POLYPES DU LARYNX
Le corps étranger peut être resté à l'ouverture supérieure du larynx; dans ce cas on peut avec le doigt ou le laryngoscope constater sa présence et l'extraire directement. Il peut être resté dans la cavité laryngienne, être descendu dans la trachée et même jusque dans une des deux grosses bronches. C'est pour ceux-ci que les difficultés sont quelquefois très grandes. Disons tout d'abord que les vomitifs qu'on voit encore administrer trop souvent sont pour le moins inutiles. La perçussion sur le thorax et surtout dans le dos, moyen empirique, a souvent réussi en provoquant le déplacement du corps étranger et en provoquant son expulsion par une violente secousse de toux.
La. position déclive, le patient étant couché sur le ventre, la tête en bas, ou du moins fortement déclive, a donné également des succès, comme le témoignent les faits de Lenoir, de Duncan, de Beneys, etc., mais elle réussit surtout quand on la combine avec la percussion. C'est ainsi que Brodie a réussi dans le cas si célèbre de notre compatriote Brunel, le créateur du tunnel sous la Tamise, alors que la trachéotomie n'avait pas réussi à permettre l'extraction d'une pièce de monnaie, descendue jusque dans la bronche. Hansford dans six cas a constamment réussi par cette manœuvre.
Si l'expulsion du corps étranger n'a pu être obtenue, il faut en arriver à une opération. Faut-il pratiquer la laryngotomie, la laryngo-trachéotomie ou la trachéotomie proprement dite ? Je crois que dans tous les cas la trachéotomie doit être préférée. Si, comme on le croyait, le corps étranger est dans la cavité laryngienne, on peut le retirer avec une pince introduite de bas en haut par la plaie trachéale et l'on est à tout le moins un peu plus garanti, en cas où l'on se serait trompé sur le siège occupé par le corps étranger. Marjolin, Armstrong ont fait la laryngotomie, le corps étranger qu'ils croyaient dans le larynx était dans la bronche. Ouvrir le canal trachéal le plus bas possible est la règle, car si l'on est au-dessous du corps étranger, on met du moins le malade à l'abri de l'asphyxie ; tandis qu'il n'en est plus de même si par erreur on ouvre l'arbre aérien au-dessus du point occupé par le corps étranger.