‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 86 sur 307 · V. — Cancer de la lèvre · texte numérisé non relu

V. — Cancer de la lèvre

Le cancer delà lèvre peut être borné à une petite tumeur, ou bien envahir la lèvre entière et même les tissus voisins, quelquefois enfin il s'étend jusqu'à l'os maxillaire. Dans le premier cas, on emploie la cautérisation et l'excision ; dans le second, les divers procédés de chéiloplastie, auxquels il faut joindre dans le troisième cas la résection de l'os maxillaire. 11 ne s'agira ici que de la cautérisation et de l'excision.

1° Cautérisation. — On emploie le chlorure de zinc ou la pâte arsenicale, en suivant d'ailleurs les règles générales.

^^ Incision, Procédé de Richerand. — 11 consiste à enlever la portion affectée par une incision en demi-lune qu'on pratique sur le bord labial à l'aide du bistouri ou de ciseaux courbés sur le plat, et qui ne laisse à la suite qu'une échancrure peu profonde; la plaie, pansée à plat, se recouvre d'une cicatrice qui en diminue de beaucoup l'étendue primitive.

Procédé en V. — Le procédé précédent a l'inconvénient de retrancher le bord muqueux delà lèvre et de laisser une difformité. Il est préférable de cerner le mal par deux incisions formant un V allongé dont la base répond au bord libre de la lèvre et dont le sommet descend plus ou moins bas suivant l'étendue du mal et la largeur de la partie enlevée. On réunit par des points de suture entrecoupés, en veillant à ce que l'affrontement soit bien exact et du côté du bord libre.

Quand la perte de substance est considérable, on emploie un des procédés de chéiloplastie que nous allons décrire.

Il faut surtout se préoccuper de l'état des ganglions. Il n'est pas rare de voir la récidive ne pas se faire du côté de la lèvre, tandis que les ganglions à peine développés lors de l'opération sont le siège d'une récidive. Celle-ci, dans ces circonstances, est toujours très grave. Aussi, si les ganglions existent, lors de l'excision de la lèvre, il faut prolonger l'angle du V jusqu'au menton, faire tomber à ce niveau deux incisions parallèles au bord inférieur de la mâchoire et enlever avec soin toutes les parties suspectes. L'épithélioma des lèvres est peu sujet à la récidive; si les ganglions sont envahis, la récidive est presque fatale et elle se reproduit malgré les opérations. Il importe donc d'opérer de bonne heure.

MALGAIGNE ET LE FORT. — 9'= édit. II. — 12

Cliéiloplastie de la lèvre inférieure.

C'est principalement pour la lèvre inférieure, plus sujette au cancer que l'autre, que l'on a multiplié les procédésautoplastiques. Ils se rapportent tous aux trois procédés généraux de la méthode de Gelse.

Le procédé le plus anciennement employé et auquel on rattache le nom de Celse n'est autre que l'incision en V appliquée soit à l'ablation du cancer, soit au rafraîchissement de la perte

FiG. 508.

Procédé de Celse.

de substance. On dissèque ensuite les deux portions de la plaie, et on les détache de l'os sous-jacent assez loin pour qu'elles puissent prêter et se rejoindre sur la hgne médiane, où on les réunit par suture (fig. 508).

Ce procédé est fort utile pour les cancers peu étendus, mais n'est pas applicable aux autres. Dans quelques cas où le mal occupait toute la Jèvre et s'étendait même au delà des commissures, J.-N. Roux a eu recours au procédé suivant.

Procédé de J.-N Roux. — Il commence par enlever le cancer au moyen d'une incision semi-lunaire à concavité supérieure. Si le mal s'étend au delà des commissures, il prolonge celles-ci sur les côtés aussi loin qu'il est nécessaire, par des incisions transversales qui passent au-dessus du cancer; et c'est aux extrémités

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