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E. Box, Le foie des dyspeptiques (Thèse de Paris

CIRRHOSES DU FOIE 99

l'immigration des leucocytes et la multiplication des cellules fixes du tissu conjonctifet de l’endothélium vasculaire.Lesleucocytes prennentils part à l'édification du tissu de sclérose? On est généralement porté à leur dénier ce rôle, quoique Metchnikoff ait pu constater directement cette transformation chez des animaux inférieurs. Quelle est la signification des foyers embryonnaires? MM. Hanot et Gastou pensent qu’ils sont toujours liés à la pénétration des microbes dans les tissus; ces microbes, immigrés par les voies biliaires ou apportés par voie sanguine, pulluleraient à la faveur de la déchéance vitale subie par les cellules hépatiques lésées fonctionnellement ou matériellement. La formation de néo-canalicules biliaires serait sous la dépendance des mêmes conditions.

On voit la complexité de ces questions; et telle expérience où l’on veut éprouver une substance toxique est troublée par des interventions étrangères.

VEINE PORTE. — Il ne semble pas que les oblitérations de la veine porte puissent amener de la sclérose hépatique ; cependant Gintrac, Botkins, Oré ont admis la possibilité de ces cirrhoses.

Al. Solowieff ! (1875) a essayé de réaliser ces conditions; chez le chien, il a lié la splénique, puis la mésentérique, réalisant ainsi une oblitération progressive. Le foie devient plus petit, anémique, de couleur brun jaune. Les cellules du foie sont ratatinées, dégénérées; le noyau ne se colore plus. Dans ces conditions, la gaîne des capillaires s’épaissirait et il se formerait une sclérose péri-portale et péri-artérielle.Les dégâts produits dans tous les viscères abdominaux sont considérables et rendent l’interprétation de pareils résultats très difficile. Les animaux meurent rapidement. Dans des expériences du plus haut intérêt physiologique, Paulow, Hahn, Massen et Nencki? sont récemment arrivés à supprimer le cours du sang dans la veine porte hépatique en abouchant le tronc porte dans la veine cave inférieure. Ces animaux, dont le foie est fonctionnellement supprimé, survivent pendant de longs mois. Néanmoins, les lésions histologiques ne sont pas considérables : atrophie simple et dans quelques cas dégénérescence graisseuse des cellules.

CIRCULATION GÉNÉRALE. — En inoculant sous la peau ou en injectant dans les veines des cultures microbiennes, on a pu réaliser des cirrhoses du foie.

C’est Max Wolff* (1876) qui paraît avoir le premier réalisé une cirrhose du foie par injection sous-cutanée d’une culture microbienne (provenant de sang pourri). La lecture de ses observations

1. SoLowigrr (Vérchow’s Arch., Bd. 62, p. 195). 2. Arch. des sc. biol. Instit. impér. de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 401. 3. Virchow's Arch., 1876, Bd. 67, p. 234.

donne cependant à penser qu'il s'agissait plutôt de ces foies granités infectieux, qui simulent les granulations vraies de la cirrhose de Laennec : nécroses cellulaires, nodulaires, avec infiltration embryonnaire.

On trouvera dans le chapitre de la Tuberculose hépatique l'exposé des intéressantes recherches de MM. Hanot et Gilbert sur la cirrhose tuberculeuse expérimentale (bacilles de la tuberculose aviaire et de la tuberculose humaine); ils ont reproduit les principaux types de cirrhose.

M. Roger’, en injectant un bacille, le Bacillus septicus putidus, a pu également reproduire une cirrhose embryonnaire porto-biliaire, mono- ou polylobulaire.

Toutes ces cirrhoses infectieuses s’accompagnent date ado cellulaires variées (dégénérescence granulo-graisseuse, vitreuse, tuméfaction trouble, division régulière et atypique du noyau, fragmentation, hydropisie nucléaire, chromatolyse, etc.). ,

Dans les expériences de M. Roger, le bacille n’est plus retrouvé à partir du septième jour. MM. Hanot et Gilbert? ne retrouvent pas davantage le bacille de la tuberculose.

VOIE PÉRITONÉALE. — C’est une voie fréquemment suivie par les infections, trop rapides alors pour provoquer la cirrhose. M. de Grandmaison” a injecté, par cette voie, de l'alcool : il obtenait ainsi de la congestion du foie, des foyers de nécrose cellulaire et des foyers de cellules embryonnaires, formant plus tard des îlots scléreux. La distribution de ces foyers est irrégulière.

Voie NERVEUSE. — Dans la célèbre expérience de Claude Bernard, la piqûre du bulbe amène une vaso-dilatation du côté du foie; il se fait alors des modifications de la cellule hépatique, mais le tissu cellulaire ne s’hyperplasie pas. Duron “ a vu, quelques semaines après la section sous-diaphragmatique des nerfs pneumogastriques, le foie gris jaunâtre, déformé, atrophié; le bord était devenu mou et déchiqueté. Il est vrai qu’en même temps existaient des altérations de la muqueuse stomacale.

Voie BILIAIRE. — Les expérimentateurs sont ici légion. On a fait l’occlusion septique ou aseptique des voies biliaires et irrité celles-ci par injection de cultures ou de substances chimiques.

En 1866, Levden’ lie le cholédoque chez cinq chiens; il n'obtient que de la dégénération graisseuse des cellules hépatiques.

. ROGER (Soc. de biol., 1893, p. 693).

HANOT et GILBERT (Soc. de biol., 1890, 1891, 1892).

. Thèse de Paris, 1892.

. Thèse de Nancy, 1889.

LEYDEN, Beilräge zur Palhol. des Icterus, Berlin, 1866.

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