FISTULES ENTÉRO-VAGINALES
un chirurgien qui la prit pour un abcès. Dans le cas de Colman dft Norwich, IT'Jy, elle était due à la sortie d'un fœtus produit d'une grossesse extra-utérine, par le cui-de-sac poslérieur du vagin. Dans le cas de Davey, 1835, la perforation du vagin et de l'intestin fut consécutive à une entérito aiguë et probablement à une pérityphlite car la communication anormale existait sur le cœcum. Dans l'observation d'Ashwell, 1845, l'ouverture fut consécutive à un phlegmon du petit bassin. Je citerai pour son étrangeté le cas rapporté en 1845 par le Dublin Journal d'une femme ayant eu une rupture du vagin pendant l'accouchement et chez laquelle un médecin (!!) (iraàl'extérieur dix-neuf pieds d'intestin, qu'un second médecin réséqua. Ce qu'il y a peut-être de plus extraordinaire, c'est que la femme ne mourut que le dix-septième jour.
La guérison spontanée des fistules stercorales entéro-vaginales a été plusieurs fois observée par Breitzmann en 1844, quatre mois après l'accident, parKiwisch, 1843. Elle a pu survenir après de simples cautérisations au nitrate d'argent faites par Dahlmann. La guérison de l'anus anormal est au contraire tout à fait exceptionnelle, mais elle a été observée par MacKeever en 1820 et dans des conditions singulières. La malade, cinq jours après l'accouchement, vit sortir de la vulve un mètre et demi d'intestin qui se sphacéla et produisit un anus anormal. Cependant il y eut une nouvelle grossesse qui amena graduellement la diminution dans la quantité de matières sortant par le vagin et finalement la guérison.
Un traitement palliatif a été tenté par Mac Keener, Dalhmann, Demarquay, Skinner : il consistait à tamponner le vagin pour forcer les matières à passer par le rectum. 11 n'y eut pas de résultat sérieux.
Bartels, Gussenbauer ont essayé, sans succès, la cautérisation au fer rouge.
L'occlusion du vagin par la suture a été tentée par Jennings; la malade succomba le cinquième jour.
Roux, en 1828, dans l'intention de rétablir par la suture la continuité de l'intestin, fit la laparatomie, disséqua les adhérences qui retenaient l'intestin à l'ouverture vaginale, sutura les deux bouts isolés, les rentra dans le ventre et referma la plaie. La malade mourut et l'autopsie montra que Ruux avait sectionné le bout stomacal de l'intestin grêle ; mais qu'au lieu de sectionner le bout rectal de l'intestin grêle, il avait sectionné le côlon descendant. De plus, il avait abouché le bout stomacal de l'intestin grêle, avec le bout stomacal du côlon; de telle sorte que le bout rectal oupé-
ripbérique de l'intestin grêle continuait à s'ouvrir dans la fistule où il apportait le contenu du bout stomacal de l'ileum par l'intermédiaire du côlon et par un trajet rétrograde, tandis que le bout rectal du côlon s'ouvrait librement dans le ventre.
Casamayor, en 1826, ayant à traiter une femme de quarante-deux ans, chercha à établir une communication directe de l'intestin grêle au rectum. 11 fit construire une pince spéciale dont une branche fut introduite par le vagin dans le bout supérieur de l'intestin, et l'autre introduite par l'anus et le rectum. Les deux branches tenues rapprochées déterminèrent l'escarriticalion des parties saisies et les matières sortirent à la fois par le vagin et par l'anus. On pouvait espérer une gucrison, malheureusement la malade, non encore guérie, mourut de pleuro-pneumonie.
Verneuil et Otto Weber traitèrent cet anus anormal comme ceux qui s'ouvrent à l'extérieur. Verneuil introduisit dans les deux bouts de l'intestin une pince à polypes agissant comme entérolome, et la laissa onze jours en place. Malheureusement l'inflammation détermina l'occlusion du bout inférieur, et l'opération ne donna aucun résultat.
Otto Weber fut plus heureux. Une femme de vingt-trois ans avait eu le vagin déchiré par la main d'un accoucheur maladroit; il s'en était suivi une hernie intestinale et un anus anormal. Weber appliqua dans les deuxbouts de l'intestin un entérotome de Dupuytren modifié pour sectionner l'éperon. Le troisième jour, des matières commencèrent à passer par l'anus. L'entérotome fut laissé en place six jours. L'orifice se réduisit peu à peu jusqu'à un diamètre d'un centimètre. Weber n'avait donc obtenu qu'un succès partiel. Après la mort de cet éminent chirurgien, Heine continua le traitement. Il fit une nouvelle application d'entérotome, puis il aviva les bords de la plaie vaginale, la sutura et, après quelques incidents, obtint une guérison complète.
Les faits, on le voit, sont peu nombreux, mais il semble que dans ces cas, c'est à l'entérotomie et plus tard à la suture qu'il faut donner la préférence.
ARTICLE 111
DES OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR L'UTÉRUS ET SES ANNEXES I. — Dn cathétérismo de l'utérus.
Anatomie. — La cavité utérine, même à l'état normal, offre des dimensions très variables. En générai, d'après Guyoïi, chez