‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 70 sur 307 · RESTAURATION DE L'AILE DU NEZ · texte numérisé non relu

RESTAURATION DE L'AILE DU NEZ

(le la perte de substance par une incision parallèle au dos du nez ; on prolonge de même le bord externe par une incision qui monte obliquement au sommet de la précédente, en circonscrivant un V renversé, et Ton enlève les téguments compris entre les deux branches. Cela fait, le côté externe du \ devra former le côté interne d'un lambeau quadrilatère pris sur la joue et ayant sa base en haut; en sorte qu'une légère inclinaison en dedans l'amènera juste sur la brèche à combler.

Mais de cette manière, l'aile du nez nouvellement refaite confine à la cicatrice laissée sur la joue, et risque d'être attirée en dehors par la rétraction du tissu inodulaire. Psélaton a paré à cet inconvénient d'une façon très ingénieuse par le procédé suivant.

Procédé de Nélaton. — Il décrit le V renversé et enlève les téguments excédants à l'ordinaire. Mais pour tailler le lambeau, il fait partir du sommet du \ une incision parallèle à sa branche externe, et à quelques millimètres en dehors; ce sera là le côté interne du lambeau quadrilatère qu'il achève de disséquer à l'ordinaire. Il le ramène pareillement sur le nez par un mouvement d'inclinaison, mais avec cette différence qu'il le loge en dedans de la bandelette de téguments laissée intacte, laquelle le séparera de la cicatrice future de la joue, et le défendra ainsi d'une trop forte rétraction en dehors.

Lorsque la perte de substance est légère, Diefîenbach a imaginé et appliqué avec succès un procédé d'un tout autre genre, qui masque la difformité en opérant une nouvelle perte de substance au lieu de réparer l'ancienne.

Procédé de Dieffenbach. — On introduit un bistouri dans la narine du côté où manque l'aile du nez, en longeant avec l'instrument la cloison nasale, et l'on divise de dedans en dehors, et longitudinalement, la partie moyenne du dos du nez jusqu'au bord libre de l'os nasal de ce côté. Ceci étant fait, à la partie supérieure de l'incision on applique le tranchant du bistouri transversalement sur la moitié du nez du côté sain, et on la divise depuis le dos du nez jusqu'au point où il se confond avec la joue, en donnant à cette incision une direction un peu oblique en bas et en arrière, à peu près parallèle au bord libre des os du nez. On réapplique le bistouri à quelques millimètres au-dessous de cette section, de manière à diviser de nouveau cette moitié du nez dans toute son épaisseur, et, en rejoignant la première section à la base, à emporter une tranche de tissus de la forme d'un coin.

Ceci a pour but de donner aux deux moitiés latérales du nez la même longueur, et en conséquence, l'épaisseur de la tranche à enlever doit être réglée d'après l'étendue de la perte de substance qui constitue la difformité.

11 reste maintenant à réunir les parties, savoir : la partie inférieure de la moitié saine du nez à sa partie snp 'Heure, et ensuite cette partie latérale ainsi recousue à la moitié lésée. Uieffenbach pratiquait cette réunion à l'aide d'épingles à insectes dont il recourbait de chaque côlé les extrémités. On pourrait aussi bien se servir de la suture entrecoupée.

Le résultat de cette méthode est de diminuer la longueur du nez et d'en relever le bout, de manière à laisser à l'opéré, au lieu d'un nez grec ou aquilin, un nez retroussé où à laKoxelane; et le résultat est véritat)lement très remarquable. iMais si le nez était déjà retroussé naturellement, le procédé serait diflicilement applicable, et il in serait de même si une perte de substance trop considérable forçait à diminuer à l'excès la longueur du nez.

V. — Rétablissement du nez enfoncé par destruction de la cloison nasale.

Cette difformité est assez commune à la suite d'ulcères scrofuleux ou syphilitiques; et il est remarquable qu'aucun chirurgien n'ait songé à y remédier jusqu'à Dieffenbach et Mali^'^aigne.

Le procédé de Uieffenbach, peu digne d'un si éminent chirur-^ gien, consistait à séparer d'abord avec le bis'ouri le nez des deux joues, à le fendre ensuite sur la ligne médiane, et à recoudre toutes ces incisions avec la seule précaution de tailler leurs bords en biseau pour empêcher les lambeaux de se replier en dedans. Personne, que je sache, n'a eu l'idée de l'imiter. 11 y a cependant un détail de ce procédé qui ne devait pas rester perdu.

Une fois le nez recousu, comme dernier temps de l'opération, le chirurgien traversa d'un côté à l'autre les téguments disséqués de la joue, en passant par-dessous le nez nouveau une aiguille longue et mince, garnie à sa tête d'un morceau de cuir arrondi, et dont il roula la pointe en forme de spirale avec une tenette. Cette aiguille tendait, en rapprochant l'une de l'autre les faces latérales du nez avec les bords correspondants des joues, à augmenter la saillie de l'organe.

Procédé de Malgaigne. — Je commence, dit-il, par séparer l'aile gauche du nez de ses adhérences à la joue, en suivant exac-

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