‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 117 sur 307 · SCARIFICATIONS · texte numérisé non relu

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Il est essentiel de savoir que dans cette affection l'œdème n'occupe pas les cordes vocales ou la glotte proprement dite, mais les replis muqueux de la glotte supérieure, et surtout ceux qui recouvrent les ligaments arythéno-épiglottiques. On peut porter le bistouri sur ces deux derniers points sans grand inconvénient; tandis que s'il venait à couper les cordes vocales, la voix resterait rauque ou même se perdrait tout à fait.

Dans quelques cas, Malgaigne a pu dissiper en peu de secondes un œdème du larynx, en y portant profondément l'in-

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dicateur, et pressant, malaxant les parties engorgées, pour en expulser le liquide. On comprend qu'au besoin cette compression aurait bien plus d'effet après des mouchetures pratiquées d'après le procédé de Lisfranc sur les parties œdématiées.

Procédé de Lisfranc. — On se sert d'un bistouri un peu courbe, à lame étroite, longue, fixée sur le manche, et garnie de linge jusqu'à 2 millimètres de sa pointe. Les mâchoires étant écartées le plus possible, ou même maintenues à Taide d'un coin de liège, l'opérateur porte les doigts index et médius gauches jusqu'au delà de l'isthme du gosier, arrive sur le bourrelet formé par l'œdème ; le bistouri, tenu comme une plume à écrire, est glissé à plat sur les deux doigts conducteurs; parvenu sur le larynx, le tranchant est dirigé en avant et en haut, et l'on presse légèrement sur la pointe de manière à pratiquer deux ou trois mouchetures, ce qui suffit en général pour évacuer la sérosité à l'aide de la compression.

IH. — Corps étrangers «la larynx et dite voies aériennes.

Les opérations applicables à l'introduction des corps étrangers dans le larynx sont inséparables de celles que nécessite la présence des corps étrangers dans la trachée. Ces corps peuvent être liquides ou solides. Les corps liquides ne déterminent le plus souvent que des accès de toux, ou un spasme glottique violent quand ils sont très irritants; cependant l'ouverture d'un abcès dans les voies aériennes, l'évacuation d'un foyer purulent parles bronches et la trachée pourraient, en amenant une suffocation grave, nécessiter la trachéotomie immédiate.

Les corps étrangers solides, venant du poumon ou développés dans les voies aériennes, peuvent être expulsés par le larynx. Louis, Pigray, Tulpius, en ont rappoi'lé de curieux exemples.

Le plus ordinairement il s'agit de corps étrangers ayant pénétré par les voies naturelles, c'est-à-dire par l'orifice glotliqae : ce sont des noyaux de fruits, des haricots, des cailloux et le plus souvent des pièces de monnaie. Le traitement a pour but, ou bien de provoquer l'expulsion du corps étranger par les voies naturelles, ou de lui ouvrir une voie artificielle.

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