II. — Amputation des métatarsiens
On peut' amputer isolément un seul de ces os, ou plusieurs, ou lié me tous les cinq à la fois.
1" Amputation cVun seul métatarsien. — Le meilleur procédé est incision en raquette, aboutissant en bas et en avant à la rainure
to-plantaire, et se prolongeant sur la face dorsale, même pour le
•mier et le cinquième os, afm d'éviter toute pression latérale de la liaussure sur la cicatrice. La section do l'os doit se faire par la scie lûur le premier, dans une direction oblique en dehors et.en avant; i3ur le cinquième, par la scie ou les cisailles, et dans une direction lilique en sens contraire; pour les os intermédiaires, les cisailles
t préférables, et la section se fera à peu près indifféremment en 1 avers ou obliquement, sans toutefois laisser de pointes trop aiguës iiiQs les chairs.
l" Amputation de plusieurs métatarsiens. — Pour deux ou trois , latarsiens à la fois, on ferait un lambeau dorsal remontant par i ux incisions latérales sur les côtés des os à détruire, et on lais-
lit la plante du pied intacte jusqu'à la racine des orteils.
:i" Amputation des cinq m,étatarsims. — Je l'ai pratiquée: une. lis par le procédé suivant. v le commençai par circonscrire avec le bistouri un lambeau planr lie allant jusqu'à la racine des orteils, puis je le disséquai et la i.vai jusqu'à sa base. Je fis ensuite un très-petil lambeau dorsaj
OPÉRATIONS GÉNÉRALES
à convexité antérieure, que je relevai également. Alors, rasant lal base des lambeaux, je divisai le périoste sur le premier métatarsiens en dedans, en bas et en haut, en séparant seulement un peu leg? muscles de l'os à la fac e dorsale, et je sciai celui-ci en portant lal scie.verlicalement, prompt à m'arrêter dès que je sentis la section à peu près complète. Je divisai alors le périoste externe, détachai lesmuscles de l'os coupé et les coupai en travers à 1 centimètre environ en avant de la section osseuse ; la rétraction les remit presque an même niveau. Je procédai de môme à la section du deuxième os et ainsi des-ai4res, en donnant à la surface du moignon •une petite convexité en avant; il en résulta une plaie des plus régulières, constituée pour la plus grande parlie par les muscles qui débordaient les os de 1 à 2 millimètres, et sur laquelle le lambeau plantaire s'appliqua à merveille. I.a cicatrisation s'acheva en troi^ semaines, et quelques jours plus tard le sujet marchait facilemeni avec un soulier approprié à son pied.
Appréciation. — J'ai relevé, dans ma statistique, 8 amputalioii:d'un seul métatarsien, dont une était qualifiée désarticulation. Deux fois l'amputation était traumalique, il y eut un mort; aucun sui les 6 autres.
Dupuytren le premier a eu l'idée d'amputer le premier métalai sien dans sa continuité, de préférence à la désarliculation du groorteil. Blandin, défendant l'ancienne pratique, allégua, entre autres raisons, que la section du métatarsit-n a pour effel de renverser li' pied en dedans; à quoi Dupuytren répondit qu il n'avait jamais va ce renversement. Ce point demande donc une vérification nouvelle Si l'amputation portait sur deu.x os à la fois, il est probable que 1. renversement serait très-prononcé, comme nous le verrons aprè> leur désarliculation. Mais l'amputation du métatarse en totalité, d'après deux observations de Verneuil, réagit sur la marche d'uno façon bien opposée. La première a (rait à un sujet amputé dans la continuité des quatre derniers métatarsiens, avec désarticulalion du j premier; il marchait en fauchant et en appuyant sur toute la Ion- [ gueur du bord externe du pied. La seconde se borne à la dissection { d'un pied amputé depuis longtemps dans la continuité du métatarse ; ' mais le plus simple examen démontrait que ce pied avait également i appuyé sur son bord externe, bien plus, avec un léger mouvenieni |. de rotation (jui relevait un peu le bord interne et qui entraînait ! ainsi un léger degré de varus. Du reste, nous retrouverons un plié- > nomène analogue à la suite de la désarliculation tarso-mélalarsienne.
AMPUTATION DE LA JAMBE