‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 277 sur 307 · OPÉRATION CÉSARIENNE · texte numérisé non relu

OPÉRATION CÉSARIENNE

femme et avec succès, elle est pratiquée tantôt sur la femme morte et alors la seule règle est d'inciser largement pour extraire l'enfant avec plus de promptitude et de sécurité; tantôt sur la femme vivante, et l'on a multiplié les procédés. Les uns ont essayé d'arriver au col utérin sans léser le péritoine, à l'aide d'une incision transversale au-dessus du pubis ou au-dessus de la crête iliaque, ou bien d'une incision oblique parallèle au ligament de Poupart. Les autres, ouvrant le péritoine, ont fait leur incision en travers, entre le muscle droit et le rachis, ou verticale, en dehors des muscles droits. Tous ces procédés sont abandonnés, et l'on préfère à bon droit une incision sur la ligne blanche.

L'incision abdominale se fait sur la ligne blanche avec les mêmes précautions que dans l'ovariotomie. On refoule les intestins, on met à découvert l'utérus et on l'incise couche par couche, rapidement pour éviter la perte de sang. On ménage autant que possible les membranes, jusqu'à ce que l'on ait agrandi suffisamment l'incision de l'utérus. On rompt les membranes, on saisit le fœtus, on l'extrait avec précaution et on lie le cordon. L'enfant enlevé on décolle le placenta et les membranes, on les extrait, et avec les doisfts introduits dans l'utérus, on titille sa face interne pour exciter ses contractions. La suture de la plaie interne a été conseillée et faite par un grand nombre d'opérateurs et déconseillée par un plus grand nombre ; elle parait plus nuisible qu'utile, d'ailleurs elle peut être considérée comme inutile, car en raison du retrait de l'utérus la plaie fort diminuée d'étendue n'a pas de tendance à s'écarter. Quant à la suture de l'abdomen, elle ne doit être faite qu'après que l'utérus est revenu sur lui-même et ne donne plus de sang. Elle peut donc être quelquefois différée d'une heure.

Mayer a trouvé les résultats suivants pour 1605 opérations pratiquées en divers pays.

Opérées. Guéries. Mortes. Mortalité

Angleterre Allemagne

France

Belgique. .

Italie

Amérique .

L'opération a été répétée un certain nombre de fois sur les

mêmes malades; assez fréquemment deux fois, bien rarement trois fois et Michaelis l'a faite quatre fois sur la même femme. Gela tendrait à faire regarder le pronostic comme moins grave pour une récidive d'opération que pour la première.

La mortalité de l'opération césarienne est très élevée. On sait qu'on ne l'avait jamais pratiquée avec succès dans les hôpitaux de Paris; il est plus que probable qu'on sera plus heureux à l'avenir, grâce aux précautions contre la contagion. Gomme pour les amputations et autres grandes opérations chirurgicales, on savait que cette opération toujours mortelle dans nos hôpitaux où elle était faite par des praticiens habiles, réussissait au contraire dans les campagnes entre les mains de médecins beaucoup moins expérimentés. Harris a donné la statistique de 120 opérations césariennes pratiquées dans le nord des Etats-Unis.

Opérées. Guéries. Mortes Mortalité

Dans les grandes villes 33 11 22 66

Dans les petites villes 55 19 36 62

Dans la campagne 32 20 12 37

Pour ceux qui croient à l'influence nocive des germes atmosphériques, il resterait à expliquer cette différence dans les résultats. Mais, ainsi que je l'ai montré en 1865 dans mon livre des maternités, il n'y a pas d'épidémies, il n'y a que des transmissions par contagion. Or, l'accoucheur des grandes villes et surtout ceux des grands hôpitaux, contaminés par leurs malades atteintes de fièvre puerpérale, contaminaient leurs opérées. L'accoucheur de la campagne passant de longues années sans rencontrer de fièvre puerpérale, exempt de tout germecontage, pouvait opérer et guérir sa malade parce qu'il ne la contaminait pas. Aujourd'hui, que sous l'influence d'idées théoriques erronées on se prémunit contre les germes de l'air, on se prémunit par cela même contre la contagion. Qu'importe la théorie pourvu que la pratique soit bonne et l'on peut affirmer que l'on verra l'opération césarienne réussir même dans nos hôpitaux.

Amputation de l'utérws comme complément do l'opération césarienne. Opération de Porro.

Cette opération faite à Boston par Storer en 1868 a été proposée en 1876 par Edouard Porro, professeur d'obstétrique à l'Université de Pavie, et il rappelle que s'il y a été amené, c'est que

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