DÉSARTICULATION DU BRAS
dépression sous-coracoïdienne; le malade évite les inconvénients que cause le frottement ou le poids des vêlements.
[i° Lambeau supérieur. Procédé de Dupuytren. — Le bras étant écarté du tronc, le cliirurgien'saisit et soulève de la main gauche toute l'épaisseur du deltoïde; de la droite, armée d'un couteau à double tranchant, il traverse le muscle à sa base, immédiatement
FiG. 288
DlisAnxiCULATiON DU DRAS.
Procédé de Dupuytren.
au-dessous de l'acromion; puis, rasant la face externe de l'os, il taille uu lambeau supérieur externe d'une étendue convenable. Un aide relève ce lambeau ; le chirurgien saisissant le bras près du coude, le rapproche du tronc pour faire saillir en dehors la tête humérale, coupe la capsule et ses tendons, fait glisser son couteau en dedans de l'os, et achève de diviser les chairs et les téguments du côté interne, au niveau de l'attache inférieure des tendons du grand pectoral et du grand dorsal.
Appréciation. — 11 est rare d'avoir à pratiquer celte opération pour cause pathologique; j'en ai relevé 6 cas dans les hôpitaux de Paris, qui ont donné 3 morts. Pour causes traumatiques, elle avait
OPÉRATIONS GÉNÉHALES.
élc faite 7 fois sans qu'un seul opéré eût réchappé. Cela est loin des dires de Larrey, qui prétend en avoir guéri 90 sur 100; mais déjà, dans sa campagne d'Egypte, il avait compté 6 morts sur 17, environ 1 sur 3. C'est à peu près la même proportion qui a été obtenue à Paris après les journées de juin 18^8 : 9 amputalions pratiquées par Roux, Baudens , Jobert et Huguier, ont donné en effet 6 guérisons. ftlais, dans les grandes expéditions militaires, on ne saurait compter sur de telles chances : à l'hôpital de Dolma-Bagtché, Salleron a eu 10 morts sur 21 amputations primitives; et sur 21 consécutives, 17 morts.
Ces chiffres reçoivent une triste confirmation de la statistique générale de Chenu : 230 désarticulations de l'épaule, primitives ou consécutives, n'ont laissé que 77 sujets survivants, c'est-à-dire que les deux tiers avaient succombé. L'opération est donc notablement plus grave que la simple amputation du bras.
Dans les hôpitaux de Paris, de 1850 à 1863, /iO désarticulations de l'épaule ont donné \U guérisons et 26 moris. A Glascow, de 18^)2 à 18G0, surZ|.6 opérations il n'y eut que 20 morts. La mortalité dans les guerres récentes fut la suivante : armée française (Italie) 52,7 pour 100 ; armée anglaise (Crimée) 33,3 ; armée américaine 39,2 pour 100.
Les procédés ont ici assez peu d'importance. Les lambeaux latéraux et l'incision en raquette fournissent, à peu de chose près, le même résultat pour la réunion que la méthode circulaire, lorsqu'on rapproche les téguments d'un côté à l'autre ; et, par ce mode de réunion, les chairs s'appliquent mieux sur la cavité glénoïde que le lambeau unique pendant de l'acromion. Ce lambeau, qui ailleurs protège si bien les os, a ici l'inconvénient déplacer la cicatrice sur le milieu de, la côle de l'omoplate à laquelle elle adhère; Larrey a vérifié ce fait sur deux vieux invalides. En outre, la section inévitable du nerf circonflexe prive ce lambeau de l'iniluence nerveuse; sur les deux mfîmes opérés, Larrey l'a vu se transformer en un bourrelet indolent, frappé d'un sentiment de froid presque habituel. Les procédés à réunion médiane obtiennent donc ici une juste préférence, et la vogue en ce moment appartient au procédé de Larrey, modifié en reportant l'incision plus avant dans le triangle acromio-claviculaire. De cette façon, le poids des vêtements ou des fardeî.ux ne porte pas sur la cicatrice.