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SÉMÉIOLOGIE DE LA RATE

mobilité a une grande importance au point de vue du diagnostic avec certaines péritonites enkystées et avec les tumeurs du rein; cette rate tuméfiée se met alors en rapport direct avec la paroi abdominale, sans interposition des anses intestinales.

Aussi le palper dans ce cas doit-il toujours être pratiqué; pour le faire, on placera le malade dans le décubitus dorsal, les cuisses fléchies sur le bassin, ou bien dans certains cas, comme le conseille Piorry, on lui fera prendre la position génu-pectorale.

Par ce palper on peut avoir des renseignements très précis sur l'importance, la consistance et la forme de la tuméfaction splénique ; mais dans la plupart des cas ia rate même hypertrophiée ne déborde pas les fausses côtes, et il faut recourir à la percussion de l’organe.

Piorry a fixé autrefois les règles de cette percussion; on fait coucher le malade sur le côté droit et l’on pereute de haut en bas l’hypochondre gauche sur le trajet d’une ligne tirée du sommet de l’aisselle à la crête iliaque; en percutant fortement, on est averti, par une diminution de la sonorité et une résistance plus considérable, de la présence du bord supérieur de l'organe ; en continuant la percussion profonde, on obtient bientôt, toujours sur la même ligne,un son mat. tandis que la percussion superficielle donne encore de la sonorité. par suite de l’interposition de la languette inférieure du poumon entre la rate et la paroi; plus bas la percussion même superficielle donne de la matité et de la résistance au doigt, indiquant les rapports immédiats de la rate et de la paroi, jusqu'à ce qu’une nouvelle sonorité superficielle, puis profonde, vienne indiquer que l’on a dépassé le bord inférieur de la rate et que l’organe percuté est l’intestin. Ayant déterminé le grand diamètre vertical, on procède de même à la recherche du grand diamètre transversal en percutant sur une ligne tirée de l’appendice xiphoïde et rejoignant la précédente.

Quinquaud et Nicolle conseillent de percuter la rate le malade étant debout, le corps légèrement penché à gauche, le bras relevé.

Bien souvent la percussion de la rate ne donne pas les renseignements qu’on espérait en tirer ; la présence du tympanisme stomacal et intestinal la rend inexacte. Par suite de ce tympanisme, la rate normale n’est le plus souvent pas accessible à la percussion ou bien ne l’est que sur un ou deux travers de doigt, et au point de vue pratique on peut dire qu'une rate perceptible à la percussion’est une rate pathologique.

Signalons encore que dans certains cas on a pu percevoir par l’auscultation de la région splénique l'existence d’un souffle doux systolique analogue aux souffles utérins; ce souffle, observé déjà par Griesinger et Maissuranz dans la fièvre intermittente, a été signalé

par M. Bouchard’ dans les splénomégalies"qui accompagnent la cirrhose du foie.

Enfin, grâce à l'emploi de seringues et d’aiguilles facilement stérilisables, on recourt souvent à la ponction de l'organe; cette ponction, qui peut rendre service pour le diagnostic clinique et bactériologique, est d'ordinaire inoffensive; on a signalé cependant la possibilité de péritonite et surtout d’hémorrhagies intra-péritonéales, que l’on pourra éviter, en suivant les conseils de M. Cornil, qui fait suspendre au malade tout mouvement respiratoire pendant la durée de la ponction.

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