VI. — Du eatbctérisuio dans les cas de fausse ronte
Le lieu d'élection des fausses routes est en avant du bulbe, immédiatem nt sous la symphyse, là oîi se joignent les portions ascendante et descendante de l'urèlbre.
Quoi qu'il en soit, quand un opérateur appelé pour une rétention d'urine a fait fausse route, il n'en reste pas moins à donner issue à l'urine, et c'est encore au cathéteri me qui! faut recourir. On commt*nce d'abord par débarrasser le canal des caillots quil contient, à l'aide d'une injection d"i'au tiède, et en le comprimant d'arrière en avant avec les doigts. Ou cherche ensuite à arriver à la vessie par deux procèdes.
Premier procédé. — On prend une sonde courbe d'argent d'un gros calibre, et on l'introluit avec lenteur, en longeant la paroi supérieure, et en écoulant pour .ànsi dire à chaque pas qu'elle fait si elle ne rencontre pas l'ob lacle ou la t'auss route. Lorsqu'elle a pénétré dans la vessie, on la retire un peu, et on la laisse à demeure jusqu'au len lemaiu; car on ne ser.iit pas sûr de la remplacer aussitôt par une sonde de gom ne élastique. Le lendemain, on fait cette substitution avec [dus de succès; mais une précaution importante est de mettre le m^ ins d'intervalle possilde entre le retrait de la première sonde et 1 1 troduction de l'autre, pour ne pas laisser à l'urèthre le tenius de se coniracier >pasn'Od'quement.
Il pourrait y avoir quelque avantage à se servir d'une sonde à courte courbure, qui teiuiraii à écarter la pa.oi inférieure où est la fausse route, et suivrait plus exactement la paroi supérieure.
Deuxième procédé. — On cherche à insinuer jusque dans la vessie une bougie tiliforme, en u^ant des préLautions que nous indiquerons dans l'article suivant, Puis on attache à son pavillon un oiig iîl sur lequel on glisse une sonile él istique ouverte aux d ux extrémités; et quand celle-ci a pénétré, on retire le lil et la bougie.
Ce procédé ne doit être employé qu'avec beaucoup de circonspection, et il faut bien savoir qu'il ne réussit guère. Les sondes dites de gomme ont des parois d'une assez grande épaisseur; lorsqu'on a coupé leur extrémité pour donner passage à la bougie sur laquelle elles doivent glisser, elles débordent beaucoup la circonférence de cette bougie, s'accrochent à la muqueuse, la refoulent devant elles et ne pénètrent pas. Si pour vaincre la résistance on emploie une certaine force, on risque de rompre le fil, et on s'expose à laisser la bougie dans le canal. Or il faut bien savoir que dans beaucoup de cas de rétention d'urine par hypertrophie de la prostate, il suffît d'une petite bougie poussée jusque dans la vessie pour permettre à l'urine de filtrer lenlement sur les côtés de la bougie, et l'on s'expose en voulant faire glisser une sonde sur la bougie à échouer et à voir alors la bougie, entraînée par la sonde qu'on retire, sortir du canal; de telle sorte que le bénéfice du passage d'une bougie pleine est perdu. 11 est une manœuvre que j'emploie depuis quinze ans dans les cas d'hypertrophie prostatique s'opposant au calhétérisme et qui m'a toujours réussi, là même où d'autres avaient échoué. Dans le cathétérisme ordinaire, lorsqu'on est arrivé derrière le pubis, on conseille d'abaisser le pavillon en même temps qu'on pousse la sonde dans la vessie; il faut au contraire, dans le cas d'hypertrophie prostatique, abaisser la sonde en la retenant immobile et même en la retirant un peu vers soi. En agissant ainsi, le bec de la sonde, au lieu d'aller butter contre le lobe prostatique hypertrophié, décrit une courbe à rayon très court, tend à se porter vers le pubis et contre le pubis; il reste ainsi en rapport étroit avec la paroi supérieure du canal et évite l'obstacle qui n'existe que sur la paroi postéro-inférieure.
Il est des cas où l'on ne peut parvenir dans la vessie, et il ne faut même pas trop prolonger les tentatives, de peur d'accroître le dégât et l'inflammation qui va survenir; je préfère de beaucoap recourir alors à la ponction de la vessie.
Quoi qu'il en soit, dès qu'on a pu mettre en place une sonde de gomme élastique, il faut la fixer à demeure. Comme il serait dangereux d'en laisser un trop long bout dans la vessie, on commence par la retirer peu à peu jusqu'à ce que l'urine n'y passe plus; à ce signe on reconnaît que le bout ou les yeux de la sonde sont en dehors de la vessie. On les y fait rentrer, et l'on retranche la portion de la sonde qui dépasse trop l'orifice externe de l'urèlhre. Les uns fixent alors la sonde à un bandage de corps, mauvais moyen qui la laisse trop ballotter. D'autres nouent une mèche de coton