‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 141 sur 263 · Canin (Sociélé de biologie, 2 juin · texte numérisé non relu

Canin (Sociélé de biologie, 2 juin

CONCEPTIONS MODERNES DU MAL DE BRIGHT ET DES NÉPHRITES. — A la faveur de tous ces travaux, entrepris surtout dans le domaine de l'anatomie pathologique et de l’expérimentation, des classifications nombreuses ont été édifiées par les auteurs qui se sont placés à différents points de vue.

M. Lancereaux ‘, prenant pour base de sa classification les lésions systématisées, maintient la division des affections des reins en : 1° néphrites épithéliales, et 2°néphrites conjonctives qui comprennent deux grandes classes : la première, les néphrites suppuratives, ascendantes ou métastatiques ; la seconde, les néphrites scléreuses et les néphropathies vasculaires (par artérite, par artério-sclérose, par aplasie artérielle, par infiltration albuminoïde des artères ou dégénérescence amyloïde). Cette division est l'expression d’une conception pluraliste que l’on retrouve sous une autre forme dans les traités allemands de Wagner (1882), de Bartels?, de Rosenstein (1886), de Fürbringer*. Tantôt ces auteurs ont pris pour base de leur classification exclusivement la répartition des lésions dans le parenchyme rénal, tantôt ils se sont placés à un point de vue essentiellement étiologique, tantôt ils n’ont envisagé que l’évolution seule des néphrites, tantôt seulement le résultat final du processus morbide, aboutissant ou non à la contraction des reins. Rosenstein et Fürbringer ont spécialement insisté sur le mode d'évolution de la maladie, sur son acuité et sa chronicité. C’est ainsi que les formes de néphrites se sont multipliées et que Bartels reconnaît cinq formes de mal de Bright, caractérisées : par des troubles hypérémiques ou ischémiques, des lésions parenchymateuses aiguës et chroniques, des inflammations interstitielles et enfin par la dégénérescence amyloïde.

MM. Cornil et Brault‘ se fondant sur l’évolution tout entière des types qu’ils admettent, sur leur début, leur marche et leur terminaison, créent les modalités suivantes : 1° néphrites diffuses aiguës ; 2% néphrites diffuses subaiguës ou chroniques, et 3° néphrites systématiques qui comprennent des variétés nombreuses, suivant que les lésions sont à prédominance glomérulaire, épithéliale (évolution rapide) ou conjonctive (évolution lente), et suivant que la sclérose est d’origine épithéliale (cirrhose saturnine de Charcot et Gombault) ou d’origine vasculaire (néphrite artérielle qui ressortit aux lésions chroniques des artères et à la sénilité).

1. Dict. de DECHAMBRE, 1879, art. Rein, et Leçons de clinique médicale faites à la Pitié et à l’Hôtel-Dieu, 1894.

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