III. — Restauration do la soas-cloison du nez
Cette opération a été tentée dans trois cas différents : l" après une opération de rhinoplastie oi!i la portion destinée à former la
sous-cloison avait été gangrenée, Dieffenbach emprunta un lambeau à la lèvre supérieure; 2° dans certains cas de bec-de-lièvre compliqué : nous en traiterons plus tard; 3° dans un cas de destruction complète par suite d'ulcère, avec destruction du cartilage même à 15 ou 18 millimètres de hauteur. Voici le procédé suivi en cette occasion par Dupuytren.
Procédé opératoire. — Le chirurgien armé d'un bistouri à lame très étroite commença par rafraîchir ce qui restait de la cloison, puis il tailla le lambeau nécessaire sur la lèvre supérieure, sur la ligne médiane, sans aller toutefois jusqu'au bord libre delà lèvre, et en ne comprenant que la moitié de son épaisseur. II eut soin aussi de faire remonter l'incision latérale du côté gauche un peu plus que celle du côté droit. Le lambeau, disséqué suivant ces données, fut retourné en tordant son pédicule de gauche à droite, et fixé à la pointe du nez à l'aide de deux aiguilles. Deux autres aiguilles réunirent par première intention la plaie faite à la lèvre; deux tampons de charpie, enduits de cérat, furent placés dans les narines pour les maintenir ouvertes; et le tout fut maintenu par des bandelettes agglutinatives.
L'opération réussit; mais la torsion du pédicule laissait une saillie désagréable, et la sous-cloison offrait également une largeur difforme; enfin, le bout du nez tiraillé par la cicatrice donnait à cet organe une forme aplatie. Gensoul, consulté plus tard par l'opéré, y remédia de la manière suivante.
La base du lambeau fut cernée par une incision en V, et la perle de substance qui en résulta pour la lèvre fut facilement réunie par une aiguille. Puis le chirurgien enleva, à l'aide de deux incisions, une bandelette médiane dans toute l'étendue de la souscloison, et réunit les deux portions latérales à l'aide d'un point de suture entrecoupée. L'opération eut un plein succès; seulement, plusieurs années après, Velpeau a constaté que la sous-cloison faisait par en bas une saillie trop forte, et que le lobule du nez avait subi un léger abaissement.