‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 192 sur 307 · DE L'HYDROCÈLE · texte numérisé non relu

DE L'HYDROCÈLE

Deux accidents peuvent se présenter dans la ponction. Quelquefois le poinçon blesse quelque artériole du scrotum ; mais ces vaisseaux sont si petits, que leur lésion est à peu près indifférente ; d^ailleurs elle est bien rare, car je ne l'ai jamais vue. Quelquefois letrocart pénètie dans le testicule, quand on n'a pas pris les précautions indiquées ; on en est. averti par la douleur et la sortie de quelques gouteleltes de sang, sans autre liquide ; rarement d'ailleurs y a-t-il de plus graves conséquences.

11 faut se garder de pousser l'injection au delà d'une distension très-modérée de la tunique vaginale; en la distendant outre me-

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Ponction de l'hydrecèle.

sure, on risquerait de la rompre, ou tout au moins de faire refluer le liquide par les côtés de la canule dans le tissu cellulaire du scrotum, ce qui amènerait sa mortification.

L'opération terminée, on tient généralement le malade au lit, en soulevant le scrotum avec quelques compresses, ou mieux Avec l'appareil que j'ai imaginé en 1853 et que j'ai appelé le suspensoir horizontal. C'est une plaque qui peut être de carton, de §utta-percha, de métal, écliancrée comme l'ancien plat à barbepour recevoir la racine du scrotum et qui repose sur les cuisses.

L'inflammation légère déterminée par l'injection amène la sécrétion d'une quantité plus ou moins considérable de lymphe plastique, qui s'absorbe d'elle-même peu à peu.

En général, après une injection iodée, la résorption du liquide

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nouvellement exhalé est achevée au bout de quinze jours, et la guérison accomplie. Quelquefois la sécrétion est si abondante, surtout dans les hydrocèles volumineuses, que la résorption demande plus de temps, et qu'on peut même craindre qu'elle ne se fasse pas d'une manière complète.

Quel est maintenant le mécanisme de la guérison? On pensait d'abord qu'il y avait adhésion des parois opposées de la tunique vaginale au moyen de la lymphe plastique, et par suite oblitération de la cavité. Hutin a fait à cet égard des recherches fort curieuses. Sur 28 sujets opérés avant lui, aux Invalides, la plupart par la méthode suppurative, quelques-uns cependant par des injections vineuses ou iodées, l'autopsie fit voir une oblitération complète de la tunique vaginale. Sur 15 autres soumis par lui-même aux injections iodées,

7 offraient une oblitération complète,

4 des adhérences partielles,

4 la tunique libre de toute adhérence,

D'où il résulte que l'injection iodée agit le plus souvent en déterminant une inflammation adhésive ; quelquefois par une irritation substitutive, qui se borne à ramener la séreuse de l'état morbide à l'état sain ; et d'autres fois enfin par les deux modes réunis.

La matière de l'mjection a beaucoup varié. Avant l'emploi de l'iode, celle qui obtenait la préférence était composée du gros vin rouge seul, on bouilli avec des roses de Provins et chauffé à 36° ou 40" centigr. Le vin semble déterminer généralement des douleurs plus vives, mais surtout une inflammation plus intense, une exhalation plus abondante et beaucoup plus longue à résorber. L'iode mérite donc la préférence,

On a cependant essayé l'alcool pur, avec lequel on croyait pouvoir dispenser les opérés du séjour au lit.

EUis d'abord, après avoir vidé la tunique vaginale, y portait à travers la canule une sonde cannelée trempée auparavant dans de l'alcool à 36% et répétait cette introduction de^ux ou trois fois de suite, de manière à laisser à l'intérieur 8 à 10 gouttes d'alcool. Mais le procédé était fort incertain, l'auteur n'ayant eu que huit guérisons sur douze opérations. Dupierris a repris le même liquide, mais en en injectant 8 grammes, qu'il abandonne même dans la tunique vaginale. Monod a imaginé à peu de frais un procédé nouveau en injectant les quelques gouttes d'alcool avant 1 évacua'ion du liquide. Auger a employé l'injection de quelques

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gouttes d'une solution de chlorure de zinc. J'ai employé assez souvent le procédé de Dupierris dans les cas où le malade se refusait à garder le lit et à interrompre ses occupations. On réussit quelquefois, mais assez souvent il y a récidive.

2" Incision et excision. — En dehors des cas dont je vais parler et qui sont exceptionnels, on a proposé l'incision de la tunique vaginale, les uns faisant la suture et cherchant à éviter la suppuration; d'autres au contraire recherchant la suppuration qui amène l'accolement des parois, la disparition de la cavité vaginale et par conséquent la cure radicale.

Curling et Gosselin ont montré que la disparition de la cavité vaginale dans ces circonstances était suivie d'anémie testiculaie et souvent de la disparition des spermatozoïdes, ce serait déjà une objection contre le retour actuel à des pratiques anciennes. Pour ma part, si je ne connaissais la manie de vouloir faire du nouveau en faisant non pas mieux, mais autrement que les autres, j'aurais peine à comprendre qu'on cherche et qu'on applique un certain nombre de procédés dits nouveaux, alors que l'injection iodée est une méthode innocente et efficace.

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