‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 243 sur 307 · DE LA TAILLE · texte numérisé non relu

DE LA TAILLE

Procédé de Clémot. — Le cathéter placé dans la vessie, on glisse sur la paroi postérieure du vagin un gorgerelqui, appuyant fortement sur le périnée, vient arc-bouter contre Textrémité du cathéter. Le chirurgien porte alors le long du gorgeret un bistouri droit tenu comme une plume à écrire, traverse la paroi vésico-vaginale pour tomber dans la cannelure du cathéter, et divise cette paroi d'arrière en avant, jusque près du col de la vessie qui doit être respecté.

Velpeau a proposé de placer la femme sur le ventre, ainsi qu'on a fait depuis pour la fistule vésico-vaginale.

Vallet (d'Orléans) pratique l'incision de la vessie en travers, à l'aide d'un cathéter brisé dont la cannelure se tourne en travers dans la vessie. Mais il y a joint la modification beaucoup plus importante de réunir immédiatement la plaie par suture. On a cru devoir, dans ces derniers temps, inventer des cathéters spéciaux, cela est parfaitement inutile.

Appréciation. — La taille uréthrale est d'abord soumise à ce premier reproche, d'exposer à blesser quelque artère pour peu qu'elle se rapproche des os ; dans la seule opération de ce genre que Malgaigne ait vu faire, l'incision dirigée vers la symphyse avait déterminé une hémorrhagie telle que l'opérateur, Félix d'Arcet, jugea prudent de l'appeler. Mais un accident bien autrement grave est l'incontinence d'urine qui suit presque inévitablement. Tous les procédés y exposent. Frère Côme, qui faisait l'incision latérale, fut obligé d'y renoncer pour cette seule cause; Louis tailla deux jeunes filles par l'incision bilatérale : l'une mourut, l'autre eut une incontinence; Vacca n'appliqua qu'une seule fois l'incision verticale : l'incontinence suivit encore; et Souberbielle écrivait à l'Académie, en 1828, que, sur six femmes soumises à ce procédé par un seul chirurgien, deux étaient mortes, et les quatre autres ne pouvaient garder leur urine. Ces chiffres montrent aussi qu'elle a une gravité comparable à celle de la taille périnéale chez l'homme; elle a donc été justement rejetée de la pratique générale.

Frère Côme avait donné la préférence à la taille hypogastrique. Mais la taille hypogastrique n'est guère mmus grave chez la femme que chez l'homme : sur 42 opérées, dont 16 entre trois et dix-sept ans, frère Côme a eu 7 morts.

Reste la taille vaginale, qui n'a presque aucune gravité. A la vérité, quand on abandonne la plaie à elle-même, il y a lieu de craindre une fistule vésico-vaginale consécutive. Clémot, sur trois opérées, en avait eu une atteinte de cette redoutable infirmité;

FJaubert, plus malheureux, en avait eu trois sur quatre. Mais la suture immédiate devra rendre ces fistules excessivement rares; aujourd'hui, avec les procédés employés pour la fistule, sa guérison est certaine. Dans les cas où la taille vaginale est faite pour guérir une cystalgie, et dans lesquels la fistule doit être gardée quelques mois, on a parfois de la peine pendant les premiers jours à empêcher son occlusion spontanée. On a même proposé de suturer, sur les bords de cette fistule, la muqueuse vésicale à la muqueuse vaginale.

Quant à la direction et au siège de l'incision, il ne saurait y avoir d'hésitation. 11 faut craindre la suture d'un des uretères, par conséquent il faut rester fidèlement sur la ligne médiane et l'incision transversale de Valiet doit être rejetée. 11 ne faut pas non plus prolonger l'incision jusqu'à l'urèthre, ce qui pourrait exposer à une incontinence d'urine.

ARTICLE II

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