GALLIARD (Sociélé médicale des hôpitaux, nov
PÉRITONITES AIGUËS 615
en 1885, ce n’est que depuis les travaux de Laruelle!, de MM. Roux et Rodet® que les propriétés du coli-bacille ont été bien connues. Malvoz*, Macaigne‘, Wurtz°, Barbaccif, Tavel et Lanz” ont nettement défini son rôle dans la péritonite aiguë.
Le coli-bacille, hôte habituel de l'intestin, possède une virulence variable. Inoffensif quand il provient d’un intestin normal, il devient très actif quand il est retiré d’un intestin malade (obstruction, étranglement, entérite) ou simplement enflammé par une substance irritante (tartre stibié). La virulence apparaît même à la suite d’une constipation opiniâtre.
Les expériences de Laruelle, Tavel et Lanz ont montré que le coli-bacille, injecté à doses fortes dans le péritoine de cobayes, amène une péritonite purulente. La clinique, de son côté, permet de constater que la plupart des péritonites qui ont pour point de départ une lésion de l'intestin sont produites par le bacterium coli commune.
C’est le coli-bacille qu’on trouve dans la péritonite herniaire. Barbacei® l’a constamment rencontré dans les péritonites consécutives à des perforations intestinales — chez l’homme aussi bien que chez le chien. Suivant cet auteur, de nombreuses bactéries se développeraient après la pénétration des matières fécales dans le péritoine; mais, au bout d’un certain temps, seul survivrait le coli-bacille et quelquefois le diplocoque encapsulé de Fränkel.
Dans les péritonites consécutives aux appendicites, c’est le bacterium coli commune qu'on rencontre. C’est lui encore qu’on retrouve dans certaines péritonites post-opératoires °.
Le bacterium coli commune envahit quelquefois l'organisme après la mort. On peut, en conséquence, le rencontrer dans le pus de certaines péritonites au moment de l’autopsie alors qu’il n’existait pas pendant la vie !°. Il y a là une cause possible d'erreur qu'il était intéressant de signaler.
1. LARUELLE, Étude bactériologique sur les péritonites par perforation (La Cellule, 1889, vol. V).