DES SUTURES
11 y a trois sutures principales, appliquâmes à la plupart des so-* lutions de continuité : la suture entrecoupée, la suture entortillée, U suture enchevillée. Restent comme sutures spéciales, la suture' evi bourse, réservée aux ouvertures fisluleuses, et la suture en piqué. pour les plaies des intestins. D'autres, enfin, qui ont conservé jusqu'à présent dans nos livres une place inutile, suture en faufil om à points passés (fig. 56), suture à surjet (fig. 57), etc., ne valenli pas la peine d'être décrites, il suffit de les mentionner et de leç: figurer.
L — Règles générales des sutures.
1° Quelle que soit la forme de la plaie, il faut commencer pan la nettoyer, en sorte qu'il n'y reste ni .caillots de sang, ni corpS' étrangers.
2° Il faut ensuite en rapprocher les bords avec les doigts, afin dei juger du degré de tiraillement qu'ils auront à subir, et de la disposition à donner aux sutures. Une plaie rectiligne et à bords égaux* n'offre pas de difficulté ; les difficultés sont quelquefois très-grandes? dans les plaies à branches multiples, ou à direction courbe, ou d§î forme irrégulière, surtout quand les bords à réunir n'ont pas^ exactement la môme étendue.
3° Le premier point de suture doit être placé en général à lai partie moyenne de la plaie. S'il y a des angles, comme dans les? mcisions en T, en V, en -f, il faiu commencer par réunir les = angles entre eux d'abord, puis au besoin avec l'incision principale.
k° Dans tous les cas, il faut soutenir les téguments pour les em- •
RÉUNION. ^5
pêcher de fuir devant l'aiguille; le moyen le plus simple est d'appuyer le pouce et l'index gauches au côté par où l'aigudle doit, sortir, et de telle sorte que l'aiguille sorte entre ces deux doigts. 5" En général, les téguments doivent être traverses oblique-
FiG. 56. FiG. 57.
Suture à points passés. Suture en snrjnt.
ment sous un angle d'environ k5°, soit de dehors en dedans, soit de dedans en dehors.
6° La distance entre les bords de la plaie et l'endroit où l'aiguïWe entre ou sort, doit être la même pour tous les points de suture.
7" L'intervalle d'un point de suture à un autre doit être pareillement égal sur toute l'étendue de la plaie. Ainsi, sur les plaies reclilignes, tous les points de suture seront parallèles ; sur les plaies (courbes, et surtout quand l'un des bords est notablement plus liHendu que l'autre, les intervalles devant nécessairement être iné- Igaux sur les deux bords, il faut seulement qu'ils soient égaux sur Houle l'étendue du 'même bord.
8' L'intervalle d'un point à l'autre, comme aussi la distance de l'entrée et de la sortie de l'aiguille au bord de la plaie, varient selon
OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIHES.
l'épaisseur des chairs ; la règle essenlielle est que l'fiffrontement so.i partout exact. j
9" On ne serre les points que quand tous les fils sont placés et 1 est de règle de serrer d'abord ou ceux du milieu, ou ceux des angles.
10° Lorsqu'il y a des nœuds, ils doivent toujours se faire sur \&i côte, et le plus loin possible de la plaie : il faut aussi, de peuri qu ils ne soient baignés par le pus, les placer sur le bord le moins déclive.
11° Chaque point de suture sera assez serré pour rapprocherr les bords de la plaie, pas assez pour les couper. C'est une précaution capitale. ^ '
12° Si après que tous les points de suture ont été convenablement serrés, les bords rapprochés paraissent trop tendus pourr résister longtemps à la striction, il faut les relâcher à l'aide d'incisions ménagées selon les régies de l'autoplastie.
13° Quand on a affaire à une plaie récente et fraîche, on hi^segeneralement la suture en place de quatre à huit jours. Si l'on ne> réunit que par seconde intention, la suture peut rester appliquée^ un mois, ou même plus, si quelque cause s'oppose à l'adhésion i des bords.
U° Il est bon de n'enlever d'abord qu'un seul point à la fois en commençant par les points les moins essentiels, ceux qu'on ai places les dermers ; et l'on prend soin, pour retirer les fils ou les épingles, de soutenir avec les doigts le côté de la plaie par lequel , on les retire, pour que la traction ne se propage pas à la cicatrice et ne risque pas de compromettre l'œuvre peut-être encore impar-' faite de la réunion. Si la plaie paraît solidement réunie vis-à-vis du i point de suture enlevé, on est autorisé à enlever successivement: tous les autres.
15° Cette dernière règle en implique une autre, fort importante, et parfois trop oubliée : c'est que tous les points de suture doivent' bien se prêter un mutuel ap>pm, mais en restant toujours isolés et indépendants; de telle sorte que le relâchement ou la section de l'un ne nuise pas à la solidité des autres.
C'est parce qu'elle contrevenait directement à cette règle que la suture a surjet a été justement abandonnée.
Pour pratiquer la suture, il faut des aiguilles ou des épingles, et une pince pour les maintenir solidement et permettre leur maniement facile; il faut du fil de soie, de lin, de chanvre ou de métal. Quelques mois sont nécessaires à ce sujet
Les aiguilles à suture employées en chirurgie doivent être cour- • bes, mais cette courbure, destinée à faciliter leur sortie, varie sui-
HÉUNION. ^'
nt le trajet qu'elles ont à parcourir, et leur épaisseur doit être rapport avec l'épaisseur et la résistance des parties qu'il faut unir. On se sert d'aiguilles à peu près droites lorsqu'on doit les ire avancer plus ou moins directement devant soi, l'aiguille étant
ilacée dans l'axe même de la pince qui la supporte ; on se sert l'aiguilles courbes quand on les fait agir transversalement, et c'est ;n roulant en quelque sorte la pince entre les doigts qu'on fait heminer l'aiguille placée perpendiculairement à l'axe de l'instrunent.
L'emploi pour la suture de fils métalliques d'argent ou de fer •ecuit a fait imaginer des aiguilles creusées d'un canal par lequel
FiG. 58.
FiG. 59.
on fait avancer le fil qui vient ressortir près de la pointe. Il est inutile de dire que le fil doit être retiré à l'intérieur de la lige de
OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES
l'aiguille au moment où l'on fait agir la pointe. L'aiguille de Sim, , son, qui est le modèle primitif, a l'inconvénient d'obliger le chii rurgien a pousser le fil avec les doigts pour le faire avancer dann 1 ouverture qui correspond au talon de l'aiguille ; il arrive souveni
M M î"^^ ^^^^^ ^^^^^^ pénétrer plus avanti
ftl. Mathieu, coutelier, a imaginé une aiguille canaliculée, modificai tion de celle de Simpson, cà laquelle il a donné le nom à'aiguilil chasse-fil fig. 60).
FiG. 60.
Aiguille chasse-fil de M. Mathieu.
Ce canal, creusé dans le manche et dans la tige de l'aiguille, esfci interrompu sur sa paroi postérieure en un point au niveau duquel le* fil métallique est en rapport avec la roue dentée A ; un mouvementi de rotation imprimée avec le pouce à cette roue fait avancer oua reculer le fil. La lige de l'aiguille se termine au point B par une fente que serre un coulant, de manière à pouvoir y appliquer des aiguilles canaliculées de diverses courbures. j
Pinces porte-cciguilles. — Lorsqu'on se sert d'aiguilles droites ou n courbes pour pratiquer la suiure, il est besoin d'un instrument qui-
FiG. 61.
Pince ,\ pnneemeuts-poi-te-aiguilles.
les fixe solidement. Le plus employé est la pince dite à pansement munie d un verrou ou d'un arrêt qui la convertit eu piace (ixe. ■
RftUNION.
Tous ces instruments, aussi bien que ceux en usage piDur le pasige des fils dans l'opération de la fislule vésico-vaginale, maintienent difficilement l'aiguille immobile; la pince récemment imaginée ar Sands (fig. 62), et dont les mors sont garnis intérieurement 'une lame de plomb, est, àtous les points de vue, supérieure aux islruments analogues.
Fig. 62.
Pince porte .aiguille de Sands,