‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 199 sur 307 · VIII. — De l'alilation du testicule · texte numérisé non relu

VIII. — De l'alilation du testicule

Anatomie chirurgicale. — Le testicule, outre sa tunique vaginale qui l'enveloppe presque en entier, est recouvert par la peau, le fascia superficialis et le dartos. Les deux premières couches sont communes à tout le scrotum; mais chaque testicule a son dartos spécial, qui s'accole sur la ligne médiane avec celui de l'autre côté pour former la cloison. Les artères du scrotum proviennent d'abord des honteuses externes, branches de la fémorale; puis de V artère de la cloison, branche inférieure de la honteuse interne. Il n'est pas indifférent d'ajouter que les veines correspondantes suivent le même trajet que leurs artères.

Les vaisseaux du cordon et du testicule proviennent d'autres sources. Il y a d'abord Vartere spermatique, née de l'aorte ou de la rénale, spécialement destinée au testicule: i^msV artère déférente, provenant de l'une des artères vésicales nées de l'hypogastrique ; et enfin Vartère crémastérlque, branche de l'épigastrique. Celle-ci, située en dehors du cordon proprement dit, descend le long du crémaster, et finit en s'anastomosant d une part avec l'artère spermatique, de l'autre avec les dernières ramifications de l'artère de la cloison et des honteuses externes. L'artère déférente descend en serpentant sur le canal déférent, dans toute la longueur du cordon; et vers la queue de l'épididyme se divise en deux branches, dont l'une s'anastomose avec l'artère

spermatique, et Fautre se répand sur la tunique vaginale et le crémaster. Enfin l'artère spermatique, la plus volumineuse des trois, située au centre du cordon, à une certaine distance de l'épididyrae qui varie de 3 à 8 centimètres, se divise en deux branches, l'une qui se rend au testicule, l'autre qui se distribue à la fois au testicule et à l'épididyme, c'est celle-ci qui communique avec l'artère déférente.

Ainsi, à la partie supérieure du cordon, on ne trouve guère que les trois artères indiquées, savoir la crémastérique en avant, la spermatique au centre, la déférente en arrière et accolée au canal déférent. Plus bas, outre les deux branches de l'artère spermatique (A. Gooper a donné une planche où il y en a trois), il faut compter encore les ramuscules fournis par toutes les autres, et qui, lorsque le testicule est malade depuis longtemps, peuvent acquérir un volume à réclamer la ligature.

Les veines correspondantes remontent dans le canal inguinal, comme leurs artères en descendent.

Les nerfs viennent de trois sources : du nerf crémastérique, des branches musculo-cutanées du plexus lombaire, et enfin du nerf honteux, branche du plexus sciatique.

Quelques chirurgiens, au lieu d'enlever le testicule, ont cherché à Tatrophier : les uns, comme Harvey et Maunoir, en liant l'artère spermatique; d'autres comme Morgan, en excisant une assez longue portion du canal déférent ; d'autres en coupant les nerfs, et finalement le cordon tout entier. Outre la difficulté de ces opérations et l'incertitude du résultat, même sur le testicule non dégénéré, il faut observer que l'ablation de cet organe n'est justifiée que quand son tissu primitif a disparu par l'effet d'une dégénérescence, et le plus ordinairement d'une dégénérescence cancéreuse; l'ablation est véritablement la seule opération rationnelle. Elle se pratique généralement avec le bistouri. Chassaignac y a appliqué l'écrasement linéaire.

Ablation par le bistouri. — Je ne ferai que mentionner quelques procédés excentriques, tels que celui d'Aumont, qui pratique l'incision des téguments en arrière du scrotum, et celui de Hima, qui enlève en deux coups de couteau le testicule et les téguments. L'opération vaut la peine que le chirurgien y regarde de près, et qu'enlevant tout ce qui doit être enlevé, il n'en emporte pas davantage.

Procédé ordinaire. — Il se compose de trois temps : l'incision de la peau, la dissection de la tumeur et la section du cordon.

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