Centralblatt f. allgem. Path., Bd. IV, n
9. WELCH (Congress of American Physicians and Surgeons, vol. IL).
10. Un cas publié récemment par M. Veillon est des plus instructifs à cet égard. Ayant ensemencé immédiatement après la mort le pus provenant d’une péritonite à laquelle venait de succomber une malade, il constata que ses tubes à cultures ne renfermaient que des pneumocoques. L’ensemencement du pus au moment de l’autopsie, ’est-à-dire vingt-quatre heures après, ne donna que du coli-bacille. Les pPneumocoques, cause certaine de la péritonite, avaient disparu. :
5° Microbes de la putréfaction. — Certaines péritonites sont causées par les microbes de la putréfaction qui proviennent, soit de l'intestin (perforation), soit de l’air extérieur {à la suite d’une opération ayant duré longtemps). Ces microbes sont rarement seuls; ils sont, le plus fréquemment, associés à différents autres micro-organismes, à des streptocoques notamment.
6° Gonocoques. — Certains accidents dont la nature blennorrhagique n’est pas douteuse, comme les pyosalpingites (Wertheim a démontré que le pus de ces salpingites contenait des gonocoques), s’'accompagnent fréquemment de péritonite. Jusqu'ici, on n’est pas arrivé à déceler la présence du gonocoque dans les lésions du péritoine. Cependant le rôle de ce micro-organisme, dans la production de la péritonite, ne paraît pas douteux. Il suffit, chez le cobaye ou chez la souris blanche, d’inoculer dans le péritoine des cultures pures de gonocoques sur sérum pour voir se développer une péritonite.
Tel est le résumé de nos connaissances actuelles sur la bactériologie des péritonites. Elles nous permettent d’affirmer que les unes sont dues à des microbes septiques (péritonites septiques), que d’autres dépendent d'agents putrides (péritonites putrides), que d’autres, enfin, sont produites par des microbes septiques et putrides (péritonites mixtes).
Certaines péritonites semblent être sans microbes. Fränkel, sur vingt examens de péritonites, en a rencontré trois où l’exsudat n’a donné lieu à aucune culture. S'agit-il de péritonites produites par des microbes qui échappent à nos moyens d'investigation? ou bien par des microbes d’une vitalité très courte ayant rapidement disparu ? S'agit-il de péritonites toxiques dues à l’action de poisons bactériens sur le péritoine? Autant de questions auxquelles il n’est pas possible de répondre pour l'instant.
Les microbes qui produisent la péritonite arrivent à la séreuse par des voies différentes. Ce peut être :
1° Par la circulation sanguine;
2° Par les organes pelviens chez la femme;
3° Par rupture d’un abcès intra- ou extra-péritonéal ;
4° Par perforation d’un des organes de la cavité abdominale ;
9° Par la paroi abdominale.
1° Par la circulation. — La voie sanguine ne doit être incriminée que dans quelques cas exceptionnels, lorsqu'il n’existe pas de lésions des organes de l’abdomen ou de la paroi abdominale. C’est par la circulation que, dans certaines péritonites, arrivent jusque dans la cavité péritonéale les pneumocoques. La localisation des micro-orga-
PÉRITONITES AIGUËS 617
nismes au niveau du péritoine n’est qu’un épisode d’une septicémie pneumococcique qui produit en même temps des pneumonies, des broncho-pneumonies, des endocardites, des méningites.
C’est également la voie sanguine que suivent les streptocoques dans certaines péritonites développées au cours d’un érysipèle de la face !, de fièvres éruptives*.
2 Par les organes pelviens chez la femme. —C'est par les organes pelviens que se fait l'infection du péritoine dans les péritonites de la puerpéralité. Le microbe habituellement rencontré dans l'infection puerpérale est le streptocoque pyogène. Predæhl cependant a trouvé une fois un coccus et M. Widal a rapporté quelques cas d'infection puerpérale dépendant du coli-bacille.
A l’état normal, la cavité utérine ne contient pas de microbes; elle n’en renferme pas davantage après l’accouchement (Dœderlein, Straus et Sanchez-Tolédo*). Quand, à la suite d’un accouchement, le streptocoque a envahi l’utérus et consécutivement le péritoine, il est donc venu du dehors (mains de l’accoucheur, instruments septiques). Une fois dans l’utérus, il gagne les trompes et de là le péritoine. Mais ce n’est pas là la voie habituelle de l'infection. Siredey et Lucas-Championnière pensent en effet que celle-ci se fait plutôt par les lymphatiques. Le
Chez l’homme, il est exceptionnel que la péritonite ait pour point de départ une altération des organes génitaux, mais la chose est possible. Horwitz a publié des cas de péritonite consécutive à une épididymite blennorrhagique. Suivant cet auteur, l’inflammation peut se propager : 1° le long des vaisseaux sanguins et lymphatiques du cordon; 2° par l’extrémité supérieure du canal déférent que recouvre le péritoine du cul-de-sac de Douglas; 3° par un vaisseau lymphatique qui accompagne le canal déférent jusqu’au bas-fond de la vessie et va ensuite se jeter dans un ganglion situé contre la paroi postérieure du petit bassin.
3° Par rupture d'un abcès intra- ou extra-péritonéal. — Il est facile de comprendre que la rupture d’une poche purulente intra- ou extra-péritonéale soit suivie d’une infection du péritoine quand le pus qu’elle renferme contient des micro-organismes virulents. Il suffit de rappeler les péritonites consécutives aux phlegmons de la paroi abdominale, de la fosse iliaque, du psoas, aux abcès de la prostate, des vésicules séminales, aux phlegmons périnéphrétiques, aux abcès et aux kystes suppurés du foie, aux abcès de la rate, à la suppuration d’un ganglion mésentérique.