‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 110 sur 307 · V. - — Des perforations du voile · texte numérisé non relu

V. - — Des perforations du voile

Les perforations du voile peuvent être puremeni traumatiques, ou succéder à des ulcérations de nature diverse, ou eniin résulter d'une staphylorrhaphie avec absence de réunion à la partie supérieure. Elles n'ont ni le même siège, ni la même forme, ni la même étendue, et réclament en conséquence des procédés qui varient presque pour chaque cas particulier.

Dans un cas de déchirure toute récente du voile avec formation d'un lambeau triangulaire à base inférieure, Roux traversa le sommet du lambeau avec deux fils qui laissaient une anse en avant; glissa dans ces deux anses un petit rouleau de sparadrap comme pour la suture enchevillée; ramena les bouts des fils par la narine à l'aide de la sonde de Bellocq, et en les serrant sur un tampon de charpie placé au-devant de la narine, maintint le land3eau relevé et assez exactement affronté pour obtenir une réunion complète.

Quand la perforation est ancienne et petite, on peut tenter la cautérisation. Si la perforation est très large, on ne peut guère espérer de la boucher qu'en y transplantant un lambeau; opération difficile, et surtout d'un résultat fort douteux. Bonfils le premier tailla sur la voûte un lambeau pédicule, qu'il disséqua d'avant en arrière pour le renverser et le tordre sur son pédicule et enfin le fixer par suture à la circonférence de l'ouverture du voile; l'opération échoua. Nélaton, à son tour, a proposé de tailler sur la moitié gauche du voile un lambeau triangulaire, limité bien entendu à la muqueuse, et de le réunir par la suture enchevillée. Ce procédé a été appliqué deux fois par A. Bérard

et par Blandin, et n'a pas réussi; Sédillot dit toutefois en avoir obtenu un résultat assez beau pour que des cautérisations successives aient sufti à le rendre complet.

Les progrès réalisés depuis vingt ans dans la staphyloraphie et l'uranoplastie permettent d'espérer la guérison de perforations, mêmes larges, par l'avivement et la suture. Il faut alors faire une opération analogue à l'uranoplastie, c'est-à-dire pratiquer largement sur les côtés les incisions latérales, libératrices de Diefîenbach.

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