PRÉFACE. XI
placer avant toute autre considération l'inlérôt du malade, peser avec sagesse, avec prudence les dangers de la maladie et ceux de l'opération, comparer le bénéfice que l'opéré peut en retirer aux périls immédiats qu'elle lui fera courir, livrer le moins possible au hasard, chercher la guérison non dans les interventions brillantes et dangereuses, mais dans les moyens thérapeutiques les })lus sûrs, telle doit être la conduite du chirurgien. Quand il hésitera, quand il se demandera avec anxiété quel parti il doit prendre : qu'il se recueille, qu'il consulte sa conscience, qu'il se demande ce qu'il ferait, ce qu'il conseillerait s'il s'agissait de sa mère, de sa femme, de ses enfants ; que sa réponse dicte sa conduite. Souvent alors, il repoussera les moyens héroïques, mais hasardeux; il fera moins d'opérations, il arrivera, peutêtre, plus difficilement à la notoriété et n'arrivera probablement pas à la fortune; mais il sera sûr d'agir toujours en bon et honnête chirurgien, d'être à l'égard de ses malades le vir bonus medendi pcritiis.
15 avril 1889.
LÉON Le Fout.