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CHAPITRE IX

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES ORGANES GÉNITO-URINAIRES DE L'HOMME

Les organes génitaux de l'homme se trouvant tout à fait extérieurs à l'égard des organes urinaires, c'est par eux que nous commencerons l'exposé de ces opérations, Nous traiterons donc successivement de celles qui se pratiquent sur le scrotum, sur la verge, sur l'urètre et la vessie, en réservant pour deux articles spéciaux l'étude de la taille et de la lithotritie.

ARTICLE PREMIER

OPÉUATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE SCROTUM I. — De l'iiydrocèle.

L'hydrocèle proprement dite est une accumulation de sérosité dans la tunique vaginale, sans que celle-ci ait perdu sa texture et sa souplesse. Quelquefois elle contient un liquide blanchâtre, qui est dû à la présence de spermatozoïdes. Ce n'est plus alors l'hydrocèle simple, mais un kyste spermatique, qui du reste se traite comme l'hydrocèle vaginale. Pour empêcher ensuite sa reproduction, deux méthodes se présentent. Dans l'une, on suscite dans la tunique vaginale une irritation adhésive om substitutive; dans l'autre, une inflammation suppurative. Cette dernière compte parmi ses procédés : 1" Vincision; 2° la cautérisation; 3° le séjour dans la tunique de divers corps étrangers, tente, séton, bougies, sondes, etc. Pour déterminer l'in-

flammation adhésive ou substitutive, Kinder Wood avait essayé une légère excision à travers une ponction des téguments pratiquée avec la lancette; Jobert, des incisions sous-cutanées; Malgaigne avait proposé de traverser la tunique vaginale avec des épingles; et Kicord, suivant, la même idée, l'a traversée avec des fils doubles serrés à l'extérieur sur deux petits cylindres, eomme dans la suture encbevillée. Mais aucun de ces procédés n'a pu prévaloir contre les injections. Nous allons donc décrire celles-ci d'abord avec tous les détails nécessaires.

1° Des injections. — Les instruments nécessaires sont : 1" un trocart ordinaire, 2° une seringue capable de contenir 300 à 400 grammes de liquide, et dont la canule s'ajuste avec précision dans celle du trocart. On emploie plus généralement la teinture d'iode iodurée, additionnée de deux ou trois fois autant d'eau ou même mélangée à parties égales. La seringue doit être préalablement chargée, et l'on s'assure qu'elle ne contient pas d'air en tournant la canule en haut et faisant jaillir d'un coup de piston quelques gouttes de liquide.

Tout étant ainsi disposé, et le malade couché, on saisit la tumeur à pleine main, laissant saillir entre le pouce et l'indicateur sa partie antérieure et inférieure, et tenant cachée dans la paume de la main la partie supérieure et postérieure où se trouvent le cordon et le testicule. On plonge le trocart à la partie antéro-inférieure et de bas en haut, en prenant soin de ne pas pénétrer trop profondément d'abord, de peur d'atteindre le testicule ; quand le trocart est entré, le chirurgien, en même temps qu'il retire le poinçon, enfonce plus profondément la canule, et favorise par des pressions méthodiques l'écoulement de la sérosité. Celle-ci complètement évacuée, il prend la seringue chargée, l'adapte à la canule du trocart, et maintient lui-même celle-ci entre le pouce et le doigt du milieu, sans l'enfoncer ni la rstirer, évitant surtout d'en appliquer le bout contre la tunique vaginale, ce qui empêcherait l'injection d'y pénétrer facilement. Un aide reprend la seringue de la main gauche, et pousse le piston avec la droite d'une manière continue, mais lente, jusqu'à ce que la tumeur ait repris une partie du volume qu'elle avait avant la ponction. Il retire alors la seringue, et le chirurgien applique le bout du doigt sur l'orifice de la canule pour la boucher. On laisse séjourner l'injection trois ou quatre minutes, puis on l'évacué en comprimant légèrement la tumeur, sans qu'il soit besoin de s'attacher à en expulser jusqu'aux dernières gouttes, llevenons maintenant sur les divers temps de l'opération.

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