Soc. méd. de Bâle
laire. Le tissu fibreux est riche par places en cellules rondes et creusé d’angiectasies capillaires qui lui donnent l’aspect caverneux.
Les types extrêmes de la cirrhose alcoolique atrophique et de la cirrhose hypertrophique sont reliés par une série de cas intermédiaires, qui montrent que l’on ne doit attacher au volume du foie qu’une importance secondaire (Hanot et Gilbert).
B. — Dans la cirrhose atrophique, le foie est diminué de poids et surtout de volume: le poids est de 800 à 1200 grammes. L’atrophie peut être plus marquée sur tel ou tel lobe, surtout sur le lobe gauche, qui est parfois réduit à une simple languette. Le foie devient globuleux; les bords sont mousses. La périhépatite est constante, mais plus ou moins marquée; elle est au maximum sur la face supérieure qui est souvent adhérente au diaphragme ou bien chagrinée. La capsule est épaissie, villeuse, souvent émaillée de fibromes qui se détachent à la surface comme des boutons de chemise. La coloration est celle de la cirrhose hypertrophique, avec une gamme très étendue de nuances : depuis le jaune chamois et le brun jusqu'au gris de fer.
La surface du foie est toujours inégale, mamelonnée. Les granulations qui hérissent sa surface se retrouvent dans l’intérieur du foie.
La consistance est dure, élastique, la résistance extrême sous l’ongle et le couteau; sur la surface de coupe, les granulations font saillie comme si elles étaient énucléées par l’anneau rétractile qui les enserre.
Les granulations de la surface se prêtent à l’étude surtout après. que l’on a détaché la capsule.
Elles apparaissent sous forme de petites masses sphériques ou ovoides, d’inégales dimensions, séparées les unes des autres par des sillons plus ou moins profonds ; il est des foies à petits grains (foie granuleux, granulated liver) et des foies à grains gros comme une noisette (hobnailed liver).
L'étude des coupes conduit à considérer la sclérose comme annulaire, bi-veineuse, multi- ou unilobulaire (voir l’Anatomie pathologique des cirrhoses en général).
Les rameaux de la veine porte présentent toujours quelques altérations : infiltration embryonnaire des tuniques dans les cas peu avancés, endo- et périphlébite plus tard; la lumière peut être complètement effacée par la végétation d’endophlébite.
Des néo-vaisseaux, à paroi simplement endothéliale, sont creusés en plein tissu de sclérose; ces vaisseaux peuvent être développés en certains points jusqu’à former de véritables tumeurs érectiles (angiomes).
Eninjectant dans un cas de cirrhose alcoolique peu avancée, comme
l’a fait Rindfleisch et plus récemment l’un de ses élèves, Hommel!, la veine porte en bleu, l’artère hépatique en rouge, on peut s’assurer que la néoformation conjonctive se développe bien autour des veines portes .interlobulaires (infiltration embryonnaire des parois). Les cellules hépatiques paraissent saines, pour la plupart. Les rangées les plus périphériques des acini sont dissociées en quelques rares points par des traînées étroites de cellules fusiformes et présentent la transformation graisseuse ou vésiculaire du noyau; le protoplasma est repoussé vers l’un des pôles de la cellule ou complètement disparu. Les capillaires intra-acineux présentent la disposition normale là où les acini sont normaux; ils sont plus rares dans les points déjà altérés. Hommel n’a pu constater de bourgeons vasculaires se détachant de l’artère hépatique. La néoformation conjonctive lui paraît bien se faire primitivement autour des vaisseaux portes dans les espaces interacineux. [1 pense comme Rindfleisch que les capillaires artériels ne se développent que tardivement après oblitération des vaisseaux portes.
Quoi qu’il en soit, dans les cas un peu anciens, les néo-vaisseaux développés dans le tissu fibreux ne se laissent pas injecter par la veine porte et s’injectent facilement par l'artère hépatique ; il semble se produire par la voie artérielle une circulation compensatrice.
Les veines sus-hépatiques présentent des lésions très marquées d’endophlébite végétante et oblitérante; d’après M. Sabourin, dont l'opinion diffère radicalement de celle de Rindfleisch, c’est par elles qu’on voit débuter les lésions, quand on peut surprendre l’évolution de la cirrhose à son début.
Les canaux biliaires sont normaux, et il est fréquent de voir des néo-canalicules biliaires; ces derniers apparaissent surtout après les poussées inflammatoires.