DES PERFORATIONS DE LA VOUTE PALATINE
atnbeaux, et que si on leur donne plus de 12 à 13 millimètres de longj ils se mortifient presque inévitablement en tout ou en partie.
Enfin, Roux est arrivé, par sa manière de décoller la muqueuse, à avoir des lambeaux birges, épais et bien garnis de vaisseaux; pour ce dernier point, il recommande de laisser leur base adhérente en arrière, où ils reçoivent plus directement les ramifications de l'artère palatine.
Ces procédés ne méritent plus d'être décrits, tous sont remplacés aujourd'hui par le procédé à déplacement latéral, lequel consiste à détacher sur les côtés de la perforation avivée deux lambeaux en forme de pont, adhérents à leurs extrémités, comprenant toute la muqueuse et qu'on attire l'un vers l'autre. La priorité est réclamée en France pour Baizeau, en Angleterre pour Pollock, en Amérique pour Warren; elle appartient incontestablement à l'Allemagne, car si on ne parle que du procédé en pont, la priorité revient à Dieffenbach et remonte à 1834 ; il est vrai qu'ainsi on ne réussit guère; mais c'est Langenbeck qui eut ridée de comprendre dans les lambeaux ainsi formés la muqueuse doublée du périoste et c'est ce procédé qu'on suit généralement aujourd'hui.
Procédé de Langenbeck. — On cerne la perforation par deux incisions qui se rejoignent en avant et en arrière en circonscrivant un très mince lambeau elliptique qu'on enlève. Cela fait, on pratique sur les parties latérales, près du bord alvéolaire, deux incisions courbes, parallèles à ces bords et dont la longueur varie avec le déplacement que devront subir les lambeaux ; ces incisions doivent aller jusqu'aux os. On prend alors une rugi ne coudée sur le plat, ou un grattoir spécial arrondi à son extrémité tranchanle, plat dans la partie qui doit appuyer sur l'os, convexe sur la face qui doit répondre à la muqueuse. Avec ce grattoir mené avec précaution, on détache les lambeaux avec l'os dans toute leur étendue, de manière à ce que l'instrument introduit près du bord alvéolaire vienne reparaître au niveau de la perforation. On a cherché à ménager la palatine postérieure et à la dégager de son sillon; il est inutile de s'arrêter à cette précaution, car l'artère est à peu près toujours coupée, quoi qu'on fasse, quand l'incision doit être prolongée assez loin en arrière; du reste la palatine antérieure suffît à la nutrition des lambeaux. Ce temps de l'opération est presque toujours accompagné d'une petite hémorrhagie qu'on arrête en maintenant une
éponge au niveau de l'incision latérale. Lorsque l'écoulement a cessé, ce qui demande parfois un peu de temps, on procède au rapprochement et à la suUire des lambeaux. Langenbeck se sert pour passer les fils d'une aiguille dans laquelle glisse un fil métallique terminé par un crochet pour ramener le fil à suture d'arrière en avant, tout en faisant la piqûre d'avant en arrière; cette aiguille trop grosse, d'un maniement incertain et difficile, m'a paru à l'usage plus qu'inutile. Les fils doivent être passés et serrés comme je l'ai déjà exposé pour la staphylorrhaphie.
Fi G. 547.
Uranoplastie. — Isolement des lambeaux.
Bi/fiem
FiG. 548.
Sulurc des lambeaux.
La forme ogivale de la voûte palatine me faisant craindre que les lambeaux devenant rectilignes par suite de la traction ne s'appliquassent pas exactement sur l'os au niveau de la perforation, j'avais dans une de mes opérations fait passer d'abord les fils à suture dans un bout de sonde placé dans la narine ; j'ai renoncé depuis à cette complication qui m'a paru pouvoir être abandonnée sans inconvénients, car j'ai depuis très bien réussi sans y recourir.
Dudon (de Cordeaux) au lieu de faire la suture, passe par les incisions latérales et place ainsi entre la muqueuse décollée et la voûte osseuse un ou deux rubans qu'il noue tout simplement dans la bouche. De plus, au lieu de faire Tavivement sur les bords, il le prolonge obliquement sur la face muqueuse. Ce procédé a l'inconvénient de rendre plus ogivale encore la voûte fermée parles lambeaux, d'écarter davantage les fentes latérales, d'interposer
ADHI':KK>iCE DU VOILK 1)1 PALAIS AU l'IlAllVNX. 2(19
un corps étranger enlro l'os et la fibro-muqiieusc. Malgré cinq succès assez satisfaisants nous trouvons ce procédé très inférieur au procédé ordinaire et nous ne saurions l'accepter.
Le périoste qui tapisse la face profonde du lambeau reproduitil de l'os, comme le croyait I.angenbeck d'après Ollier ? On ne croit plus guère aujourd'hui à cette reproduction osseuse acceptée trop légèrement d'après des expériences sur les animaux; du reste, pratiquement cela importe fort peu pour les résultats, qui en général sont excellents, après cette opération.
J'ai décrit plus haut l'uranoplastie ostéoïde de Simon (voy. p. 26 i).