‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 27 sur 232 · II. — Des sutures en particulier · texte numérisé non relu

II. — Des sutures en particulier

1° Suture entrecoupée. — On prépare autant de fils qu'on veut lire de points; on enfile chacun d'eux à deux aiguilles courbes, -a première aiguille est portée au fond de la plaie, et on la fait ortir de dedans en dehors, à la distance convenable. On passe de

Fig. 63.

Suture entrecoupée.

nême l'autre aiguille de l'autre cOté; on retire les aiguilles, et on noue les deux bouts de fil, soit à deux noeuds, soit ii un nœud

OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES

et une rosette, de manière que le nœud ne touche jamais la surfar saignante.

Le plus ordinairement on ne se sert que d'mie aiguille ave laquelle on traverse l'un des bords .de la plaie de dehors en dedans^ puis on traverse l'autre de dedans en dehors.

Depuis plusieurs années, la suture métallique s'est substituée dans beaucoup de circonstances à la suture faite avec des fils de soià ou de chanvre. On en fait d'assez fins, soit pour être enfilés dano l'aiguille comme le fil ordinaire, soit pour être engagés dans l'anss

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Cnrd-ni de Toghill.

d'un fil de soie que l'aiguille a préalablement conduit à travers le?: deux bords de la plaie, si bien qu'en retirant cette anse, on entraîne le( fil métallique à sa suite. Les fils métalliques ne peuvent être serré» comme des fils ordinaires sans qu'on s'expose aies voir se rompre; le plus ordinairement on se contente de les tordre, soit en les sai-

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Manière d'appliquer et do serrer les tubes de Gnlli.

sissant, près de leur point d'émergence, entre les mors d'une pince > et en les tordant avec une autre pince avec laquelle gn saisit leurs f

RÉUNION

trémités libres, soit en se servant d'un instrument spécial formé deux petits anneaux ou de petits cylindres accolés comme les nons d'un fusil double, et dans l'intérieur desquels on engage séirémenlcbaquc lil, comme on le voit dans la figure 6^i . Ce procédé t surtout utile lorsqu'on doit agir à une certaine profondeur, mme dans la staphylorrhaphie ou dans la suture vaginale. Dans ce s même, pour empêcher que le fil non soutenu ne coupe trop vilement les chairs, pour lui donner un point d'appui et en même iips pour arrêter plus facilement la suture, on engage les deux mts du fil dans un gros plomb de chasse perforé, ou un petit be de plomb (Galli) que l'on pousse vers la plaie jusqu'au degré ; striction convenaljle et que l'on écrase sur les fils à l'aide d'une rte pince ou davier à mors aplatis. Pour empêcher que le fil non utenu ne coupe trop facilement les chairs, j'ai fait ajouter au tube ; Galli un disque qui répond aux lèvres de la plaie. (L. L. F.)

2° Suture entortillée. — Elle se fait à l'aide d'épingles ordinaires, us ou moins fortes selon le besoin, et qu'on saisit entre les mors

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Pince à vorrou. — Porte-épingle.

! la pince à torsion, laquelle se trouve dans ce but creusée d'une linure évasée au niveau de la tête de l'épingle. Les chiinirgiens iglaisse servent avec grand avantage d'épingles spéciales d'acier, ês-longues et garnies d'une tête assez volumineuse pour qu'on la tnne facilement entre les doigts. On supprime ainsi l'usage des inces porte-épingle. Quoi qu'il en soit, l'épingle est enfoncée labord de dehors en dedans, dans l'un des bords de la plaie, puis de «dans en dehors à travers l'autre bord, en suivant d'ailleurs les Igles générales. S'il ne faut qu'un point de suture, on engage une ise de fil sous les deux bouts de l'épingle ; les chefs en sont rame- ;s l'un vers l'autre et croisés par-dessus la plaie pour les engager ; nouveau sous l'épingle, de manière à former un huit do chiffre

OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES

que l'on renouvelle trois ou quatre fois, après quoi on arrête le i fils avec un double nœud ou une rosette; enfin on excise ï

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Sutm-e entortillée (points séparés).

pointe de Tépingle avec de forts ciseaux ou des tenailles incisives!

Si la plaie exige plusieurs points de suture, après chaque épingitl placée en passe au-dessous une anse de fil dont les bouts som

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Suture entortillée (points réunis).

confiés à un aide, et l'on n'opère la striction que quand toulcs hi épingles sont en place. Beaucoup de chirurgiens engagent alorf. autour de la seconde et môme des suivantes 'le fil qui vient d'en-i

RÉUNION

Lirer la première aiguille; cette faute, car c'en est une, n'ajoute m à la solidité de la suture; loin de là, ces fils qui sont tendus une épingle à l'autre tendent à les rapprocher et à faire bâiller la aie dans les intervalles. 11 faut ici, comme ailleurs, que les points '.suture restent toujours isolés et indépendants. On a beaucoup discuté sur la grosseur et la nature du fil qu'il est •éférable d'employer pour la suture. La crainte de voir un fil ince couper facilement les chairs avait engagé à se servir de fils ilumineux, et même de trois ou quatre fils cirés réunis en forme de iban. C'est ainsi que faisait Jobert (de Lamballe) dans la fistule 'sico- vaginale. On sait aujourd'hui qu'en agissant ainsi on va )ntre le résultat cherché ; car un corps étranger irrite d'autant us les parties vivantes qu'il est plus volumineux. Du reste, s'il ;t inexact de dire que les parties molles sont coupées par un fil ince fortement serré , il faut bien reconnaître que les par- 3s s'ulcèrent d'autant plus facilement et d'autant plus vite au intact du fil, que celui-ci les étreint avec plus de force. 11 faut )nc employer des fils minces, et si les parties sont fortement tendues, 1 doit diminuer la tension par un débridement, l'application d'une iture enchevillée, prenant profondément les tissus à une distance us ou moins grande de la plaie superficielle réunie par la suture 1 par l'emploi de la suture sèche que nous étudierons tout ù lieure.

Quant à la nature du fil, il est incontestable aujourd'hui que les s métalliques, surtout les fils inoxydables comme ceux d'or, d'ar- ;nt ou de platine, provoquent à un moindre degré un travail ulcétif. C'est déjcà ce qu'avait signalé Percy à propos des fils de omb ; mais les fils d'argent dont on se sert acluellement, joignant l'avantage d'une matière peu irritante celui d'une minceur très- ^ande, paraissent préférables aux fils de soie ou aux fils végétaux.

h° Sutures sèches. — La section fréquente des tissus par le fil J les épingles employés pour la suture, les dangers que présente s mode de réunion pour la face et le cuir chevelu, en exposant au hiegmon et à l'érysipèle, ont fait chercher les moyens de substituer lia suture proprement dite le rapprochement des lèvres de la plaie ur des agglulinatifs. La découverte du collodion a vulgarisé l'emoi de ce moyen, auquel on a donné le nom de suture sèche.

Lorsqu'on veut y avoir recours, il faut tout d'aboi-d enlever •utc humidité à la surface de la peau, ce qu'on obtient facilement n la lavant avec un pinceau trempé dans l'alcool; les bandelettes !•) hnge s'emploient de [)lusieurs façons.

, Mazicr applique sur la peau, des deux côtés do la plaie, une

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bandelette de linge qu'il appelle coîligateur, et lorsque ces band. lettcs ont fait prise par l'interposition du collodion, il les rapprocii par quelques points faits à l'aiguille.

Goyrand (d'Aix) applique d'abord parallèlement à la plai deux bandelettes de linge imprégnées de collodion, et sur ces ban delettes longitudinales il colle d'autres bandelettes transversal, qu'il suffit de nouer pour obtenir le rapprochement des lèvres d la plaie (fig. 69).

FiG. 69.

Suture sèche de Goyrand.

Lorsqu'on n'a pas à opérer une forte traction, on rapproche d abord les deux lèvres de la plaie, et on les maintient en rapport par des bandelettes de linge effilées à leurs extrémités et maintenues par une couche de collodion (fig. 70).

5» Suture encheviîlée. — Elle se pratique comme l'entrecoupée': seulement le fil dont on arme les aiguilles est double, de telle sorte qu'une de ses extrémités représente une anse. Tous les points étani placés, on dédouble chaque extrémité des ligatures ; ii travers toutes les anses, placées du même côté et sur la même ligne, on glisse parallèlement à la plaie un bout de sonde ou un rouleau de sparadrap ; de 1 autre côté on dédouble les fils, et on les noue sur une cheville semblable, avec une force suffisante pour rapprocher les bords de la plaie.

Autrefois ou se servait pour arrêter les lils d'une tige de plume,

RÉUNION. 95 qui avait fait donner à la suture le nom d'emplumée. Mais on

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Suture sèche à bandes séparées.

niprend qu'en se servant d'une tige trop peu flexible, si l'un des

FiG. 71.

(Suture eriobevillée

t)ints est Irès-seiré, il relâchera immédiatement ceux qui le sont joins.

01>ÉKATI0NS ÉLÉMENTAIRES.

Cet inconvénient est moindre avec le rouleau de sparadrap • lo lefois on l'évitera bien mieux encore encore en serrant chaque' poi de suture sur deux chevilles isolées.

Dans certains cas j'ai remplacé le fil par une longue et foi épingle a laquelle on donne, lorsqu'elle est placée, la courbu convenable. La tête est armée d'un petit bouchon de liège n 1 empêche de pénétrer dans les chairs; un bouchon semblable e engagé ensuite dans l'extrémité pointue; et en repliant ou recoui bant la pointe en anneau, on arrête solidement l'épingle tout ' rapprochant les chairs autant qu'on le désire. Pour adoucir enco e contact des petits bouchons, j'ai coutume de placer entre eux la peau une petite plaque d'agaric également traversée au cent pari épingle.

Enfin, lorsque les bords de la plaie sont très-minces et s'aflroi tent sans aucune sorte de tiraillement, DiefTenbach les réunissa a 1 aide de fines épingles à insectes, dont il recourbait les dei bouts après les avoir mises en place. Elles forment ainsi un dem anneau, qm suffit à réunir les parties en contact sans aucun auli soutien; on en coupe ensuite les deux bouts presque à ras d( téguments.

Appréciation. — Il n'est pas facile dédire en quoi la suture eni irecoupee et la suture entortillée différent quant au résultat ? quand l'une doit être préférée à l'autre ; et le fait est qu'on les èmi ploie assez indifféremment. Peut-être cependant peut-on dire qui la suture entrecoupée a l'inconvénient de renfermer les chairs dani un anneau de fil qui menace de les couper lorsque l'innammatioc vient a les tuméfier ; et la suture entortillée, ne comprimant le. chairs, pour ainsi dire, que sur deux points opposés, semble moini sujette à les couper que l'autre. Quant à l'enchevillée, elle réunii tres-bien le fond de la plaie, mais laisse les bords un peu écartéselle ne convient que dans les plaies très-profondes, où l'essentia est avant tout de réunir le fond. A part celle circonstance, je remplace par Tentrecoupée, modifiée de cette manière :

Avant de nouer les fils, je place entre eux, le long de la plai une compresse graduée aussi large que l'inlervalle qui sépare l'en tree et la sortie des aiguilles, ou mieux un morceau de sparadra pUe en plusieurs doubles, et je soutiens le premier nœud par un rosette. De cette manière, l'anse de fil, au lieu de figurer un anneau représente une ellipse comme dans la suture entortillée; cl I rosette permet de desserrer ou de reserrer les fils au besoin.

ANESTHÉSIE

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