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APPLICATION DU FEU, OU PYROTECHNIE CHIRURC.ICALE

Il y a deux moyens d'appliquer le feu : 1° les cautères métalliques^ appelés aussi cautérefi actuels ; 2" diverses autres substances, comme l'eau et l'huile bouillantes, le moxa, la poudre à canon, le phosphore en ignition, etc. Nous ne traiterons ici que des premiers, les autres appartenant à la petite chirurgie.

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Caiili-res cultellaire, nummulaire, olivaire, en bec d'ûiseou.

Les cautères sont composés d'un manche, d'une tige et d'un renflement ou extrémité cautérisanfo.

OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES

^ Le manche, de buis oud'ébène, peut être fixé à la tige, ou s'oi séparer à volonté et servir alternativement pour tous les cautères ■ alors il se compose de deux parties, l'une de bois, de 8 centimèlret environ de longueur, surmontée de la seconde, espèce de demi* colonne d'acier longue do 6 centimètres, percée d'un canal des^ tmé à recevoir la queue de la tige, que l'on y fixe à l'aide d'une via de pression. La tige et le renflement sont d'acier ; la tige estarron4 die en baguette, et le renflement peut prendre diverses formes,d'où les cautères ont tiré leurs noms spéciaux. On peut toutefois les réduire à quatre : le cautère olivâtre, terminé par un renflement eni olive ; le cuUellaire, figurant une petite hache à tranchant mousse ; le nuimmdaire, disque de 3 centimètres de diamètrei=sur 1 cem timètre environ d'épaisseur; le conique ou en bec d'oiseau, terminé) par une pointe supportée par un renflement sphérique destiné ài servir de réservoir pour le calorique, la ténuité du bec l'exposant à un trop rapide refroidissement.

Pour les appliquer, on les fait chaufl'er à un feu de charbon trèsardent dans un réchaud portatif; un aide les entretient au degré da chaleur convenable. La chaleur, mesurée d'après la conleur que< prend l'acier, varie en montant du gris au rouge obscur, au rouga cerise, et enfin au blanc, qui en indique le maximum. Plus le métal est chaud, mieux il détruit les parties et moins il cause d'irritation;: en sorte que le cautère à blanc l'emporte de .tous points sur lesautres.

Fie, U.

Cmilère olijoctif de Cuvellipr.

L'instrument suffisamment chauffé, on l'assujettit sur le manche;. on saisit ce manche ù pleine main, en l'enveloppant au besoin d'une compresse; on l'applique sans délai suivant les procédés que nous> allons décrire ; puis on l'éteint dans l'eau froide.

On emploie le cautère actuel de trois manières :

1» CmUérisation objective ou à distance. — On fait chauffer à blanc le cautère nummulaire, et on l'expose d'abord à 16 centimètres de distance des parties qu'on veut stimuler, en le rapprochant à mesure qu'il se refroidit. Une seule application suffit pour l'ordinaire.

Cuvellier, médecin-inspecteur de l'armée, a employé la cautérisation objective contre les névralgies et a imaginé une sorte de cautère objectif d'un usage très-commode. Il consiste en une toile métallique (fig. 3i) tendue sur un cadre, supportée par un manche, et sur laquelle on applique quelques charbons. On gradue la température suivant qu'on approche ou qu'on éloigne l'instrument, qui conserve très-longtemps la chaleur, ce qu'on ne peut obtenir avec le cautère ordinaire.

Cette cautérisation fait rougir et gonfler les tissus, y développe une douleur assez vive, en un mot, produit une inflammation artificielle, utile dans les ulcères atoniques et certaines tumeurs scrofuleuses. Mais on en obtient des résultats bien plus remarquables encore sur les plaies en voie de cicatrisation, en tenant le cautère à distance, pour dessécher lentement la surface suppurante sans l'irriter, et en continuant pendant une heure et plus. J'ai réussi souvent ainsi à obtenir dans une seule séance, pour de petites plaies, une cicatrice complète; et pour les plaies les plus larges, on les voit quelquefois se rétrécir presque à vue d'œil.

2° Cautérisation légère ou par simple contact. — Elle se pratique suivant deux procédés : cautérisation transcurrente, et cautérisation ponctuée.

La cmUérisaUon transcurrente consiste à promener sur la peau le cautère cultellaire chauffé à blanc, et à tracer ainsi, avec vitesse' et légèreté, des raies dites raies de feu, qui n'intéressent que la surface du derme. Le nombre de ces raies varie suivant Teffet qu'on veut produire : leur direction, tout aussi variable, suit en général la longueur des membres. On peut, si l'on n'est pas sûr de sa main, tracer d'abord des lignes avec de l'encre, et effleurer à peine la peau avec le premier cautère, afin qu'il suffise à parcourir toutes les lignes tracées. On en emploie un second, ou l'on fait réchauffer le premier, s'il est nécessaire, et on le repasse, sans appuyer, sur les mômes lignes. Il est inutile d'ajouter qu'on aggrave ainsi, en la prolongeant, la douleur produite par la cautérisation.

L'eschare de ces raies est de couleur d'or, et ne semble d'abord

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qu'un trait léger; mais elle s'élargit peu à peu, et entame le dermo a une profondeur variable, qui cependant ne doit jamais aller jusqu à le diviser en entier.

La cautérisation ponctuée se fait avec le cautère olivaire rapidement posé par sa pointe sur les téguments; c'est ce qu'on appelK des|3ot/«tes de feu.

Le nombre de ces pointes varie comme celui des raies de feuj selon l'effet, qu'on veut produire.

3" Cautérisation profonde ou inhérente. — Elle consiste à ap^ puyer le cautère chauffé à blanc sur des tissus dégénérés ou sur des plaies de mauvais caractère. La forme du cautère et les précauj tiens à prendre pour garantir les tissus voisins varient selon les cai et les régions. Quant à la force avec laquelle il faut appuyer, U chirurgien doit se rappeler que les effets du cautère s'élendem toujours au deLà du point où il s'est arrêté, et que s'il a brûli les tissus dans une épaisseur de 6 millimètres, l'eschare en aurr 4 de plus.

Pour garantir les parties voisines, on a proposé de les recouvrii de linges mouillés; mais l'eau qui s'en écoule refroidit le cautère: il est préférable d'appliquer un emplâtre ou un morceau de cartow percé au centre d'une ouverture suffisante. Si l'on cautérise au fon* d'une cavité naturelle, la muqueuse sera protégée par une canuW de bois ou de métal. Jobert préfère, pour la cautérisation du coo utérin, un spéculum d'ivoire. J'ai expérimenté que le spéculum d'étain peut très-bien remplacer celui d'ivoire ; l'important est dd cautériser vite, pour que l'action du feu n'ait pas le temps de S6 communiquer trop loin.

S'il faut porter le cautère profondément à travers un ulcère fisL leux, on élargira l'ulcère au besoin, et l'on attendra que le sanga^ cessé de couler ; on peut alors se servir avec avantage des conduiti de carton imaginés par Camper, ou mieux encore, du cautère élec-trique. Nous y reviendrons en traitant de la carie.

Voillemier a proposé de recouvrir d'une couche de collodiow les parties voisines de celles qui doivent être cautérisées. C'est uni moyen peu utile dans la pratique. Il faut ou opérer en deux séance;* et appliquer d'avance le collodion, ou attendre assez longlemp;) pour que tout l'éther qui le constitue soit évaporé, sans quoi l'oM s'exposerait <à voirl'étlier s'enllanuucr au contact du for rouge. Une compresse trempée dans l'eau protège mieux et ne demande pa; d'autre précaution que celle de ne pas l'imbiber assez pour qu'elle laisse écouler de l'eau qui refroidirait le cautère. Des faits récenti!

CAUTÉRISATION, a9

Ht montré qu'il n'est pas inutile, aujourd'hui qu'on se sert de la ulvérivation d'éllier pour obtenir l'aneslhésie locale, de rappeler ue cette manière d'obtenir l'insensibilité ne doit pas être employée irsqu'on veut se servir du cautère actuel. On s'exposerait à voir élher prendre feu et à produire des accidents graves de brûlure. Il reste, la douleur occasionnée par la cautérisation n'est pas aussi

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Cautère ù gaz de Nélaton. — A, réfervoir. — B, manche. — C, flamme du gaz. — n, manchon do toile inétallicjiie.

cruelle qu'on le croirait, surtout si le caulère a été extrêmement ^ chauffé. Il n'y a guère que celle de la peau qui soit très-vive : aussi est-il de précepte d'inciser et de disséquer la peau, quand cela est possible, avant d'appliquer le feu ; les tissus adipeux, glanduleux, musculaire, sont beaucoup moins sensibles ; bien moins encore les tumeurs anomales (Percy); les os sentent à peine, et l'on a vu la cautérisation n'y causer qu'un prurit agréable (A. Paré) ;

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enfin, sauf des exceptions excessivement rares, la caulérisalion col lie 1 ulcriis est absolument sans douleur.

Au lieu de se servir do fers l'ougis au feu, Nélaton a cliercli.' iiUliser du^eclcment la flamme produite par la combuslion du <• cl eclan-age. Le cautère se compose d'un manchon de tôle (U) da 1 inteneur duquel s'ouvre un brûleur à très-petite ouverture d' manche (B) muni d'un robinet et d'un tube de caoutchouc adapté réservoir de gaz hydrogène (A). Le manchon de tôle est percé arges fenêtres fermées par de la toile métallique, ce qui périr J arrivée de l'air nécessaire à la combustion, et s'oppose à la trai mission de la chaleur. Le réservoir A peut être une vessie, un sac caoutchouc ou même l'ouverture d'un bec d'éclairage. L'action ce cautère est très-énergique. Coote l'a modifié en faisant arriva la llamme sur la face concave d'une capsule de platine, laquelle trouve ainsi chauffée au rouge. La nécessité d'avoir à sa dispositi. un sac de caoutchouc rempli d'hydrogène ou tout autre réserve rend le cautère à gaz d'une application difficile dans la pratiq: civile ; l'hôpital, le cautère actuel ordinaire est si facile à ter prêt, qu'on ne saurait s'étonner si le cautère à gaz n'a pu i qu'à présent être adopté.

ARTICLE m.

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