‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 94 sur 263 · RôüHMANN (Berliner klin. Wochenschr., 1888, n° 45 et · texte numérisé non relu

RôüHMANN (Berliner klin. Wochenschr., 1888, n° 45 et

trouvé de l’albumose, des peptones, de l’acide sarco-lactique, des acides amidés, de l’alanine.

Le sanG offre, à l’œil nu et au doigt, comme au microscope, tous les caractères du sang dissous, comme dansles maladies infectieuses ; il est brunâtre, couleur sépia, diffluent, poisseux au toucher, et infiltré sous forme d’ecchymoses dans la plupart des organes, surtout à la surface de la peau et des séreuses (Vulpian); il se coagule mal. Une grande partie des globules rouges est dissoute dans le sérum, qui garde une teinte lie de vin; ceux qui restent ont pris une forme sphérique. On trouve dans le sérum des substances extractives anomales, telles que la leucine, la tyrosine, la xanthine, l’hypoxanthine, et un excès d’urée, de cholestérine et de matières grasses. Sa capacité respiratoire est donc considérablement diminuée. Comme le dit Vulpian, c'est moins souvent les lésions du foie que les altérations du sang qu’on trouve dans l’ictère grave. M. Chauffard ! attire très judicieusement l'attention sur toute cette hématologie encore mal connue ; des recherches nouvelles « montreraient probablement, dit-il, qu'à la période d’état de la maladie, alors que les urines sont hypotoxiques, le sang est hypertoxique. de sorte qu’il y a comme un rapport inverse entre l’état de saturation toxique des deux humeurs, suivant l’état de la perméabilité éliminatrice du rein. »

La RATE, le plus souvent hypertrophiée, présente les altérations accoutumées des grandes maladies infectieuses.

On n’a pas accordé à l’état des REINS, dit Frerichs, toute l’attention qu’il mérite. En effet, leur altération est souvent aussi profonde que celle du foie lui-même, et l’on a pu voir des ictères graves dont l'issue fatale était due beaucoup plus à la néphropathie qu’à l’atrophie cellulaire hépatique. Mais de là à faire porter sur l’émonctoire rénal toute la responsabilité de la gravité d’un ictère au point d’en faire un élément nécessaire de différenciation entre l’ictère grave et les ictères bénins, il y a une nuance. Telle peut être, secondairement ou d'emblée, la déchéance de la cellule hépatique, que sa défection est une cause suffisante et irrémédiable de mort, même si le rein est resté à la hauteur de sa tâche. Dans la généralité des cas, cependant, les reins présentent de telles lésions qu’on ne peut se dispenser de les faire intervenir pour une bonne part dans le processus ultime, tout en se rappelant qu'il y a loin du tableau symptomatique de l’ictère grave aux divers aspects que peut revêtir l'urémie.

A l’œil nu, le rein apparaît ordinairement tuméfié et ramolli, comparable au gros rein blanc de la néphrite parenchymateuse,

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