‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 114 sur 232 · V. — Exostoses proprement dites · texte numérisé non relu

V. — Exostoses proprement dites

J'entends par là des tumeurs entièrement osseuses, où l'on ri trouve le tissu osseux à l'état spongieux, à l'état compacte, quelque fois même à l'état éburné, et enfin continu avec l'os primitif.

Les exostoses se présentent tantôt presque à nu sous la pean tantôt cachées plus ou moins profondément sous les muscles ; tanti elles tiennent à l'os par un pédicule, et tantôt elles ont une baj large et qui semble se confondre avec le reste de l'os. Lorsqu'elM sont superficielles et à large base, Boyer conseille d'attaquer la II meur en divers points avec le trépan perforalif, ou par plusieuu traits de scie perpendiculaires à sa base et se croisant sous diveî angles, afin d'éprouver moins d'obstacles à faire sauter les portioD

DES EXOSTOSES. 37>1 d morcelées avec le ciseau et le marteau, ou par un trait de scie

TaTiontraire il n'y avait qu'un pédicule, on agirait directeat sur ce pédicule, soit avec la scie, soit avec le ciseau et le

yiais lorsque l'exostose est cachée sous des muscles épais, ou a on sépare les fibres musculaires pour faire saillir la tumeur au vers ou l'on coupe directement les muscles, qu'on ne peut merer Dans un cas où l'exostose siégeait sous le deltoïde, A. Dubois 'deux incisions verticales parallèles sur les côtes et a quelque Itance de la tumeur, à travers lesquelles il put passer une lame

scie pour agir sur le pédicule. Roux a imité ce procède dans un f semblable, et avec le plus heureux succès. Mais ayant essaye

l'appliquer à des exostoses du fémur, situé sous le muscle trias il parvint bien à scier le pédicule; mais la tumeur était telleint adhérente à la face profonde des muscles qu'il fallut les cour en travers pour l'extraire.

J'ai eu à traiter une exostose née de l'apophyse transverse de me des dernières vertèbres cervicales, et qui soulevait a la lois ïtère sous davière et le plexus brachial. Llle déterminait de tresres douleurs dans tout le bras; cependant sa position avait deirné plusieurs chirurgiens d'y toucher. Je fis au côte externe de xostose une incision qui me permit, en y portant un crochet Dusse de ramener en dedans le plexus et l'artère ; et après avoir gagé 'le pédicule, j'allai le couper aussi profondément que pos- 3le avec des tenailles incisives.

Lorsque l'ossification est complète, la tumeur ne fait plus de profès et on l'enlèverait même incomplètement, qu'elle n'a aucune ndànce à récidiver. Mais quelquefois elle offre à sa base un tissu ongieux qui communique avec la cavité médullaire , et de la un inger sérieux. Houx a perdu un de ses opérés après l'ablation une exostose du fémur, probablement pour cette cause; j'ai eu même malheur à la suite de l'ablation d'une exostose huinerale ; julopsie démontra cette fois l'inflammation suppurative de ce tissu )ongieux et de la cavité médullaire avec laquelle il communiquait.

YI. — Des tumeurs fongueuses des os ou tumeurs mycloïdes.

Il s'agit ici de ces tumeurs bizarres, tantôt dures, tantôt ramoles, quelquefois pulsatilcs, offrant à l'œil nu un tissu rougeatre à

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diverses nuances, qui à l'état dur a pu être pris pour des raiih ibrineux {tumeurs fibreuses ou hématiqnes de Velpeau ) et 1 état ramolli pour du tissu encéphaioïde. Comme alors aussi ell s allaissent sous la pression, comme une ponction exploratrice tau sortu' du sang, on les a prises pour des tumeurs éreclil.^ Koux les appelait spécialement tumeurs fongueuses sanguines; D puytren croyait y voir un fongus hématode. Enfm, lorsqu''ell présentent des pulsations, elles ont reçu le nom â'anévrysmes des . Les recherches microscopiques n'ont fait découvrir jusqu'à pi sent m tumeurs sanguines, ni tissu érectile, ni anévrysmes dans 1 os; et ces tumeurs paraissent essentiellement formées par des él ments de la moelle. On sait que chez le fœtus la moelle est rouo elle présente aussi le même aspect dans le tissu spongieux chez I adultes ; et le microscope y démontre particulièrement une surabo dance de vaisseaux et des plaques spéciales dites myéloplaxes. 1 là le nom de tumeurs myéloîdes; mais comme la moelle contir d'autres éléments, Eugène Nélaton les appelle tumeurs à myd pîaxes.

Au total, un grand progrès s'est opéré dans la connaissance ces tumeurs ; s'il est vrai qu'elles peuvent bien récidiver sur plat comme les exostoses cartilagineuses , mais qu'elles n'ont aucuu tendance diathésique, et se séparent ainsi absolument des cancer le traitement chirurgical en recevra lui-même une vive lumièr La résection et l'amputation, auxquelles on recourait souvent prime abord, ne devront plus être considérées que comme des re sources extrêmes ; et la première indication sera d'attaquer la tl meur même.

Les procédés usités contre les tumeurs érectiles n'ont plus i sens ici, puisque la nature est tout autre; et il faut s'attacher à et tirper la tumeur ou à la détruire.

Ces tumeurs siègent sous le périoste ou dans l'intérieur de l'oi A ces deux variétés j'en ajouterai une troisième, celle des lumeuu pulsatiles.

1° Tumeurs sous-périostales. — Elles se présentent assez frf quemmentaux os maxillaires, sous forme d'épulis; l'excision supe* ficielle n'en préviendrait pas le retour; il faut évider l'os avec gouge jusqu'au tissu sain; et si la gouge ne suffit pas, recourir ài cautérisation. Il en serait de même sur les autres parties du squo lette exposées à l'extérieur.

Dans deux cas où une tumeur de ce genre occupail le sinus maxii laire.. je commençai par enlever avec un fort bistouri en serpet-i toutes les parties altérées, soit des gencives, soit de l'os; puis j'iii

DES TUMEURS MYÉLOIDKS.

jjduisis lè doigt dans le sinus pour écraser le tissu fongueux et allasse qui le remplissait. Cet écrasement amena une véritable lie de sang, que j'arrêtai par le tamponnement à queue de cerflaut. Ce tamponnement avait un autre objet, qui était de détermi- I l;i suppuration, et parla même la transformation de tout le tissu n bide à l'intérieur du sinus. Les suites furent des plus satisfaiiiles; les deux sujets sortirent du vingt-cinquième au vingt-huime jour, guéris selon toute apparence; et chez l'un d'eux revu mois plus tard, tout suintement muco-purulent du sinus dans la uche avait complètement cessé.

2° Tumeurs intra-osseuses. — 11 faut les mettre à nu par des in- ;ions convenables, enlever la coque osseuse extérieure, et, si la vité est régulière, se borner à détruire le tissu morbide et àproquer la suppuration.

Dans une tumeur de ce genre siégeant sur l'os maxillaire infé- !;ur, le kyste se trouvant divisé en plusieurs loges, Nèlaton, après voir ruginé avec la gouge autant que possible, crut devoir applier sur toute sa surface interne une couche de pâte de chlorure zinc. Le sujet guérit parfaitement, et deux ans après il n'y avait icune menace de récidive.

Si enfin le kyste avait aminci l'os au point de lui ôter toute idité, ou encore si le tissu morbide s'étalait au loin sans être tiité par une coque osseuse, on recourrait à la résection ou à l'amtation.

5" Tumeurs pulsatiles . — On les a rencontrées surtout au membre 'érieur, dans les condyles du fémur, sur la tête du tibia, ou sur le du péroné.

I Outre les opérations déjà indiquées, on a tenté la ligature de l'ar- •e fémorale. Je l'ai pratiquée une fois sans succès pour une tu- ;ur de la tête du péroné, et elle semble tout au plus capable irrêter Tes progrès de la tumeur en faisant cesser ses battements ; lis on a toujours à craindre de voir ceux-ci reparaître par le fait la circulation collatérale. Ils étaient revenus chez mon malade bout de deux mois et demi ; chez un opéré de Nélaton, ils tarrent moins encore. On a cependant cité plusieurs succès obtenus 'aide de la ligature de la fémorale, par Dupuytren, Lallemand et •ux; mais peut-être les observations n'ont-elles pas été poussées sez loin. L'opéré de Roux, revu un an après, n'offrait aucune ice de récidive; celui de Dupuytren demeura même guéri pennt sept ans. Mais après ce temps la tumeur reparut et grossit si

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rapidement, que Dupuylren lui-même ne vit d'autre ressource qu l'amputation.

Au reste, j'ai pratiqué dans le cas déjà cité la résection de la lêl du péroné, et deux ans après rien n'avait reparu.

ARTICLE III

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