‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 24 sur 307 · IV. — De l'abrasion de la cornée · texte numérisé non relu

IV. — De l'abrasion de la cornée

Opération mentionnée déjà par Saint-Yves, pratiquée par divers oculistes, et que Malgaigne a remise en honneur en 1843. Elle a pour objet d'enlever avec le bistouri les taches de la cornée rebelles à tous les autres traitements, et qui n'entament pas toute son épaisseur; elle est surtout applicable aux taches centrales.

Taylor, d'après une citation de Sprengel, soulevait la tache à l'aide d'un fil passé à sa base, pour favoriser l'excision. Cela ne pourrait réussir que pour les taches légères, et alors la précaution serait inutile. Voici comment Malgaigne a procédé.

Procédé de Malgaigne. Le malade couché sur le dos, la paupière supérieure relevée avec l'élévateur de Pellier, l'inférieure abaissée par les doigts de l'opérateur même, et un aide fixant l'œil au moyen d'une pince ou d'une érigne implantée dans la conjonctive, on décrit sur la cornée avec unténotome ou un couteau à cataracte une incision circulaire, qui comprend autant que possible toute la tache à enlever. Alors, abandonnant la paupière inférieure à un aide, on saisit le lambeau ainsi circonscrit par son bord supérieur à l'aide de pinces à dents de souris trèsfines, et on essaye de le disséquer de haut en bas comme un lambeau cutané.

Quelquefois le lambeau se décolle du reste de la cornée par une simple traction aidée delà pression avec le dos du couteau;

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