‹ Manuel de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 96 sur 307 · III. — Extirpation de la glande parotide · texte numérisé non relu

III. — Extirpation de la glande parotide

Anatomie chirurgicale. — La parotide offre dans sa totalité en quelque façon la forme d'une pyramide irrégulière, dont la base ovalaire regarderait en dehors et le sommet en dedans. Recouverte par la peau et par du tissu cellulo-graisseux plus ou moins abondant, en haut elle est exactement limitée par l'apophyse mastoïde, la portion postérieure de la cavité gïénoïde et l'articulation temporo-maxillaire ; en arrière elle est longée par le muscle sterno-mastoïdien, dont elle est séparée par un tissu fibreux très dense qui sert à la fois de gaine d'enveloppe au muscle et de capsule à la glande ; en bas elle descend à quelques millimètres au-dessous du niveau de l'angle de la mâchoire, et elle est exactement cernée par une capsule fibreuse, qui en ce point lui appartient en propre et la sépare de la région sus-hyoï-

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clienne. En avant, elle est moins régulièrement disposée; elle envoie d'abord sur le masséter des prolongements assez minces, fort adhérents à la capsule du côté de la peau, faciles à détacher du muscle par leur face profonde. Elle se resserre ensuite entre le sterno-mastoïdien et le bord de l'os maxillaire; mais au-dessous, elle plonge sous cet os et le ptérygoïdien interne qui s'y insère, et se porte en avant à peu près dans la même étendue qu'audessus du masséter, séparée d'ailleurs des muscles ptérygoïdiens par sa capsule, à laquelle elle adhère très peu. Enfin, en dedans ou par sa face profonde, elle repose sur les organes suivants : 1° en arrière, le muscle digastrique, appuyé sur l'apophyse transverse de l'atlas qui la soulève ; 2° plus en avant et plus profondément aussi, l'apophyse styloïde et les tendons qui s'y attachent; o° plus en avant enfin, l'artère carotide interne. Mais il faut se rappeler que la glande est séparée de toutes ces parties par de fortes aponévroses qui concourent à compléter sa capsule : ainsi d'abord du digastrique par l'aponévrose d'enveloppe de ce muscle, laquelle aponévrose va se rattacher au-dessous de lui à l'apophyse transverse de l'axis ; de cette saillie osseuse à l'apophyse styloïde est tendue une lame fibreuse des plus fortes, qui sépare la parotide delà veine jugulaire interne; et de l'apophyse styloïde, la capsule, également très forte, s'étend en avant sous le ptérygoïdien interne, en bas va s'insérer à l'angle de la mâchoire, et sépare la glande de l'artère carotide interne, qui en est bien plus éloignée encore inférieurement par les muscles styloïdiens. Je noterai enfin que la carotide interne est séparée à ce niveau de la veine jugulaire, par une lame fibreuse très forte qui descend du bord postérieur du trou carotidien.

Outre ces rapports de voisinage si importants, la parotide est traversée de bas en haut par la veine jugulaire interne, plus rapprochée de la face profonde que de la surface de la glande, mais qui est toujours coupée quand on enlève celle-ci en totalité. On a cru qu'il en était de même de l'artère carotide externe; mais des recherches spéciales, dues à Denonvilliers, ont montré que tantôt la glande est traversée par la carotide externe, mais que d'autres fois, et le plus souvent peut-être, l'artère est logée dans une gouttière creusée à la surface de la glande, en sorte que celle-ci peut être énucléée sans lésion du vaisseau. Triquet, qui a repris ces recherches, a indiqué quatre variétés de rapports : 1° la plus fréquente, où la glande fournit une gouttière à l'artère; 2" une seconde, dans laquelle l'artère traverse la glande' qui lui forme un canal complet ; 3° une troisième, où l'artère passe en avant de la glande, mais cachée par le bord postérieur

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