IX. — Catlictéi'isiuc de la trompe d^Eustaclie
Anatomie. — La trompe d'Eustache est un conduit demiosseux, demi-cartilagineux et membraneux, faisant communiquer la caisse du tympan avec le pharynx. Elle descend obliquement en dedans et en avant, en faisant avec le conduit auditif externe un angle d'environ 135". Sa longueur varie de 3:2 à 4^2 millimètres, dont 10 à 15 pour la portion osseuse. A l'union de la portion osseuse avec la portion cartilagineuse, elle offre un rétrécissement considérable; en sorte que, son diamètre vertical en ce point étant de 3 millimètres et plus, le diamètre transversal aurait, selon Duverney, Kramer et Huschke, environ un demi-niillimètre; selon Richet, 1 millimètre; selon Sappey 2 millimètres. Sur cinq temporaux à l'état sec, Malgaigne a trouvé deux fois ce diamètre égal à un demi-millimètre, deux fois à 2 millimètres; le dernier avait une largeur intermédiaire. Mais il convient d'ajouter que la muqueuse qui revêt ce conduit en doit encore rétrécir le calibre. A partii- de ce point, la trompe va en s'élargissant vers son orifice supérieur, et plus encore vers l'inférieur; celui-ci présente 6 à 8 millimètres de hauteur sur 3 à A de largeur. Sa position avait été fort mal précisée. On avait bien dit qu'il se trouve à 6 centimètres environ de l'orifice antérieur des narines, et à 5 millimètres en arrière de leur orifice postérieur; mais les uns relevaient au niveau du méat moyen, les autres au moins vis-à-vis de l'attache du cornet inférieur. Il répond directement à la paroi externe du méat inférieur, à distance à peu près égale et du plancher et de l'insertion du cornet. Il regarde en bas, en dedans et en avani, et il est entouré en haut et en arrière d'un bourrelet assez sensible; en sorte que si l'on conduit le bec de la sonde le long du plancher des fosses nasales, arrivé au niveau de cet orifice, il n'a besoin que d'être relevé par un mouvement de rotation d'un quart de cercle en dehors, pour y pénétrer de lui-même.
De ces dispositions il résulte que, pour sonder la trompe d'Eustache par la narine correspondante, deux procédés se présentent : l'un qui conduira la sonde le long du plancher nasal, sauf, lorsqu'elle sera arrivée au pharynx, à lui faire exécuter un
CATHÉTÉRTSME DE LA TROMPE D'EUSTAGIIK. 149
mouvement de rotation; l'autre qui fera suivre à la sonde la paroi externe du méat inférieur. Le premier est le procédé ancien; l'autre appartient à Triquet.
La sonde dont on se sert est recourbée comme une sonde de femme, et ouverte à son extrémité pour transmettre les injections au besoin. La sonde ordinaire, décrite par Boyer, olfre une courbure de 136°, avec une portion recourbée longue de 13 à li millimètres; Gairal préfère une courbure de 145", en donnant à la portion recourbée une longueur de 54 millimètres, ce qui dépasse toutes les bornes ; Triquet a réduit la portion recourbée à 6 millimètres, avec une courbure si légère, que le bec ne s'écarte pas de plus de 3 à 4 millimètres de l'axe de l'instrument. Cette dernière sonde est parfaitement suffisante, et beaucoup plus facile à diriger que les autres.
[''Procédé ancien. — Le malade assis sur une chaise, la tête légèrement renversée et appuyant contre un dossier, le chirurgien, placé devait lui et un peu de côté, saisit la sonde comme une plume à écrire, en présente le bec à rorifice de la narine correspondant à la trompe obstruée, et la fait glisser rapidement sur le plancher des fosses nasales, la convexité regardant en dedans et un peu en haut, la concavité en bas et en dehors. A 5 ou 6 centimètres de profondeur, on arrive sur le voile du palais, \:e qu'annonce un mouvement soudain de déglutition involontaire. On relève aussitôt le bec en dehors et en haut par un mouvement de rotation imprimé à la tige, suivant la paroi externe de la narine, de manière à arriver au niveau de la partie moyenne du méat intérieur ; ei en continuant de pousser dans cette direction, à 5 millimètres plus loin ou tombe dans le pavillon de la trompe. On y enfonce la sonde suftisamment,en usant toutefois d'une pression modérée (fig. 471),
On a cherché de diverses manières à assurer plus d'exactitude à ce procédé.
Ainsi, pour mieux juger de la profondeur à laquelle se trouve la trompe, Itard commençait par mesurer avec la sonde la distance qui sépare le rebord dentaire supérieur de la base de la luette, estimant c tte distance égale à celle qui sépare le bord postérieur de la narine de la trompe même.
Pour mieux régler ensuite le mouvement de rotation, Gairal conduisait le bec de la sonde juste à l'extrémité du plancher osseux, et là lui faisait décrire un quart de cercle par un léger mouvement de rotation en dehors ; sa sonde porte à cet effet, sur
les diverses faces du pavillon, des chiffres qui indiquent à l'opérateur quand le mouvement est complet; après quoi, en avançant de quelques millimètres, on arrive à l'orilîce.
Kramer, au lieu de chercher la trompe d'avant en arrière, préfère la chercher d'arrière en avant. En conséquence, il pousse directement sa sonde dans le pharynx, etMénière ajoute : jusqu'à la paroi postérieure du pharynx. Alors il la retire doucement en dehors, tout en lui faisant décrire un mouvement de rotation sur son axe qui porte le bec en dehors ; on sent ainsi le
FiG. 471.