‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 62 sur 307 · PERFORATION DE LA MEMBRANE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

PERFORATION DE LA MEMBRANE DU TYMPAN

polype, mais d'empêcher sa repullulation. La cautérisation du pédicule, employée après la plupart des procédés, n'y réussit pas toujours ; on a essayé alors la compression, soit avec l'éponge, soit avec une canule de bois ou de métal; et quelquefois encore on a trouvé le mal si rebelle, qu'on a été obligé d'y renoncer.

J'ai eu l'occasion d'observer un cas de polype cancéreux de l'oreille, je le détruisis avec la cautérisation par la pâte de Canquoin logée dans l'intérieur d'une plume d'oie dont je re-

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Perforateur de Bonnafont.

tranchai la partie correspondant au point qui devait être cautérisé. Le mal ne put être atteint dans son point de départ, car il avait pour origine les Cellules mastoïdiennes; il envahit l'oreille interne et se fit jour à la peau en arrière du pavillon.

YII. — Perforation de la uienibrane du tyuipan.

Tentée pour la première fois par Cheselden, pratiquée par Eli, reproduite et régularisée par A. Cooper, abandonnée plus tard et remise en honneur par Bonnafont, Gruber, etc., la perforation du tympan est pratiquée dans l'obstruction de la trompe d'Eus-

MALGAIGNE ET LE FORT. — 9'' édit. II. — 9

tache, lamyringite, les suppurations de l'oreille moyenne. Elle se fait par la ponction, les caustiques ou l'excision.

1° Ponction. Procédé d'A. Cooper. — 11 se sert d'un petit trocart courbe, dont la pointe ne dépasse que de 3 millimètres tout au plus l'extrémité de la canule. On place le malade de manière que la lumière solaire tombe directement sur le conduit auditif; le chirurgien, assis, tire d'une main le pavillon en haut et en arrière pour effacer autant que possible la courbure de ce conduit ; puis, tenant son trocart comme une plume à écrire, la pointe tout à fait rentrée dans la canule, il le porte vers la partie inférieure et antérieure de la membrane du tympan; quand il est au contact, il pousse la pointe du trocart et Ifaverse ainsi la membrane. Les vaisseaux intéressés dans cette opération sont si petits, qu'ils donnent à peine du sang; s'il en sort une certaine quantité, c'est qu'on a atteint d'autres parties. Quand l'opération réussit, le malade recouvre l'ouïe immédiatement.

Cette ponction ne produit qu'une petite ouverture sans perte de substance, et conséqaemment sujette à s'oblitérer. Buchanan, employant un trocart quadrangulaire, qu'il tournait et retournait dans la plaie, n'obtenait pas d'avantage. De là les procédés suivants.

2° Cautérisation. — Richerand avait proposé le nitrate d'argent; Ménière a adopté ce procédé. Il se sert d'un crayon très pointu de nitrate, légèrement humecté; ce crayon, porté contre la membrane tympanique, la traverse sans difficulté, et fait une ouverture dont les bords ne tendent pas à se refermer. Ménière n'a jamais vu d'inflammation très aiguë succéder à cette opération.

S'* Excision. — Himly le premier imagina un emporte-pièce fort imparfait, perfectionné depuis par Fabrizi (de Modène) et par Deleau. L'instrument de ce dernier consiste dans une canule à extrémité tranchante, renfermant une tige évidée en tire-bouchon, et terminée par un petit disque mince dont la circonférence offre également un tranchant qui regarde celui de la canule. L'instrument porté jusque sur la membrane du tympan, on fait marcher la tige par un mouvement de rotation; elle pénètre à la façon d'un tire-bouchon à travers la membrane; et lorsqu'elle est arrivée à 2 ou 3 millimètres au delà, un ressort qui se détend ramène avec force le disque tranchant contre la

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