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La tuberculose et son bacille, Paris

Le bain colorant est placé sur une platine chauffante jusqu’à production de vapeurs : quelques minutes suffisent à la coloration. Si l’on ne chaufle pas, il faut laisser la lamelle dans la fuchsine plusieurs heures. Puis on retire la lamelle avec une pince en remarquant avec attention la face sur laquelle a été effectué le dépôt. On la lave dans l’eau froide, puis dans un liquide décolorant composé d'acide nitrique (1 partie), d’eau (3 parties) ou mieux d'acide sulfurique (1 partie) et d’eau (3 parties), parce que l'acide nitrique peut être chargé de vapeurs nitreuses qui décoloreraiïent le bacille luimême. Il ne faut laisser les lamelles dans le bain décolorant qu’un instant: la préparation est ensuite lavée à l’eau pure. Elle doit être très légèrement rosée. Si la teinte rouge est encore trop accusée, on repasse vivement dans le bain décolorant, mais il faut se garder de pousser la décoloration avec trop d’insistance. Après le lavage, on traite la lamelle par quelques gouttes d’une solution de vert de méthyle à 1 pour 100, qu’on laisse au contact de la préparation pendant une ou deux minutes. Puis on lave la lamelle à l’eau pure. Elle est dès lors prête pour l’examen.

Si l’on veut faire une préparation durable, après ce dernier lavage, on sèche doucement la lamelle, on la passe au xylol, on laisse évaporer ce dernier et on pose la lamelle sur une lame porte-objet où l’on a laissé tomber une goutte de baume de Canada dissous dans le xylol.

À l’examen microscopique, on a ainsi une préparation dont tous les éléments sont uniformément colorés par le vert de méthyle ; les bacilles de Koch, seuls, restent colorés en rouge.

- À. LÉTIENNE.

I. ConGesTIoN RÉNALE À FRIGORE, PrimITive (A. ROBIN), D'oRI- GINE INFECTIEUSE. — On sait que le froid provoque de la polyurie avec pollakiurie et quelquefois même de l’albuminurie. Mais peut-il déter- :

miner d’autres accidents lorsque les reins sont indemnes de toute lésion ? Après un refroidissement subit, plus rarement à la suite d'efforts musculaires et de surmenage, dit M. À. Robin!, à qui est empruntée la description qui va suivre, se développe un état morbide caractérisé par trois ordres de manifestations, à savoir : un état général, un état local, des caractères particuliers de la sécrétion urinaire.

Les symptômes généraux sont ceux d’une pyrexie à son début; ils se présentent sous deux aspects dominants. Dans le premier, ce sont les phénomènes généraux d’un état gastrique fébrile avec léger frisson au début, puis fièvre, céphalalgie, anorexie, soif vive, malaise général ou courbature. Le pouls bat à90 et 100 ; latempérature monte à 38et 39 degrés; parfois au début elle atteint 40 degrés. (C’est la forme commune ou simple de la congestion rénale. Dans le second aspect, les symptômes généraux sont assez accentués pour que l’idée d’une fièvre typhoïde vienne aussitôt à l'esprit.

Les phénomènes locaux sont caractérisés par des douleurs lombaires spontanées et augmentant par la pression du rein. Ces douleurs sont parfois à peine aceusées et réveillées seulement par une exploration méthodique de la région rénale; elles simulent dans d’autres cas une violente rachialgie.

Comme phénomènes accessoires plus ou moins constants, il faut signaler : 1° les envies fréquentes d’uriner; 2° une certaine sensibilité vésicale et une légère dysurie; 3° une teinte brunâtre de la peau qui prend parfois une apparence terreuse ou bistrée. Fait important, l’æœdème fait défaut.

Les caractères présentés par l’urine sont la véritable pierre de touche du diagnostic. Celle-ci a une couleur bouillon de bœuf avec des reflets rougeâtres plus ou moins accentués. Ordinairement son aspect est trouble, même quand elle a été mise au repos pendant quelques heures. L’odeur est d’une fadeur toute particulière et rappelle celle du pain bouilli. Sa réaction est très acide. La quantité, légèrement diminuée, oscille entre 700 et 1100. La densité varie de 1020 à 1026. Le sédiment abondant, composé de flocons brunâtres, se dépose lentement au fond du vase.

L’examen microscopique dénote dans ce sédiment les éléments suivants : 4, des cylindres nombreux, hyalins ou épithéliaux, ou finement granuleux, renfermant parfois des globules rouges ou des granulations pigmentaires ; b, des globules rouges plus ou moins altérés; c, des globules blancs, chargés de granulations pigmentaires ; d, des cellules libres d’origine rénale, pigmentées comme les globules

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