DÉSARTICULATION D'UN SEUL ORTEIL
ARTICLE VI
DES DÉSARTICULATIONS DU MEMBRE INFERIEUR. 1. — Désarticulation des phalanges des orteils.
La phalangette du gros orteil s'enlève comme la phalangette du )Ouce ; l'articulation est la même, à part la largeur des surfaces et lie a les mêmes rapports avec le pli de la peau qui se voit à la ace plantaire.
On peut aussi désarticuler les phalanges des autres orteils en uivant à peu près les mêmes règles que pour les phalanges des oigts.
Mon relevé porte 9 amputations de ce genre, dont 4 sur le o-ros rteil, et 3 autres sans désignation précise; il n'y a pas eu de lorls.
IL — Désarticulation d'un seul orteil.
Les articulations des orteils avec les os du métatarse sont de lême nature que celle des doigts avec les métacarpiens ; notons îulement qu'il y a d'ordinaire trois os sésamoïdes pour le gros oral, deux inférieurs et un interne ; quelquefois un pour le second : lin pour le cinquième orteil, '
Les procédés sont d'yilleurs les mêmes qu'à la main, et l'incision 1 raquette est en quelque sorte en rigueur. Ce gros orteil même ni n a pas les mouvements d'opposition du pouce, doit être souis à cette incision, qui écarte à la fois la cicatrice de la face planire et du côté interne, tous deux exposés aux plus fortes pressions , 3ulement, comme la tête du métatarsien est d un très-gros volume^ s incisions obliques ne doivent commencer qu'à quelques milli êtres au-dessus du niveau de la rainure digito-plantaire, et l'incisemi-circulaire inférieure doit dépasser celte rainure de 5 h millimètres, afin de ménager assez de téguments pour recouvrir rgement la tête de l'os.
Appréciation. — 11 faut établir une différence capitale pour le sultat de la désarticulation, entre le gros orteil et les quatre auîs. Pour ceux-ci, d'après mon relevé, 26 opérations pathologiques
MALOAIGNE. — IIKD. OI'Éll. 8« éllit. I. 33
578 OPÉRATIONS GÉNÉRALES,
el trauraaliques n'ont donné en tout qu'une mort; pour le grol orteil, il y a 7 morts sur 43 amputations. I Il y a môme une très-grande distinction à faire entre les ^ampu talions pathologiques el traumatiques, déjà notée au reste pour le pouce, La mortalité des amputations pathologiques a été de 3 sur
FiG. 289.
Amputation du premier orteil.
29, environ un dixième; celle des amputations traumatiques, de i sur \ 4, ou plus du quart.
Dupuytren rejetait la désarticulation du premier el du cinquième orteil, et y substituait l'amputation dans la continuité de leurs métatarsiens. Selon lui, la tête métatarsienne, mal protégée après l'a- i blation de son orteil, était exposée à des pressions de la chaus- I sure, à des chocs répétés contre tous les objets que rencontre le pied dans la marche; et de là une irritation incessante qui fuiil par amener des ulcérations et même la carie. Cela arrive, en effet, quand la peau taillée trop court est tendue sur la têle de l'os par une cicatrice également tendue et adhérente, ou quand la cicatrict frotte directement conlre l'empeigne ; mais cela accuse seulement ou le procédé ou l'opérateur. En ménageant une quantité de peau suffisante, on n'a rien de semblable à craindre; et la pratique di Dupuytren a été complètement abandonnée.