PATES
TYPHLITE. — APPENDICITE 469
pendicitis des Anglo-Américains). — Les causes qui favorisent le retour des accès paraissent être multiples. C’est tantôt la contraction réflexe de l’appendice provoquée par l’engagement temporaire d’une scybale ou l’accumulation de mucus dans sa cavité, tantôt une poussée de péritonite partielle ou le réveil de l’irritation péritonéale par la présence d’un abcès juxta-appendiculaire (Talamon).
La rechute, comme la première atteinte, peut être purement appendiculaire, péritonéale ou suppurative,
Pendant la période intermédiaire, la guérison paraît complète après les deux ou trois premières attaques. Mais après les suivantes la fatigue ramène facilement de la douleur, du ballonnement, et la palpation fait reconnaître que l’appendice est resté volumineux et induré. Les fonctions du gros intestin sont presque toujours défectueuses et la tendance aux rechutes paraît être entretenue par la persistance de l’entéro-colite muco-membraneuse.
Le nombre des atteintes est illimité. Elles peuvent reparaître plusieurs fois par an et même tous les mois. Leur durée n’est habituellement que de quelques jours. Quand elles se répètent souvent, elles constituent une véritable infirmité qui rend impossible tout travail sérieux.
Pronostic. — Dans l’appendicite, comme dans l’ulcère simple de l’estomac, la perforation est une menace permanente (Talamon).
Dans la forme suraiguë perforante, la laparotomie immédiate est la seule chance de salut. Les formes insidieuse et latente ont aussi une gravité toute spéciale, car les hésitations du diagnostic font perdre un temps précieux.
Moins sombre est le pronostic de l’appendicite aiguë franche, avec péritonite purulente enkystée; elle peut même guérir après évacuation spontanée du pus, mais elle est surtout le triomphe de la chirurgie.
En ce qui concerne la gravité de l’appendicite à rechutes, il existe deux opinions diamétralement opposées : les uns soutiennent que les chances de la perforation sont d'autant moins grandes que les atteintes ont été plus fréquentes; les autres pensent que la gravité augmente proportionnellement au nombre des récidives.
Chez les vieillards, les convalescents des maladies aiguës (fièvre typhoïde, pneumonie), le pronostic est défavorable, car la suppuration et la perforation sont souvent insidieuses. Chez les phtisiques, inflammation de l’appendice, quand elle n’est pas elle-même une manifestation de la tuberculose, peut servir de point d'appel à une localisation bacillaire.
[IT. —— TyPHLITES ET APPENDICITES SPÉCIFIQUES.
Les ulcérations des follicules clos ou agminés, qui sont la caractéristique anatomique de la fièvre typhoïde, ne se limitent pas toujours à l'intestin grêle. Hoffmann, sur 233 autopsies, a constaté 47 fois l'extension des lésions au cæcum et à son appendice. Quelquefois elles y sont assez prédominantes pour mériter le nom de typhlite typhoïide: elles peuvent même n’exister que dans le prolongement iléo-cæcal. Cette localisation reste presque toujours silencieuse, à peine le malade accuse-t-il une légère douleur quand on palpe la fosse iliaque droite, mais parfois l’une des ulcérations devient perforante et provoque l’éclosion d’une péritonite généralisée rapidement mortelle. La dysentérie peut également causer les mêmes accidents. Moty a vu deux fois des ulcérations dysentériques, siégeant au niveau de l’appendice, se traduire par les symptômes de l’appendicite!.
La région cæcale est l’un des lieux d'élection de la tuberculose intestinale. M. Girode a vu les ulcérations de l’intestin grêle déformer et détruire en partie la valvule de Bauhin?. L’appendice est souvent épaissi, dilaté, perdu dans un bloc de néo-membranes. Les tubercules peuvent se cantonner exclusivement dans la première portion du gros intestin, constituant ainsi une véritable typhlite tuberculeuse. Lasègue avait déjà fait la remarque que certaines typhlites à répétition aboutissent à la tubereulisation du cæcum. Récemment, Billroth, MM. Hartmann et Pilliet ont décrit un nouveau type de typhlite tuberculeuse qui, tant au point de vue anatomique qu’au point de vue clinique, simule le cancer. Les parois de l'intestin très épaissies semblent infiltrées par un néoplasme, et l’examen histologique est nécessaire pour fixer la nature de cette tumeur qui est caractérisée par de rares follicules tuberculeux disséminés dans une gangue embryonnaire considérable.
La tuberculose appendiculaire est fréquente. Peut-être, dit M. Richelot, nombre d’appendicites aiguës dites simples rentrerontelles plus tard dans le cadre de la tuberculose. Les observations de M. Benoît confirment cette hypothèse et montrent qu'il est parfois impossible d'affirmer, ou même de soupçonner pendant la vie la nature
{. Mory (Bull. de la Soc. de chir., 1893).