‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 251 sur 263 · THIBIERGE (Soc. méd. des hôpit · texte numérisé non relu

THIBIERGE (Soc. méd. des hôpit

plaques d’érythème, l’érysipèle pellagreux, accompagné de cuisson et de prurit, précède la desquamation et la pigmentation. Le début se fait en général au printemps.

Dans certaines cirrhoses pigmentaires du foie, chez les diabétiques, on observe une teinte spéciale de la peau qui a fait donner le nom de diabète bronzé à cette modalité du diabète. L’examen des urines lèvera tous les doutes.

Le hâle dû aux rayons solaires, la coloration foncée des personnes qui ont habité longtemps sous les tropiques, certaines pigmentations professionnelles du visage, du cou et des mains (souffleurs de verre), ne peuvent donner lieu qu’à une confusion passagère. Les lésions cutanées dues à une ingestion trop longue de pilules de nitrate d’argent, surtout lorsque les malades ont pris des bains sulfureux, rappellent assez bien, par leur coloration brunâtre assez foncée, la teinte addisonienne. On évitera également cette erreur par l’interrogatoire des malades.

Mais la mélanodermie ne constitue pas, à elle seule, la maladie d’Addison. On a vu, à la description des symptômes, que c’est, dans la majorité des cas, le phénomène le plus tardif. Au début, lorsqu'il n’y a que de l’asthénie, des douleurs et des troubles digestifs, le diagnostic est très délicat: on pourrait penser alors à la tuberculose, à la chloro-anémie ou à la Iymphadénie. C’est la marche seule de la maladie qui permettra de ne pas commettre de confusion. L’examen du sang pourra, dans certains cas, faire lever les doutes.

Pronostic. — La maladie d’Addison a une marche progressive, aboutissant, dans l'immense majorité des cas, à la mort, dans un laps de temps variant de quelques mois à plusieurs années. Cependant, depuis que la maladie est connue, on a cité un certain nombre de cas de guérison. La plupart des traités classiques considèrent ces observations comme peu probantes, la plupart des prétendues guérisons pouvant passer pour de simples rémissions, Cependant il semble s’effectuer, actuellement, un revirement sur ce point.

La pathogénie de la maladie d’Addison est trop mal connue, les lésions anatomiques que l’on y constate sont trop diverses pour que l’on doive admettre à priori sans restrictions un pronostic fatal. D’après bon nombre de médecins étrangers, Lewin, Neumann, Gerhardt, Maragliano, la maladie d’Addison n’est pas aussi fatalement mortelle qu’on le croit. D’après Gerhardt, la présence de foyers hémorrhagiques dans les capsules permettrait d'expliquer les cas de guérison.

Lewin, sur 800 cas, a observé 5 guérisons et 28 améliorations *.

1. Sur ces huit cents malades, il y en avait deux sans capsules surrénales et quatre avec une seule.

M. Empis (comm. orale) a observé un cas de maladie d’Addison typique traité pendant trois ans par l’iodure de potassium; la malade est parfaitement guérie depuis douze ans pendant lesquels elle a continué l’usage de l’iodure ‘.

Traitement. — La rareté des cas de guérison dans la maladie bronzée ne permet pas des indications thérapeutiques précises. C’est surtout une médication symptomatique qu'il convient d’instituer. La tendance à l’affaiblissement, l’asthénie seront combattues par le repos et par des toniques, le fer, le quinquina, l’huile de foie de morue, qui, lorsqu'elle est tolérée, peut rendre de bons services.

Contre les douleurs, on emploiera les révulsifs et les injections de morphine; contre les vomissements, la glace, l’eau chloroformée, on pourra même pratiquer avec succès de la révulsion au creux de l’estomac (vésicatoire, pulvérisation d’éther).

La constipation, qui est presque de règle dans la maladie bronzée, ne devra pas être combattue; Greenhow a vu un purgatif, même léger, déterminer une diarrhée incoercible et rapidement mortelle.

L’électricité a été conseillée contre l’asthénie. Neumann a obtenu, par des courants électriques le long de la colonne vertébrale, un cas de guérison chez un addisonien, chez lequel manquaïient les troubles gastro-intestinaux.

Les injections de suc de capsule surrénale, faites à l'exemple des injections de suc thyroïdien dans le myxædème, et pratiquées par Brown-Séquard, Abelous et Langlois, Foa, Zuco, Maragliano, ne semblent pas avoir donné de bons résultats jusqu’à présent. Maragliano aurait cependant constaté une amélioration notable après injection d’extrait glycériné. Foa et Zuco ont observé, après ces injections, des phénomènes d'intoxication, due peut-être, d’après ces auteurs, à la neurine que les capsules surrénales injectées auraient contenue en trop grande quantité. L’ingestion de capsules n’a pas encore, croyons-nous, été expérimentée.

R. Wurrz.

1. CHIPEROWITCH (Gaz. clin. de Boikine) a cité récemment un cas de maladie d’Addison très améliorée à la suite du traitement d’une syphilis ancienne.

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