‹ Manuel de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 33 sur 232 · I. — Ouverture des abcès en général · texte numérisé non relu

I. — Ouverture des abcès en général

Il y a trois manières d'ouvrir les abcès : les caustiques, la pondio et l'incision.

DES ABCÈS

Les CAUSTIQUES. —Les anciens employaient le fer rouge, conservé icore par quelques praticiens pour la ponction ; on préfère aujourhui la potasse ou la pâte de Vienne. J'ai indiqué plus haut (p. k2

43) les règles de leur emploi; ajoutons seulement que si l'abcès clame une ouverture allongée, entaille l'emplâtre dans ce sens,

l'on place sur la peau à côté l'un de l'autre plusieurs fragments ; potasse de la grosseur d'une lentille ; c'est ce qu'on nomme une aînée de potasse caustique. Après douze ou vingt-quatre heures, i enlève l'emplâtre; tantôt on incise l'eschare pour faire sortir ■omptement le pus; quand rien ne presse, on la laisse se détaler naturellement.

La ponction. 1° Ponction simple. Procédé ordinaire. — Elle se it avec la lancette ou le bistouri, pour de très-petits abcès' qui ont besoin que d'être vidés pour guérir.

2° Ponction et injection. — Conseillées contre quelques abcès oids dans le but d'établir sur leurs parois une inflammation adhère ; on se sert alors du trocart, et, après avoir retiré la tige, on )usse par la canule une injection irritante.

3» Ponctions successives. — On ne les emploie que pour les Lstes abcès par congestion, dans lesquels oa redoute l'entrée de lir. Le meilleur moyen est encore le trocart, et en prenant soin ; presser sur les téguments à mesure que l'abcès se vide, on est iffisamment en garde contre l'irruption de l'air. Toutefois la sécuté est plus grande encore en recourant aux appareils aspirateurs îcrits page 21. :

L'incision. —Nous avons décrit suffisamment ailleurs les diverses pèces d'incisions; il suffira donc de poser ici quelques règles snérales.

1° Autant que possible, il faut inciser l'abcès en un seul temps, Dur ménager les souffrances du malade.

2° 11 est bon que l'une des extrémités de l'incision réponde à la urtie la plus déclive de l'abcès,

3° Une seule ouverture suffit le plus souvent : elle doit être assez rande pour donner au pus une libre issue.

j 4" Quand cette incision ne se trouve pas à la partie la plus déive, et que la compression ne suffit pas pour recoller les clapiers, I faut recourir à une contre- ouverture. Celle-ci se fait de deux anières : ou en soulevant la peau à l'aide d'une sonde cannelée troduite par la première ouverture, et incisant sur l'extrémité de

OPÉRATIONS OÉNÉRALES.

la sonde ; ou en retenant le pus dans le point qu'on veut ouvrir c incisant comme un abcès ordinaire.

5° Lorsque l'abcès est très-vaste, il vaut mieux faire de prim abord plusieurs petites incisions qu'une incision trop considérable

6" Ou peut môme réduire ces incisions presque à l'étendue d simples ponctions, à la condition de faciliter la sortie du pus pa d'autres moyens. Le séton passé à travers ces ouvertures arincoii vénient de les obturer; Ghassaignac y a substitué avec avaniag des tubes de caoutchouc vulcanisé, munis de trous latéraux, par lesquels le pus trpuve une issue toujours ouverte : c'est ce qu'il i appelé le drainage chirurgical.

1° Quand l'abcès est saillant et superficiel, on préfère l'incisiop de dedans en dehors ; quand l'épaisseur des parties s'y oppose. Tint cision de dehors en dedans avec le bistouri droit.

8° Quand un abcès est situé sous un muscle, écarter les fibre," sans les couper, comme on l'a proposé, ne donnerait pas au puîi une issue suffisante ; il vaut mieux diviser une partie du muschi obliquement ou en travers.

FiG. 8t.

A, tracnrt il rlrainage, la pointe dans lo manclip. — n, lo niAnifi armr pour la ponw tion. — C. Pointe éclianfiri^e pour recevoir le (il. — I), tnlic <i drainage.

9" L'incision faite, on vide l'abcès par une légère pression, sansr porter le doigt à l'intérieur, à moins qu'on ne soupç.onne des sinus qu'il faudrait ouvrir, et l'on place généralement entre les lèvres do la plaie un peu de charpie mollette, qu'on supprimo dès le second pansement.

DES ABCÈS

Le drainage consiste à faire traverser la cavité de l'abcès par un ibe de caoulchouc percé de nombreuses ouvertures. I-e trocart a rainao-e n'est généralement employé que pour pratiquer la contreuverture, qui doit donner passage au drain. Le trocart courbe a avantao-e de soulever plus facilement la peau à l'endroit de a ontre-ponclion. On l'emploie de la manière suivante : la pomte de 1 ti<^e étant cachée dans le manche de l'instrument, on conduit a •avers l'ouverture déjà faite à l'abcès, le trocart devenu une tige lousse incapable de blesser jusqu'à l'endroit où la ponction doit tre faite (A, fig. 81). Lorsqu'on est arrivé au point voulu, on presse ur la canule pendant qu'on relire la tige ; un aide retourne la tige, xe solidement le talon mousse au moyen de la vis que porte le manhe et le chirurgien, réintroduisant la lige dans la canule, pousse instrument jusqu'à ce qu'il arrive à l'extérieur. On engage alors ans l'échancrure creusée près de la pointe ( D, fig. 81) l'anse de fil [ui doit servir à conduire le drain; on retire la tige jusqu'à ce que le il et le drain soient engagés dans l'intérieur de la canule, et en étirant celle-ci le drain se trouve placé. Le trocart ne faisant à la )eau qu'une ouverture insuffisante, qui comprime souvent le drain, 1 est utile de débrider un peu la peau avant de retirer la canule, aquelle sert, en quelque sorte, de sonde cannelée.

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