SrRauS (Arch. de physiol., 1886, t. I, p
2. M. G. Lion (Arch. de mé. expérim., nov. 1893, p. 826) a cité un cas dans lequel l’apparence laiteuse était due, non à de la graisse, mais à une substance albuminoïde voisine de la caséine,
L’ascite d'origine hépatique est rarement précédée par d’autres hydropisies ; elle a un début graduel, une marche progressive, s’accompagne d’une dilatation des veines sous-cutanées de l’abdomen et d’altérations appréciables du foie et souvent aussi de la rate.
L’ascite liée aux cardiopathies succède manifestement à l'œdème des membres inférieurs ; d’ailleurs l’examen du cœur lèvera tous les doutes.
Il en est de même de l’ascite des brightiques qui est rarement la première hydropisie; elle s'accompagne d’albuminurie, on trouve des cylindres dans l'urine, etc.
L'ascite d’origine péritonitique s'accompagne de phénomènes douloureux, de troubles intestinaux marqués, parfois d’accidents fébriles ; le liquide, moins abondant que dans l’ascite d’origine mécanique, est plutôt louche, riche en albumine, en fibrine et beaucoup moins mobile que l’ascite de cause hépatique. Ajoutons que l'existence de l’ascite rend souvent difficile l’exploration de l’abdomen; il faut évacuer le liquide pour palper le ventre, pour constater l'existence d’anses agglutinées ou d’amas de fausses membranes.
Enfin, dans certains cas, toute notion étiologique fait défaut; on incriminera alors le froid, l’ingestion de boissons glacées, le rhumatisme : c’est à ce groupe de faits qu’on réserve le nom d’ascite idiopathique.
Valeur séméiologique. — Il est difficile dans une vue d’ensemble d'apprécier la valeur séméiologique de l’aseite. Nous avons d’ailleurs chemin faisant, en passant en revue les formes cliniques, indiqué sa signification. Ce serait nous exposer à d’inutiles redites que d’y revenir ici. Dans l'immense majorité des cas, l’ascite doit être considérée comme un symptôme grave; par son abondance même, elle détermine de sérieux troubles fonctionnels pouvant aller jusqu’à l’asphyxie ; par la reproduction du liquide après ponction, elle est une cause d’épuisement pour le malade; mais la gravité de l’ascite réside surtout dans ses causes premières, toutes maladies graves, sinon incurables.
Traitement. — L’ascite au début nécessite un traitement médical : repos, révulsifs, régime lacté, diurétiques, diaphorétiques, purgatifs drastiques, sans compter les médications qui doivent s'adresser directement à la maladie causale.
Lorsque l’ascite persiste, lorsque par son abondance elle donne lieu à de graves accidents de compression, il faut évacuer le liquide et, pour cela, pratiquer la paracentèse abdominale. Ce n’est pas ici le lieu de décrire les appareils — trocarts, aspirateurs — qui sont en usage. L'opération doit être faite aseptiquement, c’est-à-dire après lavage de la peau, stérilisation de l'instrument. La ponction doit être
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faite sur le milieu d’une ligne qui relie l’ombilic à l’épine iliaque antéro-supérieure ; il importe d'éviter la piqûre des veines qui se dessinent sous la peau. L’écoulement du liquide ne doit pas être trop rapide pour ne pas amener des modifications trop brusques dans la tension vasculaire par la décompression des gros troncs veineux de l’abdomen; mais, en règle, il n’y a pas d’inconvénient à retirer le plus de liquide possible. Après avoir obturé l'endroit de la piqûre par une couche de collodion, il est bon d’appliquer un pansement ouaté, légèrement compressif.
Les accidents dus à la paracentèse sont rares ; au moment même de la ponction, on peut craindre la syncope chez des sujets impressionnables ; le trajet parcouru par l'aiguille peut devenir fistuleux; le liquide continue à suinter; cet incident a d’ailleurs peu d'importance, si l’on a soin d'appliquer sur la petite plaie une compresse trempée dans une solution antiseptique. La piqûre de l'intestin ne mérite qu’une mention à cause de sa très grande rareté. L'opération ellemême est parfois l’occasion d'accidents locaux : érythèmes, phlegmons, érysipèles, etc. Mais, en prenant les précautions aujourd’hui classiques, il est aisé de se mettre à l’abri des complications.
Enfin, il y a un dernier point intéressant à signaler, difficile à interpréter : c’est la rareté des accidents infectieux généraux après la paracentèse de l'abdomen. La péritonite septique ne s’observe presque jamais. Est-ce parce que le péritoine épaissi du fait même de l’ascite est plus résistant? Est-ce parce que les germes introduits en petit nombre et dilués dans une grande quantité de liquide perdent en partie leurs propriétés nocives? Est-ce enfin parce que l’ascite, comme divers liquides organiques, possède des propriétés bactéricides? Quelle que soit l'explication à laquelle on s'arrête, il était intéressant de signaler la rareté de la péritonite après la ponction. Mais ce n’est pas une raison pour se départir des préceptes d’une rigoureuse antisepsie.