DES POLYPES DES FOSSES NASALES
On distingue essentiellement, au point de vue chirurgical comme au point de vue analomique, les polypes muqueux, quelquefois fibro-muqueux occupant les fosses nasales, et ]es polypes
fibreux, siégeant do préférence à la partie postérieure et dans le pharynx, d'où leur vient le nom de polypes naso-pharyngiens.
î. — Oes polypes luuqucux.
Ces polypes, très mous, sont constitués par une membrane extérieure lisse, poli^^, d'une couleur blanc sale ou rougeâtre, et d'un tissu cellulaire gorgé de sérosité et reufermiint quelquefois des vésicules distinctes. Ils paraissent s'implanter le plus souvent entre les cornets supérieur et moyen, près du sinus maxillaire, quelquefois à la paroi supérieure, bien rarement sur la cloison des fosses nasales; et quoiqu'ils puissent aussi se porter en arrière, presque constamment ils se développent en avant, de manière à sortir par les orifices antérieurs des narines.
C'est aussi par là qu'on les attaque. On a consfàllé de les traiter par les injections astringentes, de les toucher avec divers caustiques, nitrate d'argeni, beurre d'antimoine, etc. Ces moyens sont d'une valeur très équivoque, et les caustiques puissants offriraient des dangers réels. Les seuls procédés convenables sont V arrachement, l'excision et la ligature.
1° Arrachement. — Le malade assis en face du jour, la tête renversée en arrière et soutenue par un aide, le chirurgien écarte l'aile du nez avticles doigts de lamain gauche, et de l'autre main introduit les pinces à polypes bien fermées; il les ouvre dès qu'il arrive sur la tumeur, et les fait pénétrer aussi loin que possible. Quand le polype est bien saisi, on ferme solidement les pinces, et on les fait tourner sur elles-mêmes, toujours dans le même sens, sans aucune traction d'abord; puis, quand on juge que la torsion de la portion s;iisie est suffisante, on relire les pinces à soi et on l'arrache; et l'on recommence ainsi jusqu'à ce que la totalité du polype soit extraite.
On peut aussi bien essayer d'attirer à soi le polype sans torsion préalable. Si le polype cède et s'avance vers l'oritice îles narines, on prend une seconde pince semblable à la première, ou bien encore une pince à torsion avec laquelle on le saisit près de sa racine, et l'on continue les mêmes manœuvres jusqu'à ce queJ'onsoit parvenu à rompre cetty racine ou à l'attirer entièrement au dehors.
Quelquefois le polype se déchire, et il faut recommencer l'opération à plusieurs reprises ; ou bien encore l'eilusion du sang est si forte qu'elle masque les objets, et force de remettre l'opération à un autre jour.