmentent facilement. Ils se colorent Vivement en brun par la solution iodoiodurée. Certains donnent la réaction classique de la dégénérescence amyloïde ; le violet de méthyle les teinte en rouge, le vert de méthyle en bleu‘. Bien qu’on les ait signalés dans les néphrites aiguës, ils indiquent une dégénérescence chronique et progressive des reins.

ot Cylindres hémorrhagiques. — Is sont formés uniquement de globules du sang et facilement reconnaissables. Compacts, ils indiquent une hémorrhagie rénale et donnent de grands renseignements dans certaines hématuries en permettant d'affirmer le siège de la lésion. Dans certains cas, les globules rouges, bien que réunis en cylindres, sont peu nombreux et mêlés à des granulations fines ou à des cristaux uriques bien formés : cela a lieu dans la néphrite goutteuse ou simplement lors d’une décharge uratique passagère.

Telles sont les principales variétés de cylindres. Leur aspect n’est pas toujours aussi typique et l’on trouve très souvent des formes

1. Ce fait est controuvé par certains observateurs; cependant NEUBAUER et VOGEL (De l'urine, etc.) signalent les cylindres amyloïdes et LAACHE (trad. franc. de Francotle) les décrit avec leurs réactions spéciales.

dont les caractères participent de ceux de plusieurs catégories à la fois.

6° Cylindroïides. — À côté des cylindres vrais, c’est-à-dire des moules canaliculaires du rein, il faut signaler les cylindroïdes, formés de substances très diverses et qui revêtent plus ou moins la forme cylindrique. Des amas bactériens, étrangers au rein, se groupent souvent de cette façon : il ne faut pas les confondre avec les cylindres bactériens qui se groupent dans le rein même, lors d’une invasion microbienne suraiguë, dans la néphrite suppurée, par exemple. Les filaments purulents de la blennorrhagie, les filaments prostatiques, les filaments spermatiques prennent quelquefois une apparence rubanée ou tubuliforme.

SPERME. — Les spermatozoïdes se retrouvent dans l’urine, soit complets, ou encore entourés de débris cellulaires, soit incomplets. Is se colorent facilement par l’éosine. Quand ils sont en assez grande quantité, on peut rencontrer en même temps les cristaux bottelés du sperme. Il ne faut jamais dans une analyse relater la présence de spermatozoïdes dans l’urine sans y être requis d’une façon spéciale : le médecin doit garder ce détail par devers lui, il évite ainsi d’être la cause inconsciente de catastrophes morales irréparables.

GRAISSE. — Les urines graisseuses ont un aspect particulier. La graisse peut surnager en gouttelettes étalées à la surface, comme dans la lipurie, ou bien être à l’état d’émulsion comme dans la chylurie. Les urines chyleuses ne se divisent pas facilement en couches distinctes ; elles tachent le verre et le papier. Elles sont blanches, laiteuses, opaques. Le type le plus caractéristique en est réalisé dans la chylurie des pays chauds, due à la filaire du sang.

L'ouverture d’un abcès ancien dans les voies urinaires peut jeter une certaine quantité de graisse dans l’urine ; de même la dégénérescence graisseuse des reins, certaines maladies chroniques compliquées de suppuration prolongée.

Au microscope, la graisse apparaît sous forme de gouttelettes, très réfringentes, rondes, de tous volumes.

PARASITES. — Dans certaines affections, l’urine contient les parasites qui les déterminent ou leurs œufs. Dans la chylurie des pays chauds (Inde, Brésil), Purine contient des embryons de la Fularia sanquinis; en Égypte, la Bilharzia hæmatobia se voit parfois. Des parasites d’autres ordres se rencontrent dans les urines ; tels le Sirongylus gigas dont l'habitat est le rein; les oxyures vermiculaires, le Trichomonas vaginalis, les ascarides et leurs œufs peuvent accidentellement y parvenir.

Enfin, et dans nos régions c’est le parasite le plus intéressant, on y peut trouver l’échinocoque vésiculaire ou ses débris, crochets, membranes. L'importance de cette constatation et les caractères de ces divers parasites sont développés aux chapitres de ce Manuel qui leur sont consacrés.

SÉDIMENTS CRISTALLINS. — Acide urique. — Les urines même normales donnent souvent un dépôt de composés uriques. On les désigne sous le nom de gravelle ou de sable. Ils sont colorés en jaune rouge. Examinées au microscope, ces productions ont diverses formes. L’acide urique fournit des tables rhomboïdales, simples ou dont les angles sont émoussés, des cristaux agglomérés en rosettes, en gerbes, en faisceaux, en masses plus ou moins régulièrement hérissées. Les variétés de leur forme sont innombrables. Ces cristallisations sont incolores ou colorées en jaune pâle, en jaune orange, en rouge brique.

L’urale acide de soude forme de petits granules moléculaires, isolés ou agglomérés, des sphéroïdes irréguliers.

L’urate d’ammoniaque se reconnaît à ses petites masses pulvérulentes, ses boules particulières garnies de pointes, d’épines, de fines aiguilles.

Phosphates. — On rencontre surtout le phosphate de chaux et le phosphate ammoniaco-magnésien.

= Le phosphate bibasique de chaux cristallise en gerbes, en fines aiguilles isolées ou croisées. Il est incolore.

Le phosphate ammoniaco-magnésien produit des cristaux caractéristiques. À cause de leur forme régulière, prismatique à base rhomboïdale, de leurs angles recoupés, ils ont une certaine analogie avec les catafalques : aussi les appelle-t-on cristaux en tombeaux, en couvercles de cercueil. Ils sont translucides et incolores.

Oxalate de chaux. — La forme des cristaux de ce sel est aussi caractéristique. Ce sont des octaèdres très réguliers. Ils ressemblent à des enveloppes de lettres, en projection. Ils brillent sous le microscope, sont très réfringents et incolores. Ils s’allongent quelquefois en losanges.

Cystine. — C’est un sédiment rare qui donne des tables hexagonales, des plaques incolores ou légèrement jaunâtres, quelquefois des arborescences asymétriques.

Leucine, tyrosine. — Trouvées dans les urines au cours de certaines maladies graves, suraiguës du foie, dans certaines affections déterminant des ramollissements rapides des parenchymes, ces substances se présentent : la leucine, sous forme de sphéroïdes à couches concentriques blanches ou jaunâtres; la tyrosine, sous

l'aspect de fines aiguilles réunies en touffes, en gerbes, en étoiles.

Cholestérine. — Ge corps est aisément caractérisé par ses tables rhomboïdales, incolores, minces, superposées, souvent découpées à un de leurs angles.

Indigo. — On ne sait la signification précise des petites paillettes bleues d’indigo que l’on rencontre surtout dans les urines qui ont séjourné à l'air.

Examen microchimique. — Si l’on veut joindre une recherche chimique sommaire à l’investigation microscopique, on peut sur un des bords de la lamelle couvre-objet déposer une goutte d’acide acétique ou d'acide chlorhydrique : elle passera sous la lamelle par capillarité etira réagir sur les eristallisations qu’elle rencontrera. Sur le bord opposé à celui du réactif, on placera un petit fragment de papier buvard pour faciliter le passage de l’acide.

Les phosphates, les urates (l'acide urique se reforme ensuite) sont dissous par l'acide acétique ; l’oxalate de chaux est dissous par l'acide chlorhydrique, mais résiste à l’acide acétique ; l’acide urique résiste à ces deux acides.

SUBSTANCES ÉTRANGÈRES A L’URINE. — À l’examen microscopique, on voit souvent dans les dépôts urinaires une multitude d’impuretés dont il ne faut pas tenir compte. Ce sont des filaments d’étoffes, des débris de tissus de lin, dont les tubes souvent creux et épais sont renflés en certains endroits ; des fibres de coton, dont les rubans sont déprimés, enroulés, enchevêtrés; des brins de soie formant des cylindres brillants ; des brins de laine reconnaissables aux imbrications des cellules épidermiques. Les poils sont caractérisés par leur axe médullaire visible et pigmenté. Des particules végétales, des parcelles de bois, de charbon, des poussières minérales, des grains d’amidon, des cellules de levures diverses, des mycéliums de champignons, des articles d'insectes, des plumules d’ailes de papillon sont des impuretés banales. On trouve quelquefois des petits blocs de matières fécales ; ceci a une plus grande importance, car ce peut être l'indice d’une fistule vésico-rectale.

Nous ne pouvons ici que citer ces substances, renvoyant aux ouvrages spéciaux pour les figures qui représentent ces corps et qui les désignent mieux que toute description.

Micro-0RGANISMES.— Les microbes rencontrés dans l’urine y parviennent après sa sortie de la vessie ou bien s’y trouvent déjà avant son émission. Dans les deux cas, certains d’entre eux sont intéressants à considérer au point de vue des enseignements qu’on peut en

tirer. Nous ne retiendrons que les mieux connus et les plus faciles à rechercher.

Microbes venus dans l’urine après l’émission. — Les plus communs sont: le Micrococeus ureæ, la Torula cerevisiæ; la Sarcina urin«e.

Le Micrococcus ureæ a été étudié par Pasteur et Van Tieghem. C'est un microbe banal, répandu dans l’air et qui se propage avec une grande facilité dans toute urine qui n’est pas recueillie avec des précautions spéciales. Il possède un pléiomorphisme très accentué. Il se présente sous forme de cocci, isolés ou couplés deux à deux, réunis en amas ou joints bout à bout en longs chapelets ; il s’allonge en bacille, se groupe en diplobacille, produit des chaînettes bactériennes. On en a décrit plusieurs variétés. La caractéristique de la race est sa propriété de décomposer l’urée en ammoniaque et en acide carbonique. Sa constatation en nombre considérable ne prouve rien au point de vue clinique, sinon que l’urine examinée a déjà subi un commencement d’altération.

La Torula cerevisiæ est une levure facile à reconnaître par la dimension relativement considérable des éléments ovoïdes dont elle est composée, par sa réfringence et la présence de petits bourgeons développés à la périphérie des cellules adultes. Elle est plus fréquente dans l’urine sucrée que dans toute autre : elle trouve dans l'urine diabétique un champ de culture quiluiest propice. Elle vit en effet aux dépens du sucre qu’elle décompose en alcool et en acide carbonique. Sa présence dans une urine n’est pas une certitude en faveur du diabète, car elle peut se trouver dans une urine non sucrée; mais C’est une forte présomption, car elle indique d’une part que l’urine est particulièrement favorable à son développement ; d'autre part, qu’elle a pu être émise dans un milieu occupé par un diabétique et recevoir facilement de l'extérieur des spores de Torula. Sa constatation a donc une certaine valeur.

La sarcine de l'urine offre l’aspect morphologique particulier aux sarcines. Ses éléments sont groupés de telle sorte qu’ils donnent l’image d’un ballot ficelé en croix. Get organisme est plus rare que les précédents. La sareine de l’urine a été trouvée par Munck, Yvon, Berlioz, etc., soit avant, soit après la sortie de l’urine de la vessie.

Microbes existant dans l’urine avant son émission. — Pour faire convenablement cette recherche, il faut recueillir l’urine avec les précautions voulues en bactériologie. Après avoir soigneusement lavé le gland et le méat à l’eau bouillie ou avec une solution antiseptique légère, on fait uriner le malade devant soi, et on recueille l’urine dans un flacon stérilisé qu’on interpose sur la trajectoire du jet, une fois

que la miction à déjà été commencée. Chez la femme, il est nécessaire de recourir au cathétérisme qu’on pratique avec une sonde en verre stérilisée. Le flacon est aussitôt rebouché avec son tampon d’ouate. Avec une pipette stérilisée, on y puise le dépôt qui est ensuite porté sur une lamelle et examiné soit à l’état brut, soit après coloration. Avant de colorer, il faut fixer la préparation par dessicecation simple ou à la flamme, ou bien en traitant la gouttelette de dépôt bien étalée sur la lamelle et séchée par un mélange d'alcool absolu et d’éther à parties égales pour coaguler toutes les matières albuminoïdes qui entrent dans sa composition. Une fois la préparation fixée, on la recouvre d’une solution colorante variable suivant le microbe recherché. Lorsque l'urine contient nettement du pus, un fil de platine courbé en anse en est chargé et on étale la parcelle purulente sur la lamelle qu’on dessèche et qu’on traite comme il vient d’être dit.

La recherche des microbes dans l’urine au cours des maladies infectieuses a donné lieu à des travaux nombreux, dont un des plus récents et des plus complets est dû à M. Enriquez. Son étude sur les néphrites infectieuses renferme des détails importants sur ces questions.

Les microbes les plus utiles à rechercher dans l’urine sont : la bactérie pyogène, le gonocoque de Neisser, le bacille de la tuberculose.

Bactérie pyogène, Bacillus coli communis. — Un grand nombre des suppurations des voies urinaires sont dues à une espèce bactérienne, que M. Clado avait appelée bactérie septique de la vessie, que MM. Albarran et Hallé ont ensuite désignée sous le nom de Bacterium pyogenes et que MM. Achard et J. Renault et Krogius ont plus tard identifiée avec le Bacillus coli communis. Cette bactérie se trouve dans l'urine et dans le pus urinaire. Elle se colore facilement par tous les réactifs colorants usuels; elle se décolore par la méthode de Gram, c’est-à-dire qu’elle perd la couleur dont l’a imprégnée une solution de violet de gentiane aniliné sous l’influence de la solution iodo-iodurée et de l’alcool.

Dans cette recherche, le simple examen microscopique sur lamelles n’a pas grande valeur à cause du pléiomorphisme de cet organisme. Il est de toute nécessité pour affirmer sa présence de recourir à des cultures comparatives sur divers milieux, ce qui rentre dans les recherches de laboratoire.

Gonocoque de Neisser. — Ce microbe est l’agent causal de la blennorrhagie. On le trouve dans le pus uréthral d’autant plus faciment que la maladie est récente. Bien que ses caractères morphologiques ne soient pas absolument pathognomoniques, il possède

cependant des signes distinctifs importants. Il est formé de petits éléments ovoïdes dont une des faces est aplatie.

Ils forment des couples dont les éléments s’opposent l’un à l’autre par cette face aplatie: ce qui justifie la comparaison qu’on en à faite d’une sphère coupée en deux parties ou d’un grain de café. Les gonocoques sont souvent groupés en amas. Ils prédominent dans les globules du pus, hors des parties nucléaires, dans les cellules épithéliales. Ils se colorent par les couleurs d’aniline, très vivement par la fuchsine phéniquée de Ziehl, très nettement par le bleu phéno-thymolé de Kühne. Ils perdent leur coloration par la méthode de Gram.

Bacille de la tuberculose. — Get examen offre plus de difficultés que les précédents. Si l’urine contient des grumeaux purulents, ceuxei serviront de préférence à faire les préparations ; mais ce n’est pas toujours le cas. Aussi faut-il employer la technique indiquée par M. Straus dans son récent et remarquable ouvrage { :

« Quand on veut rechercher le bacille de la tuberculose dans une urine suspecte, on laisse reposer le liquide pendant plusieurs heures dans un verre conique; en été, pour empêcher la fermentation, il est bon d’ajouter un petit fragment de thymol ou de camphre.On puise le dépôt à l’aide d’une pipette... Pour faciliter la fixation du dépôt sur la lamelle, il est bon d’ajouter une goutte de blanc d'œuf dissous dans l’eau.

« Quelquefois les bacilles sont très clairsemés et il faut un certain nombre de préparations et une certaine patience pour les mettre en évidence; dans d’autres cas, surtout dans la cystite tuberculeuse et dans les cas de cavernes tuberculeuses des reins, les bacilles sont extrêmement abondants et se montrent en amas agglomérés, en véritables touffes. La recherche des bacilles dans l’urine peut être facilitée par l’emploi de la centrifugation. Dans certains cas où l'examen microscopique était demeuré sans résultat, l’inoculation du dépôt de l’urine au cobaye a néanmoins donné des résultats positifs. »

La coloration des lamelles se fait par le procédé d’Ehrlich ou celui de Ziehl. Nous indiquons ce dernier comme plus commode et plus rapide.

La lamelle étant préparée et fixée, on la place dans un verre de montre contenant de la fuchsine de Ziehl, En voici la formule :

MOTS MO: csovocovovobdococotoronteséocoroobse 1 gramme. ACC HeNTEr se te cbhoctobvecobooneet acouoct Do — DER IÈG SE 020 co soda op mo TD 0 ICUE CES 100 — AICOOPABSOlUEE EE PREREER R eee e e 10 —

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