DK L'ABLATION DU TESTICULE
1» Le malade couché sur le dos, le chirurgien pratique une incision longitudinale qui descend depuis la racine du scrotum jusqu'à la partie la plus déclive de la tumeur, en suivant sa face antérieure et sa partie moyenne ; on peut à volonté ou tendre la peau, ou lui faire former un pli qu'on divise jusqu'à sa base; mais la première manière de faire est généralement préférée.
2" Celle incision terminée, et les vaisseaux liés à mesure, on procède à la dissection du leslicule, en lirant soi-même ou faisant tirer par un aide, tantôt la peau, et tantôt la tumeur, selon le côté sur lequel on agit. On fait aller le bistouri à grands coups et on isole complètement la tumeur ainsi que le cordon spermatique dont on fait la ligature avant de séparer le testicule.
3° Le chirurgien charge alors un aide de soutenir la tumeur pour que le cordon ne soit point tendu ; et saisissant lui-même ce cordon entre le pouce et l'indicateur gauches, il le coupe au-dessous de l'endroit lié, puis on rassemble les ligatures et on les place dans Tangle supérieur de la plaie; enfin on réunit celle-ci par première intention, en plaçant un gros drain dans la plaie.
Revenons maintenant sur ces divers temps de l'opération.
Il ne faut pas oublier que le scrotum revient tellement sur lui-même après l'ablation du testicule, que l'excision de la peau est à peine nécessaire, sauf le cas de tumeurs d'un volume tout à fait exceptionnel.
Dupuytren avait une manière de diviser la peau qui mettait du même coup le testicule à nu dans une grande partie de son étendue. Il embrassait la tumeur en arrière et sur les côtés avec les doigts de la main gauche, en la repoussant en avant comme pour la faire sortir à travers la peau. A peine l'incision a-t-elleune dimension suffisante, qu'on voit le testicule s'en échapper comme un noyau qu'on chasse avec le doigt, c'est une conduite à imiter. La dissection est presque aux trois quarts faite; on l'achève par quelques coups de bistouri.
Lors toutefois que la peau du scrotum a perdu sa mobilité et que le testicule paraît adhérent de toutes parts, l'énucléation à la manière de Dupuytren est impossible, et la dissection est laborieuse. Avec l'ongle ou le bout d'une spatule, on commence par séparer le testicule de l'un des bords de l'incision des téguments; et avec le doigt on achève de le séparer, ce qui se fait avec une rapidité admirable, sans léser ni vaisseaux ni aucun des organes voisins. '
Mais c'est surtout la ligature des artères du cordon qui a excité la sollicitude des chirurgiens.
On a beaucoup discuté la question de la ligature en masse du
cordon et la plupart des chirurgiens la repoussent. Pour moi je l'ai toujours pratiquée dans toutes mes opérations et je n'ai jamais eu le moindre accident. Si des accidents ont été quelquefois observés, par d'autres, c'est parce que cette ligature est en général mal faite, c'est-à-dire insuffisamment serrée. Pour la pratiquer je prends une ficelle que je fais séance tenante en tordant ensemble cinq à six fils à ligature, et pour^avoir plus de force en serrant le nœud, j'enroule les deux extrémités des fils autour d'une pince
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Ligature en masse du cordon.
OU d'une paire de ciseaux. Si on a eu des hémorrhagies ou des accidents d'étranglement, c'est, je le répète, parce qu'on n'avait pas serré le fil assez fortement. Dans des cas rares, lorsque le cordon induré et augmenté de volume est assez gros pour qu'on puisse craindre une striction insuffisante, je le sépare en deux moitiés en le divisant avec un corps mousse comme une pince à disséquer tenue fermée et je lie séparément les deux moitiés.
Reste le cas oij le cordon serait altéré, et où l'altération forcerait de le poursuivre beaucoup plus haut. Ledran a été le lier jusqu'à quatre travers de doigt au-dessus de l'anneau, au niveau
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de la crête iliaque. Seulement alors il est à craindre que la récidive survienne même avant la cicatrisation de la plaie; aussi la plupart des chirurgiens préfèrent-ils en pareil cas renoncer à toute opération.