DES AMPUTATIONS DANS LA CONTINUITÉ EN GÉNÉRAL
Tous les procédés mis en usage jusqu'à ce jour ont été rattacl à cinq méthodes^ dites méthode circulaire, méthode à un ou de lambeaux, méthode ovalaire et méthode elliptique. C'est là u classification trop superficielle, qu'il est temps de réduire à juste valeur. Le but commun, ainsi qu'il a été dit, est de ménaj assez de chairs et de téguments pour recouvrir les os ; mais il ^ deux manières d'y arriver : tantôt les bords des diverses incisi sont rapprochés d'un côté à l'autre, en sorte que la réunion s'opt vis-à-vis des os ; tantôt les os sont pleinement recouverts, el réunion s'opère sur le côté. De là deux méthodes capitales embrassent toutes les autres, désormais réduites au rang de p cédés généraux ou de méthodes secondaires : ainsi, la premièj
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méthode à réunion médiane ou opposite, comprend les méihodf. circulaire, à deux lambeaux, et ovalaire ; à la seconde se ralla chont la méthode à lambeau unique e.t l'incision elliptique.
Toutes se pratiquent' d'ailleurs avec les mêmes instruments : U couteaux et le bistouri pour les parties molles, la scie, les ci&aillç et les- tenailles incisives pour les os. Nous avons parlé ailleurs d la plupart de ces instruments ; il no sera pas inutile d'ajouter i( quelques mots sur les couteaux à amputation.
A part la longueur de- leur lame, ces couteaux se dislinguei surtout selon qu'ils sont à un ou à deux tranchants. Les premiei sont à tranchant droit ou concave, avec la pointe aiguë ou émeus sée. Disons d'abord que la pointe mousse prive le couteau d'un partie de ses avantages, et que le tranchant concave, destiné faciliter la section, a un résultat tout opposé. Un couteau bien fa doit ressembler au bistouri droit, avoir sa pointe sur l'axe de 1 lame, afin que le tranchant soit légèrement convexe; et j'ajouter,le dos légèrement aminci en biseau sur les deux faces pour dimi nuer le poids de l'instrument sans rienôterà la force du tranchant et pour lui permettre de traverser facilement les chairs.
Le couteau à deux tranchants ne sert que dans deux circon stances : d'abord pour traverser toute répaisseui" d'un membre lorsqu'on taille un lambeau par tramfixion ou de dedans en dehor; puis pour diviser les muscles interosseux. Dans le premier cas, n'offre aucun avantage sur le couteau simple, et déjà le histoui simple est seul employé pour tailler les lambeaux par transDxio au pied et à la main. De plus, le tranchant dorsal a pour eff( d'affaiblir la pointe, qui se hcise au moindre choc contre les os; t enfin, dans les mouvements de va-et-vient, il expose à blesser le nerfs et les artères dans la longueur du lambeau. Pour la seclio des muscles interosseux, c'est un fort mauvais instrument, et déj^ J. L. Petit le remplaçait avec avantage par un simple bistouri. A total, le couteau à double tranchant est donc plus nuisible qu'utile et doit disparaître des boîtes à amputation.
l. — Mcdiode iV réunion médiane on opposite*
I. MÉTHODE CIRCULAIRE. — A peine s'il est utile de rappelé qu'au xvi" et auxviu" siècle, on se contentait de relever la peau 1 plus possible ; après quoi l'on coupait d'un seul coup les partie jusqu'aux os, que l'on sciait au môme niveau. Déjà cependant le anciens avaient compris la nécessité de laisser les chairs un pe plus longues, afin de recouvrir les os ; de là le procédé décrit P'i
else, imité au KViii* siècle par Louis, et qui consiste à couper du remier coup les muscles avec la peau, puis d'un second coup à Lviser les muscles adhérents à l'os au niveau de la rétraction des itres. Aujourd'hui, la section des muscles se fait généralement ii-dessus du niveau de celle des téguments ; et quelle que soit i diversité des procédés, l'amputation circulaire comprend pour I moins trois temps : 1" l'incision de la peau; 2° l'incision des luscles ; 3° la section des os.
1" Premier temps. Incision de la peau. — 11 y a quatre pro-
Bdés.
Procédé de Garengeot. — Je l'appelle ainsi parce que Garengeol
a décrit le premier avec quelques détails ; mais il paraît avoir été sité dès le xvii'' siècle. Le chirurgien met un genou en terre.
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passe le bras sous le membre, et ramène le poignet par dessus di j telle sorte que le couteau, tenu la pointe en bas, commence pa i couper les téguments de bas en haut du côté de l'opérateur, pui; en avant, puis du côté opposé ; et cnlin le chirurgien, se relevant; achève la section du côté postérieur.
Procédé de DesauU. — Il divisait la peau en deux temps, coupant chaque fois la moitié de sa circonférence.
Procédé de Richerand. — Il divise également la peau en deu.v temps, mais en la coupant d'abord dans les trois quarts de sa cir conférence, en dehors, en arrière et en dedans ; puis reportant 1( couteau par- dessus, il achève de couper ce qui reste à la partit ! antérieure et interne.
Procédé de Larreij. — 11 accomplit le tour du membre par quali' incisions, l'une en dehors, l'autre en arrière, la troisième endedaa | et là dernière en avant.
Ce procédé multiplie trop les coups de couteau. Celui de Garen-: i geot, suivi encore par quelques-uns, est un tour de force sans uti lité comme sans grâce, et qui expose même à faire une sectio irrégulière et incomplète. Celui de Desault, bien supérieur pour 1 sécurité et l'élégance, le cède cependant sous ce double point d vue à celui de Richerand.
2° Deuxième temps. Section des muscles. — Il convient d'aborfj de dire que, pour la cuisse et le bras, la section des muscles s'o père par les mêmes procédés que celle des téguments. Mais pôu la hauteur relative à laquelle on la pratique et le nombre mêm^ des incisions, les chirurgiens ont beaucoup varié,
Double incision de la peau et des muscles. Procédé de J. L. Petit — Petit commençait l'incision à 3 centimètres plus bas que l'en | droit où il voulait scier l'os, en n'intéressant que la peau et 1 | graisse jusqu'à l'aponévrose ; puis il faisait tirer en haut les tégu j ments, de sorte que les chairs se trouvaient découvertes d'enviroi 3 centimètres. Alors il les coupait circulairement au niveau de 1 j peau, les relevait avecla compresse fendue, et sciait l'os au nivea | delà seconde incision.
Procédé d' Alanson. — Alanson fait la première incision comm il .1. L. Petit ; mais, pour favoriser la rétraction de la peau, il coup : avec la pointe du couteau les adhérences des téguments à l'aponé i
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•ose, dans une étendue suffisante pour qu'ils puissent recouvrir -rment la plaie. Alors il divise tous les muscles obliquement jus-
Section Jes muscles. — Procé:"é Je J.'L. Petit.
à ros,'du côté opposé à l'opérateur, le tranchant du couteau en it et plongé sous les t'guments, de manière à atteindre l'os à
* l'iG. 238.
Dissection de la raanciietto. - Procédé d'Aîanson.
i ou quatre travers de doigt plus haut que dans l'incision periiculaire des muscles. Quand la pointe du couteau est ainsi ar-
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rivée sur l'os, on divise le reste des muscles en faisant tourner l tranchant autour du membre, en suivant le rebord des tégument qu'un aide garantit- contre l'instrument. Ce n'est pas avec le pleif de la lame qu'on agit, mais principalement avec la pouite, qui d quitte jamais la circonférence de l'os. On obtient unmoignon creus, en forme de cône, dont labase répond aux tcgumenls, eilesomm* à l'os ; enfin on scie celui-ci au point où finit la seconde mcisioii
Triple incision. Procédé de B. Bell. — 11 incise la peau et la dii sèque comme Alanson ; puis il divise les muscles jusqu'à l'o. comme J. L. Petit ; mais, arrivé là, il les détache de l'os sur un hauteur de 25 millimètres, ce qui s'exécute aisément en msm^
FiG. 239. *
SECTION DES MUSCLES. — PROCÉDÉ DE B. BeLL.
\ MancLelte retournée. - B. Section dos mnseles dans la première incision C Muscîcs s4e'fieiels rétractés. -D. Fibres muscxdaires adlnheut a les detac parallèlement à l'os par la pointe du couteau.
entre eux et l'os la pointe du couteau à amputation que l'ont passer tout autour du membre ; et l'os est scié au niveau du p] le plus élevé de cette troisième section.
Procédé de Desault. — Première incision de la peau, coni J L. Petit; incision directe des muscles jusqu a 1 os; puis inci directe des muscles restés adhérents, et section de 1 os au mv de la dernière.
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Ce procédé, généralement usilé en France, ne cache cependant is tout à fait l'os dans les chairs , et les fibres musculaires coupées
FiG. 240.