EXCISION DES AMYGDALES
de manière à traverser la tumeur de part en part; on écarte la flèche pour attirer de plus en plus l'amygdale à travers la fenêtre ; et alors, fixant solidement la fenêtre en place, on tire brusquement et avec force la lame circulaire, et l'amygdale est enlevée d'un seul coup.
L'instrument de Fahnestock a subi de nombreuses modifications
FiG. 531.
Amygdalotome de Robert et Collin.
qui ont eu pour but de permettre de faire agir l'instrument d'une seule main. 11 présente cependant dans quelques cas un inconvénient sérieux. L'amygdale saisie par la double fourche ne s'engage pas facilement dans l'anneau, elle se déchire et l'on n'en excise qu'une très faible partie. Broca a même modifié l'instrument en supprimant la fourche qu'il remplace par une érigiie ordinaire
Amygdalotome de Bioca.
tenue d'une main, tandis que la guillotine est tenue de l'autrjî (fig. 532). C'est enlever à l'instrument tout son avantage. Laroyenne (de Lyon) en échancrant largement la valve engainante qui répond à l'érigne a permis à la fourche de saisir l'amygdale plus près de sa base. Son instrument me paraît sous ce rapport supérieur à tous les autres (fig. 533).
L'excision des amygdales, malgré la proximité de ce vaisseau, n'a jamais amené l'ouverture de la carotide, mais elle donne
lieu quelquefois, 1res rarement il est vrai, à une hémorrhagie. Lorsqu'elle devient alarmante, Chassaignac a arrêté l'écoulement du sang en portant sur la plaie un morceau de glace à l'aide des pinces de Museux; Guersant a appliqué avec succès le cautère actuel; Gensoul a réussi en faisant exercer 30 à 40 minutes la compression sur la carotide correspondante ou sur les deux carotides. Enfin F. Hatin a eu recours à la compression sur l'amygdale même. Il prit de longues pinces droites à polypes, garnit les extrémités des branches, l'une d'amadou et de linge qu'il humecta d'eau et imprégna d'alun, l'autre de simples
FiG. 533.
Araygdalotome de Laroyenne.
ampons de linge; appliqua la branche garnie d'amadou sur la surface saignante de l'amygdale, tandis que l'autre prenait un point d'appui au dehors, sur l'angle de la mâchoire; et il maintint les anneaux des pinces rapprochés à l'aide d'un cordon. Le troisième jour, il délia les anneaux ; le quatrième , les pinces tombèrent d'elles-mêmes, et l'hémorrhagie ne reparut plus.
Yerneuil eut recours, en 1874, à un moyen semblable dans un cas où un étudiant en médecine, ayant tenté sur lui-même l'excision des amygdales, avait été atteint d'une sérieuse hémorrhagie.
Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que la gêne de la respiration entretient les hémorrhagies du cou et de la gorge, et qu'il suffit souvent, pour les arrêter, de faire respirer largement les malades par le nez et la bouche à la fois.