III. — Des corps étrangers dans la cornée
Ce sont généralement de très-petites parcelles de fer, d'acier, de pierre, etc., qui s'arrêtent dans la conjonctive ou s'incrustent dans la surface antérieure de la cornée, où ils apparaissent comme un point. Rarement ils ont assez de volume pour présenter quelque prise aux pinces.
Fabrice de Hilden dit que l'aimant réusssit à attirer au dehors les particules de fer, ce procédé ne réussit guère en raison de l'enclavement de ces corps étrangers.
Le plus sûr est d'en venir tout d'abord à l'extraction mécanique. On a conseillé de se servir à cet effet d'un anneau poli, d'une tête d'épingle, d'un rouleau de papier, d'un cure-oreille, en promenant ces objets à la surface de la conjonctive ou de la cornée, et raclant pour ainsi dire le corps étranger.
Le plus ordinairement le corps étranger est un morceau presque imperceptible de fer ou d'acier; lancé avec force il est incrusté dans les couches superficielles de la cornée et on ne saurait le déraciner ainsi qu'on l'a conseillé avec une plume taillée en cure-dents. 11 faut quelque chose déplus résistant et rien ne vaut l'aiguille à cataracte ou la pointe d'un bistouri. 11 ne faut point quitter le malade avant que le corps étranger dont on a constaté la présence n'ait été enlevé, car il amènerait le ramollissement, l'ulcération et l'opacité du tissu cornéen tout autour
de lui et à tout le moins une tache permanente due à un véritable tatouag^e par l'oxyde de fer qui se forme rapidement autour des petits fragments de ce métal. 11 ne faut pas non plus perdre de vue cette formation de l'oxyde, car on pourrait commettre une erreur, prendre une tache de rouille pour l'objet lui-même et s'obstiner à vouloir l'enlever alors même qu'il s'est détaché spontanément ou qu'il a été enlevé. .
Quand un corps étranger s'engage sous la paupière supérieure, si le simple frottement ne suffît pas pour le faire cheminer vers le grand angle, un moyen assez bon est de saisir les cils de la paupière, et de l'atirer ainsi en avant et en bas. Ce procédé permet aussi de regarder par-dessous et de reconnaître le point occupé par le corps étranger. Quand enfin celui-ci résiste, on renverse la paupière en dehors, et avec un stylet boutonné on le ramène avec une grande facilité.