‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 246 sur 307 · II. — Tagin double · texte numérisé non relu

II. — Tagin double

Le cloisonnement du vagin coïncide presque toujours avec un utérus double, je ne connais qu'une seule exception : l'observation de Maunoir, dans laquelle un vagin double coïncidait avec un utérus simple. J'ai réuni dans ma thèse d'agrégation (1863) un certain nombre d'observations de ce vice de conformation. Le plus ordinairement un seul des deux vagins sert au coït qui s'exerce sans aucune gêne, aussi les opérations ont-elles été assez rares. Maunoir a coupé la cloison parce que le vagin qui servait au coït était précisément celui qui répondait à la moitié du col qui ne portait pas le museau de tanche. Huguier a coupé une cloison incomplète parce qu'elle gênait les rapports sexuels. Chassaignac employa pour la détruire l'écrasement linéaire. En général les malades se refusent à se soumettre à une opération pour obtenir la guérison d'un vice de conformation que le hasard seul leur fait quelquefois découvrir.

m. Im perforation et absence du vagin.

Ce vice de conformation présente plusieurs variétés.

l'' Imperforation de Vhymen. — Ce vice de conformation est assez fréquent. La vulve est normalement conformée, mais l'hymen ne présente aucune ouverture, ou une ouverture trop étroite pour laisser passer librement les règles. Une ponction ou mieux une incision simple ou cruciale avec excision des lambeaux suffiront presque toujours pour obtenir une ouverture permanente et la sortie du sang menstruel.

2° Imperforation de la vulve. — Elle est amenée par la fusion congénitale des petites lèvres et par raccoUement des parois de l'orifice vaginal. Le plus souvent en glissant une sonde verticalement à l'endroit de l'ouverture qui donne passage aux urines on constate l'existence d'une simple cloison qu'il suffit de fendre, ainsi que j'ai eu l'occasion de le faire pour rétablir les choses en état.

3° L'absence du vagin se présente sous trois formes principales : !*• absence complète de l'utérus et du vagin, avec existence normale des parties génitales externes; 2" absence du vagin avec intégrité de l'utérus et parfois avec intégrité de la portion utérine du vagin; 3" terminaison du vagin en cul-de-sac à une profondeur plus ou moins grande, avec absence ou atrophie de l'utérus et aussi avec absence d'exhalation menstruelle. Dans le premier et dans le troisième cas, les règles ne se produisant pas, les accidents font défaut et le chirurgien ne pourrait intervenir que pour créer le cul-de-sac permettant la copulation. Ce sont, il est vrai, des opérations dites de complaisance, mais il est des circonstances où une opération de complaisance peut devenir une •opération de nécessité.

Lorsqu'il y a rétention du flux menstruel, le chirurgien peut se proposer ou bien de pratiquer une simple ouverture qui permette l'évacuation du foyer sanguin, ou bien de créer en même temps un vagin artificiel.

Ponction par le rectum. — Cette opération ne peut être considérée que comme palliative. Baker-Brown la fit avec succès en 1861, mais l'observation ne suit le malade que jusqu'au deuxième mois. Elle est loin du reste d'être toujours innocente, car Ant. Dubois, qui crut pouvoir y recourir, vit sa malade mourir de péritonite.

Ponction par le vagin. — La ponction simple, acceptable quand il n'y a manifestement qu'une mince épaisseur de partie qui sépare la collection liquide du doigt du chirurgien, devient des plus dang^ereuses quand on est obligé de donner beaucoup au hasard. Manoury perdit une malade qu'il opéra de cette façon; Maisonneuve perdit également une malade chez laquelle, après avoir ponctionné, il avait avec le lithotome incisé l'utérus distentu par les règles.

Création d'un vagin artificiel. A. Par le bistouri. — L'opéraition a été pratiquée le plus ordinairement en faisant une incision

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